samedi 31 décembre 2016

Wax Digger Reviews Selecta #08 : Interstate 5


Wax Digger Reviews Selecta #08 : Interstate 5


He's The One, Who Like...



 Tandis que deux mille seize brûle ses dernières minutes, je m'en serais voulu de terminer l'année sans publier une selecta réservée au grunge. Les mots seront courts puisqu'il est largement possible de trouver ce que je pense de ce genre musical au fil de longues, et moins longues, chroniques sur WDR. Je ne renierai jamais les QueenBeatles, ni même Genesis, celui de la fin des années quatre-vingt, et tant d'autres pour ce qu'ils m'ont apporté. Pour autant les véritables claques des débuts se trouvent, pour beaucoup d'entre elles, dans ces quarante-cinq minutes.





Comme son aîné, le punk, le grunge a cette faculté de faire réfléchir l'auditeur. Et comme la plupart des jeux Nintendo, cette musique a une double lecture, plus légère ou plus profonde suivant l'importance que l'on veut lui donner. Sous ses airs brusques, on analyse, on dissèque toute une génération et une société à travers elle. Il nous aide à concevoir une nouvelle vision du monde, de la vie. Finalement, c'était une sorte d'internet avant l'heure.
Onze vinyles, tous parus en une poignée d'années, afin de se rendre compte du large éventail que propose le grunge. De la violence, forcément, des larsens inimitables mais aussi et surtout de la poésie moderne et de la douceur mélodique. Plus qu'une mode, ce heavy metal teinté de psychédélisme restera une façon de vivre. No Hope était le slogan en vigueur en ce début mille neuf centre quatre-vingt-dix alors puisque l'espoir n'est plus qu'un lointain souvenir, je ne vous souhaiterais pas une bonne nouvelle année, ce serait porter malheur, mais plutôt une bonne écoute.

mardi 20 décembre 2016

Wax Digger Reviews Express #09 : Jamiroquai, Funky Chicken ~ Belgian Grooves From The 70's Part 1, A Tribe Called Quest


cover photo wax digger reviews express funk LP Vinyl Vinyle Disque Soul Hip Hop Skeud
Wax Digger Reviews Express #09


Trois disques au funk plus ou moins affirmé sont au programme de ce neuvième numéro de Wax Digger Reviews Express


Funky Chicken ~ Belgian Grooves From The 70's Part 1 (2014)

Playlist : 1- Chakachas ~ Stories / 2- Mad Unity ~ Dunky Tramway / 3- Réné Costy ~ Ostinato Bass / 4- Alex Scorier ~ Topless / 5- Open Sky Unit ~ Sunshine Star / 6- Plus ~ Gimme Some More Of That / 7- André Brasseu ~ Funky  / 8- Chicken Curry & His Pop Percussion Orchestra ~ Librium / 9- Placebo ~ Balek / 10- Les Hélions ~ Music & Co / 11- Black Blood ~ Avenue Louise / 12- S.S.O Feat Douglas Lucas & The Sugar Sisters ~ Tonight's The Night / 13- Nico Gomez & His Afro Percussion Inc. ~ Ritual / 14- André Brasseurs ~ Saturnus / 15- Chocolat's ~ El Caravanero 


Manneken-Swing


photo album compilation funk  soul cover
N.E.W.S
 Je l'avais déjà effleuré lors de la chronique sur Blow de Ghinzu mais cette compilation belge figure en bonne place de mes bonnes surprises de l'année deux mille seize. Parues deux ans auparavant sur le label N.E.W.S, ces chansons éclectiques, mais toujours dans une thématique bien précise, nous font découvrir à retardement une scène prolifique en plus d'être très talentueuse. Belgian Grooves From The 70's Part 1 fait partie de ces coups de cœur imprévisibles et tant mieux, ils n'en demeurent que plus marquants. Divisés sur deux vinyles, ces compositeurs nous prouvent surtout une énième fois que le plat pays n'a été épargné par aucun courant musical pour notre plus grand bonheur. Mieux, il assume pleinement sa part aux succès planétaires de certains d'entre eux  à travers les époques.

 Plus qu'une simple compilation, il s'agit d'un documentaire en musique auquel nous sommes confrontés. Si le volume 2 est pour ma part un peu moins inspiré, celui-ci est de haute volée. De la production à la réalisation rien n'a été négligé, ni il y a trente ans, ni à sa sortie. Il y a souvent une part de facilité dans l'idée de proposer un patchwork de chansons mais les responsables de Belgian Grooves From The 70's Part 1 sont de véritables dénicheurs de talents plus ou moins cachés. Dans un pareil contexte l'une des choses les plus dures est de mettre le bon titre au bon moment. Une pression exacerbée sur le premier titre. Heureusement, Chakachas ~ Stories est un choix parfait. Bonnes vibes dansantes et sourires seront bien là. Cela rassure sur les intentions proposées et elles se confirme avec le titre qui suit. Lui sera un peu plus space mais tout aussi passionnant d'aisance. Bien entendu, au vu du genre mis en avant, nous n'échapperons pas tout au long de ces deux disques aux orchestrations sans failles, dont les cuivres seront les dignes héros. Seulement la troisième chanson qui s'engage et désormais c'est une révélation remplie de certitudes qui se déclare. Le début de cette compilation est extraordinaire et dépasse les attentes. Reste à savoir si elle peut se maintenir avec autant d'exigence sur toute sa longueur. En attendant Réné Costy ~ Ostinato Bass bénéficie d'une structure enfantine. Néanmoins, une fois lancée, elle se range aux côtés des plus grandes dans son registre. Quant à Alex Scorier, il nous envoie avec bonheur dans un film avec Louis De Funès. Un sacré compliment lorsque l'on sait la part importante de la musique dans ses films.

