jeudi 23 novembre 2017

Seattle : Disquaires Indépendants.



wax digger musique music vinyle vinyl CD shop disquaires vente
Seattle


Dans cette série des disquaires indépendants, je ne pouvais décemment pas passer à côté de Seattle. Voici donc une liste non exhaustive de ceux que vous trouverez en flânant dans les rues de cette ville du Nord-Ouest des U.S.A. Si vous remarquez un oubli, n'hésitez pas à le signaler en commentaire. 

mardi 17 octobre 2017

Chronique : Various : SWEELY/GHINI-B/GAB JR/REDJ ~ Swap White LTD04 (2017)


Swap White LTD04 (2017)


La capitale azuréenne est-elle devenue un mélange dansant entre le Bronx et Chicago ? Sans doute que non, pas encore tout du moins. Pour autant, avec son dernier EP au visuel très réussi, Swap White LTD habille les célèbres chaises bleues d'un ton musical un peu plus pastel qu'à l'accoutumée. Bien que déjà disponible chez quelques disquaires Niçois - Evrlst.Inc notamment - sa sortie officielle est programmée pour le vingt-cinq octobre deux mille dix-sept. 


Playlist : A1 Sweely - It Come From Him / A2- Ghini-B - 60601AA / B3- Gab Jr - Nikaya / B4- Redj - Lune De Fiel


A la faveur de l'automne...


 Lorsqu'un site d'e-commerce ne sait pas dans quelle catégorie classer une nouveauté, il lui colle l'étiquette passe-partout techno/house. N'y voir là aucunes acerbes critiques envers un système feignant puisqu'il n'est jamais simple de définir un EP de musique électronique, qui plus est quand celui-ci est un various. Dans les faits, pourtant, les choses sont comme toujours bien plus complexes car les références proposées dans ce nouvel SWLTD sont nombreuses et diverses. Faisons-nous aussi l'impasse sur toutes ces subtiles considérations afin d'y revenir un peu plus tard. Pour l'instant, le seul truc important à savoir concerne la direction artistique qui a pas mal changé depuis la dernière sortie du label. Exit la deep house classieuse, brumeuse et monochrome, Swap White LTD soigne sa distance d'affichage. Bon, ce n'est pas non plus devenu une de ces vieilles ampoules à filament qui éblouit plus que de raison une chambre au point d'en faire un monde blanc. Néanmoins, leur musique se tamise, elle reste compacte mais moins sombre. L'obscur automne se fissure pour laisser place, cette fois, à un faux air d'été indien. Calmons les allégories étant donné que tout est relatif. Les goûts, au même titre que la politique - celle des choix quotidiens et non télévisuels - étant impossibles à modifier en profondeur, nous retrouvons la fameuse marque de fabrique du label, et c'est tant mieux. Pour être sommaire, sur les quatre compositions que compte cet EP, nous retrouvons des grosses voix, toutes aussi bien choisies les unes que les autres, ainsi qu'un savoir-faire musical autant minutieux que sans failles.

mardi 12 septembre 2017

Wax Digger Reviews Express #11 : Queens Of The Stone Age, Rammstein, Deftones



Wax Digger Reviews Express #11


Un trio d'albums certes jeune puisque n'ayant pas encore atteint leur majorité mais non pas moins grands de par leur apport, majeur lui, à leurs domaines respectifs. Petit détail amusant, ils comportent tous onze titres. 



Queens of the Stone Age ~ Rated R / Rated X (2000)

Playlist : 1- Feel Good Hit of the Summer / 2- The Lost Art of Keeping a Secret / 3- Leg of Lamb / 4- Auto Pilot / 5- Better Living Trough Chemistry / 6- Monsters in the Parasol / 7- Quick and to the Pointless / 8- In The Fade / 9- Tension Head / 10- Lightning Song / 11- I Think I Lost My Headache 


Nicotine, Valium, Vicadin...


