mardi 22 mars 2016

Wax Digger Reviews Selecta #07: Rub-A-Dub.



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Selecta : Rub-A-Dub.





Dubplate and co. 


 Etant, du moins je l’espère, doté de lucidité, je suis parfaitement au courant. Le terme dub évoque à tous ceux qui n'ont pas fait de cette musique un mode de vie, l'été et sa moiteur traditionnelle. C'est vrai, je le confesse je suis légèrement en avance sur le programme. Pour ma défense, je soutiendrai non sans une certaine simplicité, qu'il s'agit du même principe que pour un régime, ceux qui souhaitent briller sur une plage surpeuplée de superficialité n'attendrons pas le dernier moment pour perdre quelques kilos jugés superflus. Et puisque dans une dizaine d'années, à peine, nous serons de ce côté-ci du monde en Provence-Alpes-Jamaica, autant s'habituer à la précocité météorologique.

 Les passionnés sincères de basses rondes n'auront aucunes raisons valables de passer outre ces rythmes venus d'une autre époque. Les amoureux du travail bien fait n'auront quant à eux comme unique choix que de les rejoindre. Il y a un aspect un peu fou de se dire qu'un tel procédé, aussi passionnel et formidablement bien produit, a pu être fabriqué à son origine avec trois fois rien. Bien sûr, la Jamaïque sera reconnue et appréciée éternellement pour la ribambelle de génies musicaux qu'elle a su enfanter, qu'ils soient musiciens ou ingénieurs du son de talent. Comme souvent l'Angleterre jouera un rôle prépondérant en ce qui concerne le développement musical de l'île, mais ce détail, tout aussi imposant qu'il puisse être, ne doit en aucun cas nous empêcher de rester admiratif face à ces compositions magistrales. Si, très jeune, je n'étais pas tombé sous le charme de sonorités beaucoup plus énergiques voire agressives, il est certain que mon regard se serait posé vers des sound-system diffusant au grè de leurs rencontres ces mélodies. Les novices et autres non avertis pourraient croire un instant que ce sont toujours les mêmes airs que les jamaïcains nous proposent. Les mêmes idées balancées au milieu de boucles hypnotiques pouvant, pour quelques une d'entre elles, rester durant des jours dans nos têtes vides de buts et de sens. Pourtant, ces pensées un brin idiotes ne seraient que des croix rouges sur tous ces petits changements de rythme et autres divers effets subtils, parfois à peine perceptibles, placés toujours aux bons endroits afin de ne jamais lasser un auditeur des plus exigeants.

 Il me faudrait bien plus de lignes que je ne compte en créer pour parler en profondeur du dub, alors sans attendre consacrons nous plus en détail à ce que l'on trouve dans cette nouvelle selecta. On ne se refait pas du coup quelques libertés sont à prévoir. Notamment au travers de ce titre d'ouverture de Monoton. L'Autriche en guise d'introduction, cela a de quoi surprendre mais après tout leur morceau Ein Wort a tout à fait sa place ici. Son dub est juste différent et dans toute sa noblesse nordique se pare d'une froideur dépressive autant dans sa forme que dans son fond. En ce début de printemps c'était aussi un parfait moyen pour symboliser un hiver tirant une fois de plus sa révérence. Pour la petite histoire c'est ce track d'ailleurs qui m'aura donné envie de partager avec vous tous ces titres. Sa présence devenait donc indispensable.

 Promis à l'inverse des chroniques je vais faire court. Notons simplement que King Tubby ainsi que Scientist se glissent un peu partout durant cette heure. Un peu trop ne manqueront pas de dire certains mais entre laisser la place à de nombreux artistes ou faire la part belle à des maîtres invétérés du genre, le dur choix a été fait, tant pis pour le reste. A ce sujet et pour ma part, l'album Scientist Rids the World of the Evil Curse of the Vampires, édité sur le label Greensleeves Records, figure dans le haut du panier. Après une dizaine d'années à l'écouter sur tous supports confondus, je ne m'en suis jamais lassé. Une belle performance même si je ne doute pas que tous les souvenirs l'accompagnant y sont sûrement pour beaucoup. Les Roots Radics, jouant sur ce disque, se retrouvent sur une quantité impressionnante d'albums du genre. Il me paraissait naturel qu'ils aient une place bien à eux sur cet hommage.

 Aucune hésitation par contre concernant ce bon vieux Serge Gainsbourg, Il me paraissait naturel qu'il soit là tant il est inévitable tout comme Gregory Isaacs. Tam Tam n'est pas des plus originales mais colle à l'ambiance souhaitée. Les Upsetters, fidèles alliés de Lee "Scratch" Perry, nous gratifie d'une superbe composition, une habitude chez eux. Pour finir, avais-je seulement une autre solution ?  Il était impensable que je laisse le collectif New-Yorkais Easy Star All-Stars sur le bord du chemin. J'ai déjà fait l'éloge sur Wax Digger Reviews de leur Dub Side of the Moon mais que cela soit dit et redit, je ne répéterai jamais assez à quel point il est fabuleux à plus d'un égard. Le rapide tour du proprietaire est désormais terminé, il ne reste plus qu'à nous affaler sur un canapé et profiter comme il se doit de tous ces brillants artistes durant la prochaine heure qui arrive à grands pas. 


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