 La première face s'en sort sans aucune faute de goût. Sa force est de bénéficier de structures prévisibles et donc réconfortantes tout en favorisant les passages plus improvisés, parfois un peu psychédéliques. L'other side s'ouvre au chant. Gimme Some More Of That du groupe Plus, n'a rien à envier aux compositions new-yorkaises. On avance sinon nous allons déroger à la règle principale de cette section si particulière. Je n'ai de toute façon pas envie de vous priver de découvertes aux airs de surprises délicieuses. On a droit à une apparition du groupe Placebo, non pas le groupe d'anglais dépressifs, mais l'autre moins connu mais tout aussi accrocheur. Avenue Louise des Black Blood est rafraîchissante tandis que Nico Gomez et ses percussions afro balancent un son plus osé. Il en est de même avec André Brasseur qui, avec Saturnus, verse dans l’ethnique et l'organique.
Sans avoir fait un tour complet du propriétaire il ressort de tout ceci un excellent moment. Disons-le sans détour, cette compilation est un indispensable à tout amoureux de funk et de musique. Aussi cool que sa pochette le laisse penser, Belgian Grooves From The 70's Part 1 est incroyablement riche en trouvailles. Comme nous le verrons, il y a du neuf qui ne mérite pas son prix de vente. Voici le divin inverse. A acheter les yeux fermés.





mardi 29 novembre 2016

Chronique : Slayer ~ Reign In Blood (1986)


cover pochette album trash metal wax digger photo pics picture
Def Jam Recordings

Playlist : 1- Angel of Death / 2- Piece by Piece / 3- Necrophobic / 4- Altar of Sacrifice / 5- Jesus Saves / 6- Criminally Insane / 7- Reborn  / 8- Epidemic / 9- Postmortem / 10- Raining Blood


Peut-on faire plus extrême tout en étant aussi envoûtant ? Sûrement. En attendant d'avoir une preuve formelle, Slayer et son Reign In Blood reste au sommet d'un iceberg aussi brûlant qu'un enfer hypothétique. 



Aux chiottes l'arbitre.


 Lorsque son équipe fétiche perd, qui plus est quand elle n'aurait jamais dû, ou quand elle fait match nul contre un de ses innombrables ennemis jurés, inexorablement des réactions identiques à tout passionné se mettent en évidence. La télécommande vole à travers la pièce. On hurle à l'injustice, en malmenant, parfois, l'objectivité. On insulte l'arbitre de tous les noms puis on le maudit sur plusieurs générations. Bien sûr, avec les joueurs, nous faisons de même, en oubliant tous les moments de joie procurées par un passé pas si lointain. Nous oublions tout autant qu'ils ne sont que de simples humains et que, de fait, perdre est la caractéristique les représentant au mieux. On tape sur les murs, les portes, les oreillers, en frôlant un AVC très répandu en période de coupe du monde et qu'est-ce qu'on fait après le dîner ? on se couche. Alors ronchon, dans notre lit, on ferme les yeux et dans une énième pulsion masochiste, on se remémore l'action qui, sans un attaquant aux allures de chèvre, aurait pu tout changer. Bref, nous sommes en vie et notre cerveau nous le rappelle de la pire des façons. Si ces réactions ingrates font après tout partie du sport, il existe une solution plus rapide mais aussi plus radicale, afin d'évacuer ce stress susceptible d’apparaître semaine après semaine. Elle consiste à écouter Reign In Blood de Slayer. Ou, autrement dit, trente tumultueuses minutes bénéfiques aux âmes perturbées. La violence par la violence. Paru le sept octobre mille neuf cent quatre-vingt-six, ce disque a beaucoup d'arguments à faire valoir. Ce n'est pas un coup d'essai, puisqu'il s'agit du troisième opus du groupe, néanmoins c'est un véritable coup de maître qu'il propose. La principale nouveauté, en comparaison des précédents, se situe dans la durée des titres, raccourcis, ainsi que dans une augmentation de la vitesse d’exécution. Un excellent moyen de rendre hommage, entre autres, au punk hardcore dont ils n'auront jamais minimisé l'influence.

vendredi 25 novembre 2016

Barcelone : Disquaires indépendants.


LP vinyl vinyle search
Rhythm Control Barcelona Record Shop


Après Amsterdam, Barcelone nous dévoile ses multiples disquaires indépendants. Voici une liste, non exhaustive, éclectique en genre, afin de préparer au mieux votre prochain voyage musical.

mardi 15 novembre 2016

Anthologie #01 : Août/Octobre 2016


cover pochette albums disques vinyle  wax digger reviews
Anthologie #01 : Août/Octobre 2016


Pour ceux qui n'aiment pas lire...


 Tous les trois mois, une rétrospective musicale est désormais présentée sur Wax Digger Reviews. D'une durée variable mais toujours relativement courte, ce résumé propose une chanson de tous les groupes publiés au fil des articles et des chroniques du moment. Éclectique par définition, ces sélections mélangent tubes et œuvres plus confidentielles. Une occasion de mettre en avant des titres afin de découvrir des albums sous un angle différent.
A la suite du player, vous trouverez, dans l'ordre d'apparition, la programmation ainsi que les liens permettant d'approfondir l’expérience. Ce n'est pas tout, puisqu'un bonus track est à prévoir à la fin de chaque numéro. Une bonne façon de ne pas oublier des artistes dont les chroniques furent publiées les années précédentes.

 Pour cette première, Anthologie#01 revient sur les mois d’Août à Octobre deux mille seize. Le bonus track date de deux mille onze.




lundi 31 octobre 2016

Chronique : Marilyn Manson ~ Holy Wood (In The Shadow Of The Valley Of Death) (2000)


Rock, picture, album, photo, pics, indus, pochette cover
Nothing Records

Playlist : A: In The Shadow : 1- Godeatgod / 2- The Love Song / 3- The Fight Song / 4- Disposable Teens 
D : The Androgyne : 5- Target Audience (Narcissus Narcosis) / 6- President Dead / 7- In The Shadow Of The Valley Of Death  / 8- Cruci-Fiction In Space / 9- A Place In The Dirt 
A : Of Red Earth :10- The Nobodies / 11- The Death Song / 12- Lamb Of God / 13- Born Again / 14- Burning Flag 
M : The Fallen : 15- Coma Black / 16- Valentine's Day / 17- The Fall Of Adam / 18- King Kill 33 / 19- Count To Six And Die (The Vacuum Of Infinite Space Encompassing)


Quatrième album du groupe, Holy Wood (In The Shadow Of The Valley Of Death) est paru le quatorze Novembre deux mille sur le label Nothing Records. Loin d'être sans reproches, il tire toutefois son épingle du jeu en nous proposant un univers dense et parfaitement bien développé


Un bon album d'un artiste de merde.