 Paru le vingt-cinq août, Villains, le nouvel album des Queen of Stone Age, n'a eu comme seul effet positif que de me donner envie d'écouter à nouveau les anciens. Sans aller jusqu'à dire que c'est de la merde, il faut bien avouer sans y aller par quatre chemins qu'il est, nettement, le moins intéressant de la discographie. Empruntons donc les couloirs du temps et téléportons-nous en juin deux mille jusqu'aux portes du désormais célèbre studio d'enregistrement Sound City, en Californie. Un simple mais efficace riff d'intro est suffisant pour se rendre compte que les mœurs ont bien changé en dix-sept ans. Les préoccupations, l'amusement et l'originalité aussi, sans doute. Premier morceau d'un disque en comptant onze, Feel Good Hit of the Summer pourra être pris pour un hymne aux produits illicites. Il le restera durant toute la chanson puisqu'elle ne compte que huit mots répétés en boucle pendant deux minutes quarante-cinq.

 Rated R - son nom sur le format CD, à la pochette bleue, il se nomme Rated X en support vinyle avec une pochette orange cette fois - est un disque complexe rendu simple. Du pur QOSTA en somme. Fidèles à leurs habitudes, les musiciens s'amusent avec les structures et les décomposent avant de les recracher en ayant bien pris le temps de les mâcher avant. Ce n'est pas le plus fou des opus mais le travail réalisé n'est surtout pas à minimiser. Les bases musicales ne sont jamais rongées dans un excès de zèle. Aucune espèce de monotonie n'est à déplorer sans donner une impression de fragilité. Ils savent à tout moment où ils vont et par anticipation nous aussi. A mon sens, c'est cette principale force qu'ils ont perdue à la suite de vingt ans d'existence mais n'est-ce pas, après tout, une fatalité artistique ? Sûrement que oui. Bien que le Stoner bien lourd traîne sans cesse en toile de fond, Josh Homme et ses potes ont pris l'habitude de toujours s'aventurer sur des terrains plus mélodiques et doux. Sur ce disque, Auto Pilot en est un des exemples les plus notables. La voix s'y fait suave et rien ne viendra vous agresser, pas même une guitare laissant traîner ses notes aux tons criards.

 La géniale composition suivante, Better Living Throught Chemistry, met en exergue le splendide jeu de basse de Nick Oliveri. Dans son genre, et ce depuis Kyuss, il est l'un des tous meilleurs musiciens à son poste. Son jeu est plus que complet. Cependant, il sera éjecté du groupe à la suite de diverses altercations plus ou moins graves mais pour reprendre le dicton en vigueur : cela ne nous regarde pas. Enfin, je dois avouer que mon estime pour la personne a baissé à la suite de ces épisodes pour le moins tumultueux mais il est temps de refermer la parenthèse. Si vous souhaitez connaître l'archétype d'une chanson du groupe durant ces années-là, Monsters in the Parasol est tout indiqué. Entraînante, exubérante, évolutive et absurde, tout y est. Si la musique des QOSTA est majoritairement planante bien que dure, il existe souvent, dans les productions d'antan tout du moins, un moment craquage sous les airs d'une track hyper gueularde et destructrice. Ce n'est jamais mes compositions favorites mais ils se font plaisir et puis c'est toujours très court. A chacun son exutoire, ici il s'appelle Quick and to the Pointless. Fort heureusement, les choses rentrent dans l'ordre avec In The Fade. Encore un morceau brillant et la participation de Mark Lanegan, toujours là dans les bons coups, n'y est sans doute pas étrangère.

 Sans être le plus orgasmique de la discographie, Rated R/Rated X est un trip qu'il faut prendre à sa juste valeur. Les très bons moments s’enchaînent et les quelques imperfections se gommeront aisément de nos souvenirs. Son ambiance Californienne/désertique a de quoi enchanter les amateurs de musique qui ne le connaîtraient pas encore, une chance. Lourd comme seul le stoner sait le faire, souvent agréable et aérien, QOSTA avance à grands pas vers son futur chef-d'oeuvre qui sortira deux ans plus tard. Et bien entendu, nous y reviendrons mais pour l'heure, quitte à écouter Josh Homme, autant se concentrer sur ce disque intéressant à bien des égards plutôt que de perdre une heure sur un Villains portant, malheureusement, presque bien son nom.

mardi 11 juillet 2017

Wax Digger Reviews Selecta #09 : Nintendo, Entertainment System





Get N or Get Out. 