 Spontanément, c'est avec ces quelques mots que je décrirai ce disque auprès de quelqu'un qui ne le connaîtrait pas encore. J'y apporterai une précision toutefois, en soulignant que cela fait une éternité que je n'ai écouté ni l'artiste, ni cette oeuvre. Brian Hugh Warner, alias Marilyn Manson, se paie un luxe peu enviable. Il est de ces musiciens que l'on a appris à détester, le mot est faible, au fil de ses parutions. A tort, à raison, parfois même sans trop savoir pourquoi, ou plutôt selon des valeurs indiscutables mais au fond sans intérêt, une majeure partie des amateurs l'ont foutu de côté, afin de ne plus jamais y revenir. Brian n'est plus qu'une simple image du passé, au même titre qu'une foultitude d'autres avant lui. Une réminiscence enfermée dans une énième boite de Pandore, prenant la poussière sur une étagère. De temps en temps, on y pense avec une certaine affection, sans pour autant oser l'ouvrir de peur d'être déçu, de lui et surtout de soi-même. Une quinzaine d'années plus tard, il est l'heure d'affronter ses souvenirs. Je ne sais pas ce que je vais penser de cet Holy Wood, après une si longue absence mutuelle. Quoiqu'il en soit, je ne peux décemment pas renier toutes nos heures passées ensemble. A sa sortie, je l'ai aimé, beaucoup écouté. Aujourd'hui, j'ai bien peur de m'en foutre tant Manson est devenu l'apôtre du mauvais goût universel, sans parler du reste. Pourtant les anciens n'auront jamais tari d'éloges en ce qui concerne les premiers albums, tandis que les "nouveaux" venus, au milieu des années deux mille, se contentaient eux, en majorité, d'une sombre merde risible du nom de The Golden Age of Grotesque, n'ayant pour lui qu'un titre prémonitoire.

mardi 11 octobre 2016

Chronique : Ghinzu ~ Blow (2004)


picture image rock groupe photo CD
Dragoon

Playlist : 1- Blow / 2- Jet Sex / 3- Cockpit Inferno / 4- Do You Read Me / 5- 'Till You Faint / 6- The Dragster Wave / 7- Sweet Love / 8- Hight Viltage Queen (Reign Of) / 9- 21st Century Crooners / 10- Mine / 11- Horse / 12- Sea-Side Friends

Si le nom tranchant de Ghinzu flatte votre oreille, Blow, paru en deux mille quatre sur le label Dragoon, n'y est sûrement pas étranger. 


No One Is Innocent.


 En musique, j'ai peu de regrets. Un d'eux persiste néanmoins. Il est endémique, me revient régulièrement en tête : Blow n'existe pas en édition vinyle. A l'heure où l'on inonde littéralement le marché d'albums parus, vendus, entendus, mille fois sous ce format, ce fait apparaît comme une anomalie étrange. A première vue, en tout cas. Car une fois que l'on a conscience que le label Dragoon appartient au groupe et non à une firme multinationale, les choses s'éclairent et deviennent assez compréhensibles, au moins sur le plan financier, encore lui. Rien n'est perdu, qui sait ? Puisque la mode est aussi aux campagnes participatives investissant dans tout et le n'importe quoi, peut-être, qu'un jour, nous aurons droit à une parution en LP, de bonne facture si possible. Ayant moi-même la flemme, j’espère qu'une âme charitable entendra cet appel et qu'une horde de fans y contribuera. Au fond, peu importe les caprices des diggers, ça n'a rien d'un drame. Comme toujours, le principal reste le contenu plutôt que le contenant et quelle que soit sa forme celui-ci excelle. En deux mille quatre, lors de ma découverte de l'album, c'est une claque, franche et vraie, que je me suis reçue. C'est d'autant plus costaud que mes coups de cœur parmi l'art musical post-deux mille se comptent sur les doigts d'un lépreux. J'abuse à peine. Si cette année-là on trouvait des choses intéressantes dans le rock, il n’empêche que ce style titubait, tel un jeune à sa sortie d'un établissement de nuit. Ghinzu, accompagné d'un petit cercle de Mohicans, était arrivé à point nommé pour le porter à bout de bras avant qu'il ne se casse, jusqu'à la prochaine vague, la gueule de son piédestal. C'est vrai, le metal parvenait encore à maintenir la tête hors de l'eau, outre ça, la machine à rêves n'était plus qu'une usine à cash peu inspirée et sans gloire. Tant pis, on ne peut pas vraiment dire que le rock soit tombé de haut, quelques marches à peine. Après tout, la décadence ne datait pas de la dernière pluie et nous n'étions abreuvés de productions merdiques que pour tenter de faire illusion envers un héroïque passé. Ou tant mieux, suivant les opinions. Tant que l'horloge munie de sa petite aiguille de vie, du temps et de la mode, tourne sur elle-même sans interruption; dans un mouvement perpétuel devenu lassant une fois qu'on en a compris ses codes. Sans aucun remord, d'autres genres ont trusté les charts et les cœurs jusqu'à en remplacer un qui ne méritait plus rien à force de stagnation intellectuelle et culturelle. Une occasion pour bon nombre de découvrir d'autres horizons, tout aussi intéressants dans leurs approches. Bref, donc au même titre que Queen of Stone Age, Ghinzu reste une des rares choses électriques que je retiendrais de la première décennie de ce nouveau siècle, si terne pour l'humanité en beaucoup de points qu'il y a de quoi tomber en avance dans un trou qui nous attend tous patiemment.

mardi 27 septembre 2016

Wax Digger Reviews Express #08 : Madness ~ Fabulous Poodles ~ Blondie


picture image photo
Wax Digger Reviews Express 08

En cette fin de mois de septembre, trois vinyles issus de la fin des années soixante-dix sont au programme de ce huitième Wax Digger Reviews Express. 