 Une WDR Selecta #09 un peu particulière puisqu'elle s'attarde, une cinquantaine de minutes, sur l'univers musical de Nintendo. Chaque joueur, acteur du marché, sait ce qu'il doit à cet illustre fabricant japonais. Envers cet éditeur et surtout tous ces compositeurs, il serait vulgaire et hors-propos de parler business ici. Seule l'émotion suscitée depuis plus de trente ans a sa place. Souvent critiqué à juste raison, Big N nous aura fait vivre des moments grandioses et pour beaucoup inoubliables.

 Mais ce qu'il faut voir, ou plutôt entendre, dans cette neuvième parution, c'est à quel point ces artistes n'ont jamais mit l'aspect musical de côté dans leurs œuvres. Au contraire, ils en ont prit grand soin. Evidemment, il aurait été impossible de toutes les mettre alors puisqu'il faut faire des choix, Nintendo, Entertainment System se concentre, avant tout mais pas seulement, sur les différentes formes de mélancolie. Libérés de leurs images mouvantes, on s’aperçoit facilement que beaucoup de ces morceaux auraient pu sortir sur des disques, d'une façon plus conventionnelle. Chacun d'eux propose talent et profondeur. Bref, que l'on soit un acharné d'OST ou non, cette selecta rend honneur à ce moment aussi extraordinaire que rare, semblant parfois hors du temps, lorsque lâcher la manette devient un geste naturel afin de profiter d'un instant pixelisé. Enjoy !






mardi 23 mai 2017

Chronique : Pixies ~ Doolittle (1989)


cover pochette LP band groupe formation boston indie grunge Black Francis Kim Deal
4AD


Playlist : 1- Debaser / 2- Tame / 3- Wave of Mutilation / 4- I Bleed / 5- Here Comes Your Man / 6- Dead / 7- Monkey Gone to Heaven / 8- Mr. Grieves / 9- Crackity Jones / 10- La La Love You / 11- No. 13 Baby / 12- There Goes My Gun / 13- Hey / 14- Silver / 15- Gouge Away


De mille neuf cent quatre-vingt-huit à mille neuf cent quatre-vingt-onze, le groupe Pixies aura sorti quatre excellents albums sur le label 4AD. Une performance des plus remarquables ayant changé le rock en lui donnant une nouvelle impulsion. Deuxième de la discographie, Doolittle est sans conteste mon favori. 


Le surréalisme, c'est moi. 


 Primo, dégoter un album en adéquation avec ses pensées éphémères. Ensuite, moins évident, savoir quoi publier à son égard. Ceci fait, la véritable difficulté débute puis les aléas imprévisibles mais bien présents peuvent rendre la tâche épineuse, voire pénible. Se réveiller grognon et le projet tombe à l'eau. Surtout lorsque la moindre excuse, tant qu'elle a de vagues airs d'occupations momentanées, suffit à se laisser distraire au point d'en oublier l'objectif initial. Mettre à profit l'actualité a parfois du bon, se risquer à un profond manque de recul en est l'inconvénient. M'enfin, nous sommes tous saoulés, éreintés, d'une élection présidentielle à rallonge. Et puis sans remettre en cause leurs qualités, une chronique sur Little Red Record des Matching Mole's, sur le plus jamais de 20% des bérus ou bien encore sur le premier Rage Against The Machine, n'aurait pas été, dans ces circonstances du moins, une grande source d'inspiration. Ils honorent des idéaux méritant mieux qu'une fumisterie télévisuelle. Suite à la disparition de Chris Cornell, faire découvrir le premier Soundgarden à ceux qui ne le connaissent pas encore avait tout l'air d'un choix judicieux. Mais là encore, donner l'impression d'une nécrologie artistique préparée à l'avance est un rituel, indigne et mercantile, propre aux biographes prévoyants. Faites par des stagiaires, ils empilent les morts probables de l'année, au cas où. Il faut bien avouer que depuis Wikipedia, cela prend moins de temps. Chris attendra quelques mois, le temps du respect et d'une décence nécessaire. Inutile de se précipiter maintenant qu'il n'est plus là. Saluons juste avec une part de tendresse sa contribution au monde. Quoiqu'il en soit, je doute qu'il m'en veuille de le faire passer après les musiciens de Boston. Ils feront à jamais partie du même cercle, d'un même tout. 
Bref, quand la phase de recherche s'éternise, on se doit d'oublier les burn-out constants et revenir aux satanés fondamentaux. A nos listes personnelles, réelles ou virtuelles, rarement définitives de nos trente, cinquante, cent, meilleurs disques de tout les temps. L'envie et la motivation suivront car ces œuvres ne nous trompent pas. Imperturbables, sûrs de leurs effets bénéfiques, ce sont de loyaux soldats-apôtres luttant contre le fléau des quotidiens moroses. Pour un grand nombre, Doolitlle des Pixies, n'est pas seulement un de ces précieux alliés indémodables. En permanence bien visible, prêt à rendre service, il figure dans les premiers rangs, tel un spartiate des temps modernes. Paru en mille neuf cent quatre-vingt-neuf, il n'a pas pris une ride, ne s'est aucunement laissé recouvrir de poussière. En d'autres termes, il est un classique incontesté. Au-delà de la nostalgie qu'il évoque fatalement, le nouveau venu ne se sentira pas exclu. Grâce à une somme de qualité impressionnante, ce vinyle restera dans les esprits tant qu'il existera des passionnés d'art. 

jeudi 11 mai 2017

Anthologie #03 : Février / Avril 2017



over pochette groupe rock
Anthologie #03 : Février / Avril 2017


Pour ceux qui n'aiment pas lire...


Tous les trois mois, une rétrospective musique est désormais présentée sur WDR. D'une durée variable mais toujours relativement courte, ce résumé propose un titre de tous les groupes publiés au fil des articles et des chroniques du moment. Éclectique par définition, ces sélections mélangent tubes et œuvres plus confidentielles. Une occasion de mettre en avant des chansons afin de découvrir des albums sous un angle différent. A la suite du player, vous trouverez, dans l'ordre d'apparition, la programmation ainsi que les liens permettant d'approfondir l’expérience. Ce n'est pas tout puisqu'un bonus track est à prévoir à la fin de chaque numéro. Une bonne façon de ne pas oublier les artistes dont les chroniques furent publiées les années précédentes.

Pour cette troisième, Anthologie #03 revient sur les mois de février à avril 2017. Le bonus track date d'avril 2016.




mardi 25 avril 2017

Chronique : Blur ~ Parklife (1994)


cover image britpop band groupe photo vinyle vinyl LP
Food Food


Playlist : 1- Girls & Boys / 2- Tracy Jacks / 3- End of a Century / 4- Parklife / 5- Bank Holiday / 6- Badhead / 7- The Debt Collector  / 8- Far Out / 9- To the End / 10- London Loves / 11- Trouble in the Message Centre / 12- Clover Over Dover / 13- Magic America / 14- Jubilee / 15- This Is A Low / 16- Lot 105

Troisième album de Blur, Parklife est aussi, sans doute, l'objet musical le plus illustre du groupe. Est-ce pour autant qu'il le mérite ? La réponse tout de suite dans cette chronique. 


T'aimes les chiants ?  


 Cobain, le corps à peine tiède; le grunge contraint à oublier le crépitement des flashs; en mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, la presse musicale cherche de nouveaux visages à exploiter. Finis les longs voyages transatlantiques pour les journalistes européens, un nouveau filon venait d’apparaître, pour la énième fois, du côté de l'Angleterre. Dans les faits pourtant, cette nouveauté pleine de promesses d'avenir n'avait rien d'inédite, au contraire. La britpop existait déjà depuis un bail mais les modes faussement révolutionnaires sont toujours imprévisibles sauf pour ceux qui tiennent à tout prix nous les vendre. Nous savons tous que lorsque un grand public découvre un mouvement, un style musical, les beaux jours de celui-ci sont depuis longtemps derrières. L'histoire est toujours plus complexe que son apparence mais approfondir est futile puisque les tabloïds et autres journaux, plus ou moins fréquentable artistiquement, avaient décidé par avance de ce que nous allions vivre aux travers de leurs incalculables pages. Alors... ils ont surmédiatisé deux formations et afin de rendre les choses sexy, ont créé un antagonisme inexistant au départ. Là aussi, je ne reviendrais pas longuement sur la fabrication d'un mythe, il est connu de tous. Ceux se sentant exclus pourront rattraper le wagon grâce au million de documentaires produits depuis plus de vingt ans sur ce sujet. Résumons tout de même la situation d'une façon limpide en disant que comme à l'époque The Beatles VS The Rolling Stones, des décennies plus tôt, les médias, dans leur ensemble, nous on largement encouragés, pour ne pas dire imposés, de choisir un camp. Il va de soi que pour réaliser de meilleures ventes, défendre son drapeau était plus que souhaitable.

mardi 11 avril 2017

Berlin : Disquaires Indépendants.