Madness ~ One Step Beyond (1979)

Playlist : 1- One Step Beyond / 2- My Girl / 3- Night Boat To Cairo / 4- Believe Me / 5- Land Of Hope And Glory / 6- The Prince / 7- Tarzan's Nuts / 8- In The Middle Of The Night / 9- Bed And Breakfast Man / 10- Razor Blade Alley / 11- Swan Lake / 12- Rockin' In AB / 12- Mummy's Boy / 13- Madness / 14- Chipmunks Are Go !

Madness, madness, they call it Madness...


picture vinyle photo album groupe anglais ska punk pics
Stiff Records
 On ne le présente plus et pour cause. Même sur la planète Mars, sans doute, ils connaissent les sonorités ska/punk de ce groupe influent pendant les années soixante-dix. Malgré tout, qui a retenu les noms de ces musiciens ? Pas le temps de réparer cette injustice. Ce qui prime avant tout c'est de souligner leur capacité à redonner le sourire en un instant, un véritable talent. On le sait, une musique enjouée n'est qu'un moyen comme un autre de cacher avec pudeur des choses plus profondes. Cet album n'y fait pas exception. One Step Beyond est une plongée abrupte au cœur d'une Angleterre en demi-teinte, et ce sur environ tous les plans. Mille neuf cent soixante-dix-neuf, la première lame de fond punk vient de s'échouer tandis qu'un grand public découvre un mélange de danse et de rugosité. Un juste retour des choses au carrefour des chemins et des influences. Un album est figé au creux d'une époque qui, elle, diffère selon les individus. Les murs de tous les clubs rock - il en existe encore ? - autour du globe, résonnent encore des pas de danse chaloupés provenant de Doc Martens usées par la vie.

 Si une grande majorité de ces lieux sont désormais réduis à peau de chagrin, personne n'a oublié l'ambiance folle que n'importe lequel de ces titres arrivait à produire dans la pénombre. Une foule survoltée prenait place au milieu d'une piste clairsemée ou non, suivant l'heure de la nuit. Alors bien sûr, la pole position des plus joués jusqu'à la lassitude appartient au titre phare et éponyme. On l'oublie à force mais ce morceau a été écrit par un musicien jamaïcain avant d'être repris par les britanniques. Ne nous arrêtons pas à cela, ce n'est pas vraiment le genre de la maison ni le plus intéressant. Beaucoup de titres présents sur ce disque marchent encore comme au premier jour de leurs découvertes des années plus tôt. Je n'avais plus entendu l'album One Step Beyond depuis longtemps et ce fut un authentique plaisir de retrouver ces airs agrémentés d'un élégant saxophone. Quand un corps est réfractaire à la danse, il suffit de lui mettre ces chansons pour le faire changer d'avis en douceur.

 Certains, et je ne pourrais pas leur donner tort, ne jureront que par The Specials mais ce n'est pas tout à fait la même chose, ni la même démarche. Eux sont bien plus politisés et sérieux qu'un Madness, dans le fond et dans la forme. Néanmoins il manque à notre présent tous ces airs ska, punk synonymes de soirées d’errance. Des nuits où tout, surtout le meilleur, peut arriver. D'autres genres musicaux les ont remplacés et plutôt bien. Pour autant un retour de cette musique sur le devant de la scène ferait le plus grand bien à notre monde, tout en remettant en cause un bon nombre de ses nouvelles valeurs trop sages. Quoique, j'ai bien peur que sans une sincérité aussi affirmée que celle exprimée à la fin des années soixante-dix cet espoir soit vain. C'est sans doute même salutaire que toutes ces vieilles chansons restent confinées au sein d'une période, ensevelies sous nos souvenirs afin de ne pas en dénaturer son esprit optimiste. Bref, si ce n'est pas encore fait, n'attendez plus et écoutez One Step Beyond pour retrouver le sourire.

mardi 13 septembre 2016

Chronique : Creedence Clearwater Revival ~ The Concert (1980)


vinyl LP album concert bayou CCR image picture sound musique
Fantasy Records 

Playlist : 1- Born On The Bayou / 2- Green River / 3- Tombstone Shadow / 4- Don't Look Now / 5- Travelin' Band / 6- Who'll Stop The Rain / 7- Bad Moon Rising / 8- Proud Mary / 9- Fortunate Soon / 10- Commotion / 11- The Midnight Special / 12- Night Time Is The Right Time / 13- Down On The Corner / 14- Keep On Chooglin'

Légende parmi les légendes, Creedence Clearwtar Revival nous offre un live des plus sympathiques avec The Concert


Little Elvis, Chuck Perkins, Fats Bill. 


 L’embûche du jour n'est qu'une épine dans le pied d'un riche. La discographie des Creedence Clearwater Revival est si étoffée, si excitante, que je ne peux me résoudre à choisir. Que faire lorsque vous avez à disposition autant de tubes aussi prodigieux qu'électrisants ? Rien. C'est une alternative, on peut ne rien faire. En définitive, le monde entier les connaît grâce à l’intermédiaire de nombreux objets cinématographiques et télévisuels. En conséquence, la moindre petite once de surprise sera à oublier dans cette chronique. Je m'attends à quelques contradicteurs mais spontanément je pense que le monde entier aime CCR. Petite précision toutefois, quand on aime les harmonies, on aime forcément ce quatuor, c'est ma véritable pensée. Parce que la musique, dans ce qu'elle a de plus alcaline, au bon sens du terme, est dépeinte à la perfection dans ces mélodies. Creedence, n'a pas conçu cet art, il lui a juste fourni ses plus beaux projecteurs. J'ai sûrement dit cela pour d'autres musiciens, les uns n’empêchent pas les autres. Avant de digresser encore un peu plus, je m'arrête là, je continue les présentations. Même si cela transparaît désormais comme une évidence, j'ai donc choisi The Concert, non pas pour le chroniquer stricto-sensu, mais pour rendre un hommage global et appuyé envers ce groupe. Puis par la même occasion, ça nous fait un pot-pourri de succès interplanétaires, indémodables, à exploiter.

mardi 30 août 2016

Chronique : The Breeders ~ Last Splash (1993)


Grunge Indie Nirvana Sonic Youth album picture sound musique music image pics photo
4AD

Playlist : 1- New Year / 2- Cannonball / 3- Invisible Man / 4- No Aloha / 5- Roi / 6- Do You Love Me Now ? / 7- Flipside / 8- I Just Wanna Get Along / 9- Mad Lucas / 10- Divine Hammer / 11- S.O.S / 12- Hag / 13- Saints / 14- Drivin' On 9 / 15- Roi (Reprise) 

Une parution sur le label 4AD est souvent, pour ne pas dire toujours, un gage de qualité. Last Splash avec sa pochette au cœur gélifié comme un appétissant bonbon n'échappe pas à cette règle. 


Deal with it.


 Ceux qui ne connaissent pas encore les mythiques Pixies, se voient dans l'obligation de tout éteindre et d'aller se renseigner. Dans le cas contraire, vous avez gagné l'autorisation de poursuivre cette chronique. Aborder le sujet The Breeders, sans mentionner la formation précitée, est de l'ordre de l'inconcevable. Deux raisons principales à cela. Tout musicien de rock de la fin des années quatre-vingt jusqu'au début des années quatre-vingt-dix, doit, au moins un petit truc, à Black Francis et ses comparses, sinon c'est qu'il est mauvais. Bien qu'objectif, cet argument ne plaira pas à tous, alors passons au deuxième qui, lui, est imparable car historique. Si ces deux groupes sont indissociables, c'est aussi et surtout parce que Kim Deal, alors bassiste des Pixies, est la cofondatrice de The Breeders, la seconde étant Tanya Donelly, guitariste chez les Throwing Muses.
Fondée en mille neuf cent quatre-vingt-huit à Boston, cette nouvelle formation sortira un premier album deux ans plus tard, intitulé Pod. Une réussite mais au vu de leurs CV dans l'industrie sonore, personne n'en aurait douté. Trois années et quelques tournées plus tard, c'est au tour de ce Last Splash de voir le jour. Un cap est passé, c'est indéniable. A présent, on ne parle plus d'un bon album comme il en existe tant sur le continent américain mais d'un travail d'orfèvre comme il n'en existe que quelques poignées par décennies.

mardi 16 août 2016

Chronique : B-Ball's Best Kept Secret (1994)


picture hip hop rap USA pics photo image album compilation
Immortal Records

Playlist : 1- Bamboo - Hip Hop Basketball Genie / 2- Dana Barros - Check It / 3- Malik Sealy - Lost In The Sauce / 4- Shaquille O'Neal - Mic Check 1-2 / 5- Bobbito - Earl The Goat / 6- Cedric Ceballos - Flow On / 7- Brian Shaw - Anything Can Happen / 8- Chris Mills - Sumptin' To Groove To / 9- Sway & King Tech - From The Bay To L.A / 10- Jason Kidd - What The Kidd Did / 11- J.R. Rider - Funk In The Trunk / 12- Bobbito - Phat Swoosh / 13- Dennis Scott - All Night Party / 14- Gary Payton - Livin' Legal And Large / 15- DJ S&S- DJ S&S Represents / 16- Dana Barros & Cedric Ceballos - Ya Don't Stop

Lorsqu'un objet culturel est issu d'une franchise célèbre, il n'a, dans la plupart des cas, que très peu d’intérêt. Trop commercial, et donc trop facile, pas assez subtil, formaté à tous les étages, les griefs envers ces pratiques ne manquent pas. Et puis comme toujours, on trouve ici et là des exceptions extraordinaires. B-Ball' Best Kept Secret, sorti chez Immortal Records, fait partie de ces coups de cœur inattendus mais néanmoins explicables.


NBA Jam 94.


 Puisque le mois d’août est d'ordinaire régulier dans l'ennui qu'il procure, employons-nous à chroniquer une compilation ayant pour distinction de ne pas être chiante. Bien que - et nous y reviendrons - comme pour la plupart des mosaïques musicales, cette oeuvre parue en mille neuf cent quatre-vingt-quatorze n'est pas exempte de tout reproche. Rien de plus qu'une simple affaire de goût et de genres car sur sa globalité ce disque peut sans difficulté figurer parmi les indispensables de tout amateur de hip-hop. Inutile de se fourvoyer en une longue présentation. Par conséquent, disons sans détour que B-Ball' Best Kept Secret est une compil' regroupant une quinzaine de basketteurs de la ligue américaine. La NBA à son âge d'or. Intarissable en légendes éternelles, en talentueux esthètes du sport, qui auront fait rêver une grande partie des gamins de la planète lors des Nineties et auront imprégné de leurs prouesses l'esprit des autres. Surtout pour tous ceux qui auront posé leurs mains sur un célèbre jeu vidéo. Si les plus experts trouveront familiers des noms présents, le commun des mortels se rattachera au seul, sans doute, qu'ils connaîtront, même très vaguement, en la présence de l'immense pivot : Shaquille O'Neal.

mardi 12 juillet 2016

Chronique : Eagulls ~ Ullages (2016)


cover picture album disque vinyle photo rock pop postpunk
Partisan Records

Playlist : 1- Heads Or Tails / 2- Euphoria / 3- My Life In Rewind / 4- Harpstrings / 5- Velvet / 6- Psalms / 7- Blume/ 8- Skipping / 9- Lemontrees / 10- Aisles / 11- White Lie Lullabies


Un album peu inventif et des pensées personnelles, voici le programme du jour. 


Click, click, click.