Berlin

Une liste de disquaires pour le moins immense pour une ville qui l'est tout autant. Si Berlin reste le temple de l'electro intelligente en Europe, aucun autre style de musique n'est oublié dans cet index non exhaustif. A ce propos, n'hésitez pas à signaler dans les commentaires un shop manquant à l'appel. Bon voyage ou bon passe-temps dans cette capitale atypique. 

mardi 28 mars 2017

Lettre ouverte à... Disquaire Day




Format peu exploité sur WDR, lettre ouverte à... réapparaît à l'occasion du Disquaire Day qui aura lieu le vingt-deux avril prochain. Si écrire sur les bonnes choses de l'industrie musicale est une priorité naturelle, il faut, de temps en temps, pousser des coups de gueule sans se soucier qu'ils soient entendus ou non. S'attarder quelques minutes sur ce qui ne va pas, sur les vautours et autres pilleurs de tombes. C'est pour toutes ces raisons que cette chronique, en rien originale, va se pencher cette fois sur les fameux petits gars du marketing. 


On n'est pas des lèches vinyle du système... 


 Ma première expérience avec le Record Store Day made in France date du jour de son lancement. Aucunes banderoles ni publicités annonciatrices d'un futur succès planétaire n'étaient encore présentes. En fait, il n'y avait absolument rien indiquant une quelconque fête musicale. J'étais simplement venu chercher un exemplaire, commandé quelques jours auparavant, d'un Nirvana ~ Hormoaning réédité pour l'occasion, avant de repartir aussitôt sans me préoccuper du reste. Le concept du RSD était aussi clair que les bonnes intentions qui s'en extirpaient. Une idée rafraîchissante basée sur le fait de sortir, en petite quantité, des disques devenus sir chers, ou si rares à dénicher, afin que n'importe quel passionné puisse les obtenir à prix modique. Satisfait de mon achat, j'attendais l'édition suivante avec une certaine hâte. Peu de souvenirs me reviennent de cette deuxième année, néanmoins je me souviens d'une ambiance très différente. Le marketing avait très bien fait son fastidieux office et beaucoup plus de monde était présent, presque entassé, devant les rideaux de fer des disquaires. Le Dday s'était professionnalisé et tenir entre les mains la raison de notre réveil matinal n'était plus aussi facile. Inutile de s'engouffrer dans une longue rétrospective puisque dès la troisième c'était devenu un gros foutoir. Un immense bordel n'ayant rien à envier au cirque Pinder si tant est que l'on aime rire jaune. Rien n'allait dans à peu près tout. Les prix avaient "mystérieusement" gonflés, les gens s'invectivaient et les enculés d'Ebayeur/profiteurs été désormais plus nombreux que les autres afin de tout rafler, sans distinction, dans le seul but de revendre dans l'heure. Bref, l'esprit du Disquaire Day était mort trois ans seulement après sa mise en route, dans une indifférence quasi générale.

mardi 14 mars 2017

Chronique : Wire ~ Pink Flag (1977)


Harvest

Playlist : 1- Reuters / 2- Field Day For The Sundays / 3- Three Girl Rumba / 4- Ex Lion Tamer / 5- Lowdow / 6- Start To Move / 7- Brazil  / 8- It's So Obvious / 9- Surgeon's Girl / 10- Pink Flag / 11- The Commercial / 12- Straight Line / 13- 106 Beats That / 14- Mr.Suit / 15- Strange / 16- Fragile / 17- Mannequin / 18- Different To Me / 19- Champs / 20- Feeling Called Love / 21- 1 2 X U


Album culte. Tout simplement. 



Structurer la destruction.