 Ecrire, chroniquer, discuter, sur des disques datés de plusieurs décennies en arrière, c'est bien. Cela, comme tout le reste, capitonne la temporalité vide de sens à laquelle nous devons tous faire face. Ça ne changera d'ailleurs pas mais une fois cela dit, il faut savoir, quelquefois, changer ses habitudes de consommation, au sens le plus large du terme. Ecouter de la musique, que l'on en achète ou non, c'est consommer. Alors, cette fois au moins, passons devant le rayon frais pour voir ce que l'on nous propose. Il me semble l'avoir évoqué par le passé mais je n'ai vraiment pas pour habitude de me renseigner sur une sortie récente, qui plus est en matière de rock. Pour dire vrai, je ne sais même pas si ça m'arrive deux fois par an. Nous sommes libres d'en penser ce que l'on veut et pourtant il me semble que le plus simple afin de réaliser ce genre d'envie, c'est encore d'aller sur le site des Inrocks pour regarder leurs dernières chroniques. Bon, une fois passées toutes les productions boboïsante, un cœur de cible comme un autre, c'est un choix rédactionnel, je tombe sur un groupe m'étant littéralement inconnu : Eagulls.
L'accroche est aussi aguicheuse qu'un de ces titres vulgaires, et surtout mensongers, que l'on retrouve chez tous les mauvais sites de jeux vidéo : "le retour aussi attendu que surprenant des trublions du rock anglais". Nous voulions de la nouveauté, on retourne vingt ans en arrière sous l'impulsion d'une seule phrase. Après tout, pourquoi pas ? Cela sera parfait pour illustrer une pensée. Un propos planant en toile de fond de quelques chroniques que l'on trouve sur WDR. Remarquez, les anglais ont de la chance musicalement parlant. Leur rock fonctionne la plupart du temps alors, en toute logique, il y a peu de risques à se laisser tenter. Peut-être seriez-vous intéressé de savoir que l'article en question, chez les Inrocks, ne fait que seize (très petites) lignes. Plus un journal se présente comme une référence, plus ses journalistes sont feignants. Passons, ce n'est pas le seul et j'imagine qu'il s'agit plus d'une question d'espace alloué plutôt qu'autre chose. Du moins je l’espère. De toute façon, en étant sincère, Eagulls c'est sympathique mais leur art ne mérite sûrement pas que l'on s'y attarde plus que de raison. Je trouve simplement dommage de n'absolument rien apprendre, rien, zéro, sur ce groupe dans un article issu d'un journal dit spécialisé.

mardi 21 juin 2016

ITW : Kurt Cobain par David Fricke (Rolling Stone magazine, 1994)


ITW : Kurt Cobain par David Fricke (Rolling Stones, magazine). cover image photo
Vade Retro

Quoi qu'on puisse en penser, la musique n'est pas seulement une affaire de mélodies. En connaître plus sur les motivations d'un artiste, sur ses références ou sur sa perception du monde, donne souvent envie de le soutenir ou, à l'inverse, de le haïr. 

 Au soir du vingt-cinq octobre mille neuf cent quatre-vingt-treize, Nirvana se produit sur la scène de l'Aragon Ballrom à Chicago. Toutes les personnes présentes, sauf en cas de coma éthylique, vous affirmeront que ce concert était merdique. La faute sera rejetée sur l'acoustique caverneuse de la salle. Cette interview fleuve, réalisée par David Fricke pour le compte du magazine Rolling Stone, se déroule quelques minutes après la fin du show. Si je vous en fais part, c'est que celle-ci m'avait marqué lorsque je l'ai découverte dans le livre hommage Cobain par les journalistes de Rolling Stone, publié aux Editions Vade Retro et que je vous recommande chaudement au passage si vous êtes fans du groupe ou du rock.

 Différent de l'image habituelle, on peut y lire un Kurt Cobain qui se livre sans retenue, dans une grande sincérité. Certes, parfois, le musicien fait preuve d'une naïveté que l'on pourra juger touchante, candide, ridicule, voire dérangeante suivant notre jugement personnel. Pour autant, de toutes celles que j'ai lu, c'est bien dans cette interview que l'on débusque à ce point tous les paradoxes de cet artiste. A noter que cette retranscription est telle qu'on la trouve dans le livre original, à la virgule près.

mardi 14 juin 2016

Chronique : Kraftwerk ~ The Man-Machine (1978)


Wax Digger Reviews art sound cover picture image photo song records LP vinyle vinyl album groupe
Capitol Records

Playlist : 1- The Robots / 2- Spacelab / 3- Metropolis / 4- The Model / 5- Neon Lights / 6- The Man-Machine 

Septième album studio de Kraftwerk, Man-Machine est disponible à la vente en Mai mille neuf cent soixante-dix-huit. Paru à l'origine sur le label Kling Klang, ce disque finira par asseoir ces quatre allemands au-dessus de la mêlée. Il est depuis devenu un classique de toute bonne vinylothèque.


Ya tvoi sluga, Ya tvoi Rabotnik.


 Souvent cité, toujours en des termes plus qu'élogieux, Kraftwerk n'avait jamais eu droit à sa chronique exclusive. L'erreur involontaire de programmation est à présent sur le point d'être corrigée. Au vu des titanesques qualités que l'on dégote au sein de la discographie des originaires de Düsseldorf, il n'était pas aisé de choisir parmi une foultitude d'albums à la fois très différents et relativement proches. Plus accessible qu'un Ralf Und Florian, moins mainstream qu'un Radio-activity, c'est à The Man-Machine d'illustrer en ce lieu une formation inégalable dans l'univers musical. Pour être honnête, pour une première, j'aurais pu commencer par un autre mais j'éprouve un attachement tout à fait singulier envers celui-ci. J'enfonce le clou en soulignant qu'il serait même fort probable que ce soit mon champion toutes catégories si, par le plus grand des hasards, je devais n'en retenir qu'un seul, au dam des fanatiques qui, sans le moindre doute, jugeraient ce choix trop sommaire. Dans un certain sens, c'est une vérité, il est simpliste mais c'est une habitude chez ces allemands de proposer de nombreuses mélodies très faciles à assimiler et tant mieux car le crucial se déniche ailleurs, par exemple dans la profondeur de leurs compositions. Ni meilleur ni pire qu'un autre, son ambiance à la fois lumineuse et glauque parvient constamment à retenir ma sollicitude. Quoiqu'il en soit, il convient d'écouter au moins une fois dans sa courte vie toutes les majeures productions de Kraftwerk tant elles sont riches en enseignement culturel. Les mots à suivre paraîtront d'une rengaine éclatante pour tous ceux qui s’intéressent assez largement à la musique, les autres doivent bien assimiler que sans le quatuor dont on parle aujourd'hui, ce sont des pans entiers de cet art qui disparaissent en une seconde. Non pas qu'ils soient les insolents créateurs de pas mal de genres, ils ne le sont pas, c'est une certitude, néanmoins, très tôt dans notre histoire, ils auront d'une façon brillante et avant-gardiste donné envie à des tas de génies d'explorer de nouvelles sonorités. On peut toujours me rétorquer que la place de mentor aurait été prise par d'autres mais nous n'en saurons jamais rien alors dans le doute...