 Ne fumer aucune cigarette durant l'écriture d'une chronique, qui plus est d'un disque punk, est un défi aux allures de supplice. Surtout au lendemain d'un match volé d'une façon si éhontée. Rester calme et ne plus y penser. Au-delà de l'exploit individuel que ce genre d’initiative requiert il faut, quelques heures, se glisser dans la peau d'un straight edge convaincu. Une chose peu évidente à réaliser, voire contre nature pour quelqu'un qui ne l'a jamais été sauf lors des premières années de sa vie. Que les initiés m'excusent de les réduire à si peu car quoique l'on puisse en penser, c'est une philosophie respectable pour peu que l'on arrive à s'y tenir. Disposer d'une auto-discipline de fer est une qualité rare et se résoudre aux efforts prônés par ce mouvement, tout en y prenant plaisir, n'est pas à la portée du premier humain venu. Encore moins lorsque pour soi cette musique est, au fond, tout l'inverse, à savoir, peu ou pas de contraintes. Mais du coup, ne pas adhérer à une série de clichés, ou les rejeter en bloc, devient un droit plus qu'une obligation, c'est en çà que se trouve toute la magie libertaire du punk. Seul lui était en mesure d'incuber le straight edge. Pour autant, la liberté de se détruire prématurément, puisque No Future, grâce à divers subterfuges fait partie intégrante de la culture punk, celle de base. Celle partagée par ce que l'on a pris pour habitude de nommer, avec une once de mépris dans le regard, le punk à chien. Bien plus majoritaire, cette catégorie ne doit pas être blâmer puisque dès lors que nous choisissons ce mode de fonctionnement - quand ce n'est pas lui qui nous épouse - c'est avant tout pour ne pas avoir à se coltiner une existence remplie d'obligations monotones. Die Young and Stay Pretty, sinon c'est prendre le gros risque de devenir chiant et aigri. Il suffit pour s'en convaincre de voir le spectacle médiatique devenu navrant que nous inflige un Johnny Rotten, devenu si vieux qu'il a besoin de rappeler à qui veut l'entendre - et surtout le croire - que sans lui et les Sex Pistols, rien, ou presque, en ce qui concerne cette scène n'aurait existé. Il n'est pas le seul à placer le curseur de la vantardise au mauvais endroit mais comme nos grands-parents radoteurs on ne peut pas s'en émouvoir. Quoiqu'ils peuvent dire comme conneries inexactes, nous gardons tout de même une part de tendresse à leur égard. Nous sommes trop conscients qu'avec un peu de malchance, c'est aussi ce qui nous attend.

mardi 28 février 2017

Wax Digger Reviews Express #10 : Hot Tuna, Phantom of Paradise, The Zombies


Wax Digger Reviews Express #10


Une bande originale et deux classiques du rock sont le programme psychédélique de ce dixième Wax Digger Reviews Express


Hot Tuna ~ America's Choice (1975)


Playlist : 1- Sleep Song / 2- Funky #07 / 3- Walkin' Blues / 4- Invitation / 5- Hit Single #1 / 6- Serpent Of Dreams / 7- I Don't Wanna Go  / 8- Great Divide : Revisited

America's Choice plutôt qu'America First.


cover picture pics rock classic vinyle vinyl LP
Grunt Records

Paru en mai mille neuf cent soixante-quinze, America's Choice ratisse large sans en perdre sa dignité. Un néophyte curieux de l'univers blues-rock trouvera en ce disque une parfaite et accueillante porte d'entrée. De fait, le féru du genre se sentira lui, à juste titre, en terrain connu. Les deux camps seront quoiqu'il advienne conquis, c'est une certitude tant Hot Tuna est facile d'accès. Sans être monumental, il faut louer le travail effectué. Certes en premier par les musiciens eux-même mais n'oublions jamais les petites mains de l'ombre. Ceux assis de longues heures derrière une table de mixage avec pour seul but de rendre un devoir propre. America's Choice prône ce large rassemblement des esprits jusqu'à sa fin. Rien ne dépasse, tout est conforme à l’appellation. Parfois, souvent, il sonne lisse et neutre, sans éclats. C'est à ces instants précis qu'une folie d'une douceur relative et revendiquée débarque afin de gommer cette forte impression. D'ailleurs, la première chanson, Sleep Song, donne une bonne vue d'ensemble. Assez vite, une forte touche psyché s'additionne à l'alchimie et tous ces passages réussis font de ce disque un très bon moment pour ce qu'il propose. Ces envolées ajoutent du corps et une âme, car je me dois encore une fois d'insister : pour celui qui connaît le blues-rock, l'originalité ne sera jamais, ou rarement, au rendez-vous. 