mercredi 1 juin 2016

Chronique : The Beatles ~ White Album (1968)


Apple Records

Playlist : Disque 1 : 1- Back In The U.S.S.R / 2- Dear Prudence / 3- Glass Onion / 4- Ob-La-Di, Ob-La-Da / 5- Wild Honey Pie / 6- The Continuing Story Of Bungalow Bill / 7- While My Guitar Gently Weeps / 8- Happiness Is A Warm Gun / 9- Martha My Dear / 10- I'm So Tired / 11- Blackbird / 12- Piggies / 13- Rocky Raccoon / 14- Don't Pass Me By / 15- Why Don't We Di It In The Road? / 16- I Will / 17 - Julia 
Disque 2 : 1- Birthday / 2- Yer Blues / 3- Mother Nature's Son / 4- Everybody's Got Something To Hide Except Me And My Monkey / 5- Sexy Sadie / 6- Helter Skelter / 7- Long, Long, Long / 8- Revolution 1 / 9- Honey Pie / 10- Savoy Truffle / 11- Cry Baby Cry / 12- Revolution 9 / 13- Good Night.

Véritable album culte en ce qui me concerne, c'est avec plaisir que je vous présente l'album blanc des Beatles. Trente morceaux sur deux vinyles, préparez le café. 


Haine, gloire et gourou. 


 S'attaquer à une production des Beatles dans le but d'en faire une chronique a de quoi faire peur... très peur. Trop d'informations, de matières à absorber en quelques minutes, au risque que le tout devienne indigeste autant pour l'auteur que pour le lecteur. C'est pourquoi je m'engage, sans promettre de réussir, à essayer que ça ne soit pas le cas pour cet article. Pour autant, il faut bien le dire, chaque sortie des petits gars de Liverpool mérite un mémoire universitaire et non quatre lignes écrites avec fainéantise. Pour cette raison, il est impossible que tous leurs albums fassent une apparition majeure sur WDR, ce n'est pas concevable. Par contre, le White Album faisant partie de mon ADN, je me dois malgré tout de le faire partager aux rares qui le ne connaissent pas encore, alors... Alors ce que je vous propose, c'est qu'on laisse sur le bord de l'autoroute les petites histoires liées aux ego boursouflés de succès. Les Fab Four ont fini par se haïr ce n'est un secret pour personne depuis des lunes. Ça ne les aura nullement empêché de produire quelques monuments à rendre envieux pas mal de groupes composés de membres qui s'adorent et qui, surtout, ne seront jamais foutus de fabriquer aussi bien. Je ne leur jette pas la pierre, je doute que cela soit possible. Les disputes dont on ne peut revenir en arrière sont logiques de toute manière, on ne peut pas révolutionner la culture durant tant d'années sans que ne surgissent de mesquines répercussions personnelles. Il arrive un stade où, quand on est connu jusqu'au fin fond de l'Amazonie, enfin du temps où ils avaient encore des arbres, l'argent ne suffit plus à supporter des humeurs quotidiennes qui ne sont pas les nôtres. Ou il faut s'appeler Metallica mais ce n'est pas donné à tout le monde non plus, c'est pourquoi les carrières solos existent. D'ailleurs, puisque nous sommes dans les précisions, je souligne que si ces deux disques ont plutôt l'air d'une compilation, je parlerai bien en terme d'album pour le désigner. Après tout ce n'est pas moi qui l'ai appelé l'album blanc mais les fans historiques puisque lui, à la base, s’appelle juste The Beatles. Les plus observateurs comprendront sans efforts le choix d'un tel surnom et tant pis pour les aveugles. Si avec les années on a tendance à le considérer comme étant un patchwork de hits, c'est uniquement parce que la majorité des titres présents ont été crées de façon peu conventionnelle. Bien sûr quelques exceptions sont à noter mais dans l'ensemble chacun des musiciens s'enfermera dans son coin et composera ce qu'il aura envie sans trop se soucier de l'avis général ni sans l'aide du reste des membres. JohnPaulRingo, sans oublier ce bon vieux George, se retrouveront uniquement pour enregistrer et tous, à tour de rôle, ne seront ainsi que de simples - tout est relatif - accompagnateurs afin de réaliser les chansons des autres.

mardi 17 mai 2016

Chronique : Bikini Kill (EP, 1992)


grunge, punk, riot grrrl, olympia, Seattle, cover, pochette, album, disque, LP, vinyle, image, band, groupe, discographie
Kill Rock Stars

Playlist : 1- Double Dare Ya / 2- Liar / 3- Carnival / 4- Suck My Left One / 5- Feels Blind / 6- Thurston Hearts The Who 

Premier EP d'un groupe pas tout à fait comme les autres, Bikini Kill sort au début des années mille neuf cent quatre-vingt-dix sur le label Kill Rock Stars. 


Y'en a des biens. 


 Décidément ce mois de mai est brutal. Tout est une histoire de période et en ce moment je m'adonne au plaisir de disques que l'on pourrait qualifier de bestiaux ou de bruyants. D'ailleurs, avant d'aller à l'essentiel, et bien qu'il soit difficile de ne pas aborder le sujet dans une chronique lié qu'on le veuille ou non à celui-ci, le choix d'un groupe affichant avec hargne son féminisme n'a aucun espèce de rapport avec l'actualité. Depuis sa création j'avais envie qu'un digne représentant du mouvement Riot Grrrl apparaisse sur WDR. Il aura fait partie de mes premières sensations musicales, il le mérite. Espérons juste que l'hommage voulu soit tout aussi digne de la richesse culturelle qu'une grande majorité de ces groupes m'auront apporté lors de ma période grunge. Puis de toute façon le sexisme d'une partie de la classe politique n'est en rien une nouveauté, c'est ce qui rend cette situation plus triste qu'à proprement parler choquante. Les mœurs n'évolueront probablement que lorsque l’humanité sera éteinte sauf si, d'ici là, une part importante d'hommes politiques sont là où il devraient être, en prison. Oui je suis au courant, il faut éviter les amalgames et être positif envers nos élites. Avant de se faire taper sur les doigts, mesurons de suite le propos en disant que certains ne méritent pas la prison mais seulement des travaux d'intérêts généraux. Voilà, j’espère qu'avec cette petite précision j'éviterai le goulag. Donc les claquements d'élastiques de culottes, les remarques déplacées, les attitudes mesquines de nos chers élus - qui ne sont pas les seuls - atteint de calvitie - ou pas - ne sont pas une motivation à une chronique car rien ne changera. Il y a fort à parier que d'ici une dizaine d'années, quand une autre de ces sordides affaires sortira dans la presse, nous feindrons à nouveau de ne pas nous souvenir du passé, tout en nous étonnant que ces scandales durent encore et toujours avec la même vivacité. Après tout, ne pas retenir les leçons doublé d'une hypocrisie à toute épreuve sont bien deux caractéristiques de l’espèce humaine alors tout va bien, comme dirait l'autre.