 Et c'est bien là où le bât blesse. Le coutumier alterne sans cesse entre un sincère enthousiasme débordant et une flopée de sentiments beaucoup plus mesurés. Rien n'y est mauvais ni même juste bon, au contraire, sauf qu'une chanson sur deux, tombe dans le classique trop entendu, déjà à cette période. En mille neuf cent soixante-quinze, une foultitude de groupes s'étaient aventuré en masse sur ces terres et en avaient dés lors tiré une quintessence palpitante disposant de bien plus de trouvailles. 
Quelquefois, cette émotion sera aussi présente mais à si peu de moments, que ça en devient regrettable. Ce disque est à ranger aux côtés des faussaires talentueux. Un bon point pour lui, America's Choice a été enregistré à San Francisco. il en a l'âme, le bagout, la virtuosité ainsi que l'odeur des drogues. Jorma Kaukonen confirme son habilité à la guitare et au chant alors que dans le même temps, Jack Casady à la basse, réalise une prestation sans écueils, notamment sur l'excellent Invitation. Et puisque nous y sommes, autant féliciter son comparse, Bob Steeler à la batterie qui lui est tout aussi dans le coup. Malgré la tiédeur de l'introduction, il ne faut pas faire la fine bouche. Certains morceaux tirent vraiment leur épingle du jeu. C'est le cas par exemple de Serpent of Dreams et surtout de I Don't Wanna Go, entre autres.

 S'il ne se trouve pas à cent pour cent dans sa musique, le génie se place dans cette pochette. Affichant un baril de lessive en trompe œil, elle se montre originale et inventive. L'ingéniosité a largement été saluée depuis, puisque l'artwork figure en bonne position de tous les bouquins traient du vinyle. Ils pullulent dans les rayons de la fnac depuis le revival de ce format audio. Avoir un design astucieux, signé Frank Mulvey, ne suffit pas si le principal intérêt sonne fade. Quoi que l'on pense de leur classicisme, voilà un défaut que ces longs morceaux, plus de cinq minutes en moyenne, n'ont définitivement pas. America's Choice me rappelle par bien des aspects l'excellent #01 du groupe Big Star. Il provoque cette même bonne humeur en tout cas. Alors bien sûr sa dualité sera une force ou une faiblesse selon les goûts et les conditions d'utilisation propres à chacun. Nickel pour une soirée entre amis, en amoureux ou bien encore pour faire son ménage mensuel, il ne demande pas une concentration d'écoute de tous les instants. C'est plutôt une bonne chose puisque de toute façon il parviendra à se faire remarquer très souvent et c'est ce qui fait que peu importe l’expérience à ses côtés, nous n'en garderons que de bons souvenirs. Un vinyle cool et sympa à petit prix, autant en profiter pendant que cela existe encore. 



mardi 14 février 2017

Anthologie #02 : Novembre/Janvier 2016-17


vinyle vinyl albums
Anthologie #02 : Novembre/Janvier 2016-17


 Pour ceux qui n'aiment pas lire...


 Tous les trois mois, une rétrospective musicale est désormais présentée sur Wax Digger Reviews. D'une durée variable mais toujours relativement courte, ce résumé propose une chanson de tous les groupes publiés au fil des articles et des chroniques du moment. Éclectique par définition, ces sélections mélangent tubes et œuvres plus confidentielles. Une occasion de mettre en avant des titres afin de découvrir des albums sous un angle différent.
A la suite du player, vous trouverez, dans l'ordre d'apparition, la programmation ainsi que les liens permettant d'approfondir l’expérience. Ce n'est pas tout, puisqu'un bonus track est à prévoir à la fin de chaque numéro. Une bonne façon de ne pas oublier des artistes dont les chroniques furent publiées les années précédentes.

 Pour cette deuxième, Anthologie #02 revient sur les mois de novembre deux mille seize à janvier deux mille dix-sept. Le bonus track date lui de janvier deux mille seize.




mardi 31 janvier 2017

Tokyo : Disquaires Indépendants.


Source image : Vinyl Hub


Il y a eu Amsterdam, ensuite Barcelone, c'est maintenant à Tokyo de nous dévoiler ses multiples disquaires indépendants. Voici une liste, non exhaustive, éclectique en genre, afin de préparer au mieux votre prochain voyage musical.

mardi 24 janvier 2017

Chronique : De La Soul ~ 3 Feet High And Rising (1989)


hip hop album cover pochette rap musique vinyle LP BCM Records
BCM Records

Playlist : 1- Intro / 2- The Magic Number / 3- Change In Speak / 4- Cool Breeze On The Rocks / 5- Can U Keep A Secret ? / 6- Jenifa Taught Me (Derwin's Revenge) / 7- Ghetto Thang  / 8- Transmitting Live From Mars / 9- Eye Know / 10- Take It Off / 11- A Little Bit Of Soap / 12- Tread Water / 13- Potholes In My Lawn / 14- Say No Go / 15- Do As De La Does / 16- Plug Tunin' (Last Chance To Comphrehend) / 17- Da La Ogree / 18- Buddy / 19- Description / 20- Me Myself And I / 21- This Is A recording 4 Living In A Full Time Era (L.I.F.E) / 22- I Can Do Anything (Delacratic) / 23- D.A.I.S.Y. Age


De la bonne humeur afin de commencer cette nouvelle année, ça peut être une bonne idée. Alors attardons-nous sur De La Soul et son premier album. Paru en mille neuf cent quatre-vingt-neuf, 3 Feet High And Rising est ce genre de disque que nous pensons connaître grâce à ses tubes mais dont nous avons oublié, en réalité, tout le reste.


Everybody wants to be a emcee.


 Comme plusieurs centaines d'autres, avant ou après lui, ce disque attendait depuis un long moment son tour. Janvier, l'hiver en général suivant nos localisations respectives valant si chères aux géants du net, est sujet à une question aussi vieille que la météo. Cette interrogation alimente les conversations des psychologues musicaux, pas tous d'accord entre eux, personne n'aurait osé en douter. Devons-nous, en période froide, écouter une musique sombre voire verglaçante et être ainsi en osmose avec les éléments naturels ou, a contrario, s'en foutre et laisser passer la chaleur au moins par nos enceintes ? Comme ce n'est qu'une introduction comme une autre, je vous laisse le soin d'y répondre. Ici, le choix est vite fait et nul besoin d'une primaire pour s'en convaincre. Grâce à ses couleurs flashy et sa cool-attitude, 3 Feet High And Rising bataille avec à armes inégales contre la morosité de l’extérieur. Le contraste n'en est que meilleur. Mettons de côté toutes ces considérations existentielles et cette impression de déjà-vu annuelle puis concentrons-nous sur une valeur sûre. Cet album figure aux sommets de tous les classements musicaux depuis sa sortie, à la fin des années quatre-vingt, qu'ils soient mercantiles ou critiques. Ces tops valent ce qu'ils valent - souvent rien - mais ils donnent une bonne indication sur la trace que laissera un objet culturel dans l'histoire. Certains prêts à tout n'hésitent pas à dire qu'il est le Dark Side of the Moon de sa catégorie. Vu que je ne comprends pas le rapprochement, je leur laisse la responsabilité de leurs propos. D'autres soulignent que De La Soul sont les The Beatles du hip hop. Si là on peut comprendre l'idée sous-entendue derrière, il n’empêche que cela reste parallèle plutôt étrange. Ce LP est très bon dans ce qu'il propose et ce genre d'affiliations incomparables ne lui sont d'aucunes utilités, si ce n'est le desservir. Il se suffit à lui-même et n'a certainement pas besoin qu'on lui inflige un manque de respect flagrant sous couvert d'un compliment admirable. Peu importe que les noms précités soient d'immenses musiciens ou non, c'est lui enlever une partie de son mérite en tant qu'œuvre et, plus grave, minimiser le talent individuel de tout un collectif. De La Soul fait du De La Soul, c'est suffisant. Les choses étant remise dans leurs contextes, débutons véritablement cette chronique tout d'abord par la pochette. On la doit à des britanniques officiant sous la bannière de la Grey Organisation. Le moins que l'on puisse en dire c'est qu'elle se repère de loin, ça peut être une qualité non négligeable sur un vide-greniers. Pour le reste, faut aimer le criard qu'elle affiche. Avec son aspect kitsch et ses couleurs vives, je l'apprécie. Elle invite le néophyte à la découverte et vu son contenu il ne le regrettera pas, c'est acquis.