mardi 3 mai 2016

Chronique : Sex Pistols ~ Never Mind The Bollocks, Here's The Sex Pistols (1977)


punk art sound wax digger reviews vicious rotten anglais england album lp vinyle
Glitterbest

Playlist (Glitterbest Press): 1- Holidays In The Sun / 2- Liar / 3- No Feelings / 4- God Save The Queen / 5- Problems / 6- Submission / 7- Seventeen / 8-Anarchy In The UK / 9- Bodies / 10- Pretty Vacant / 11- New York / 12- EMI 

Grand amateur de punk, il fallait bien que ça arrive. S'attendre à la chronique d'un des albums les plus mondialement connus. Never Mind The Bollocks, Here's The Sex Pistols est paradoxal, c'est ce que nous allons voir sans plus tarder.


Don't know what i want, but i know how to get it. 


 Tandis que Donna Summer, au cours de l'été mille neuf cent soixante-dix-sept, interprète son envoûtant I Feel Love dans d'illustres clubs new-yorkais, les heureux spectateurs cocaïnomanes aux regards libidineux ne se doutent pas encore que la musique entrera dans une nouvelle ère dès l'automne. Une nouvelle mode, que dis-je, une nouvelle façon de vivre s’apprête à éclater au grand jour, bien décidée à heurter la sensiblerie ambiante. Qu'elle soit jugée vulgaire, brutale ou perspicace, cette attaque de l'establishment aura plus de similitudes avec une explosion atomique qu'avec une de ses futiles et traditionnelles révolutions pacifiques. Lassés d'une uto-hippie aux louanges datées, de grosses poignées de jeunes gens sont déterminés à taper un grand coup dans la fourmilière. Les pionniers étaient présents depuis plus d'une décennie, ils n'auront pas attendu un mois d'octobre pour rejoindre une cohorte qui ne cessera de s'élargir. On les voyait bien, traîner, vagabonder dans les rues des sociétés occidentales, tuant l'ennui pour ne pas avoir à se tuer eux-mêmes. Ils attendaient leur heure, le signal de l'indécence. L'alarme internationale viendra, en autre, de ce disque. Dès lors, il n'y aura aucunes ambiguïtés sur les ennemis désignés. Musiques dîtes compliquée, valeurs qui n'ont de sens que pour ceux qui les appliquent, seront les cibles prioritaires. Dans ces circonstances, sur le sol anglais du moins, une des premières évidences voudra que la loyauté ancestrale envers sa majesté soit remise en question, sinon à proscrire. Encore en vogue, le progressif devient le symbole à brûler en toute hâte avec ses chansons trop longues ne permettant aucun défouloir libérateur, aucunes violences bienfaitrices. Selon eux, il est grand temps de redonner au rock'n'roll ses lettres de noblesses et de s'en servir afin d'haranguer une foule presque inerte, quitte à arborer non sans une pointe de fierté des t-shirt anti Pink Floyd, pour ne citer qu'eux. Ils ne sont pas si sectaires, ils garderont en provenance des années soixante la drogue et le sexe disons libre. Justement, pour ce qui est de la liberté avec un grand L, ils s'en foutent puisqu'ils l'obtiendront de gré ou de force en bravant tous les interdits en vigueur, au risque de la perdre définitivement. Ces personnes dont on parle, quoiqu'ils en disent avec le recul, n'avaient pour l'heure aucunes vocations à changer le monde, tout au mieux leur propre quotidien. Pourtant, d'une certaine façon, de part les scandales à répétition, les mythes qu'ils forgeront mais surtout les principes qu'ils laisseront, ils y seront parvenu.

mardi 19 avril 2016

Chronique : Kosmischer Läufer, The Secret Cosmic Music of the East German Olympic Program 1971-83, Volume 1 (2013)


cover, picture, germany, allemagne, image, photo, album, pochette, ambient, krautrock, olympic, game
Unknow Capability Records

Playlist : 1- Zeit Zum Laufen 156 / 2- Die Lange Gerade / 3- Sandtrommel / 4- Tonband Laufspur / 5- Ein Merkwürdiger Anschlag

Premier d'une série de compilation en comptant trois, Kosmischer Läufer, The Secret Cosmic Music of the East German Olympic Program 1971-83, Volume 1 fait parti de ce genre de disque méconnu et unique. De part son histoire et de ses qualités, il est une valeur sûre à tout amateur de musique hypnotique. 


Allemagne de l'Est, 1972

Martin Zeichnete travaille en tant que monteur de son au département animation de la DEFA (Deutsche film-atktiengesellschaft) à Dresden mais il a la tête ailleurs. Comme la plupart des allemands de l'Est de l'époque, il écoute discrètement des radios d’Allemagne de L'Ouest pendant la nuit et se prend de passion pour la "Kosmiche Musik" qui traverse la frontière de ce pays voisin. Martin, un coureur passionné, a alors l'idée d'utiliser le rythme répétitif et motork (motorik est un néologisme apparu dans les années mille neuf cent soixante-dix et utilisé pour décrire la rythmique propre à certains groupes de krautrock) comme une motivation pour les athlètes. Il est persuadé que ces rythmes hypnotiques auront un effet bénéfique, autant sur le corps que sur l'esprit, s'ils sont utilisés correctement. 

Partageant naïvement son concept et son amour pour la musique de l'Ouest avec ses nombreux collègues, Martin est prié de quitter son studio pour qu'on l’emmène à Berlin Est. Craignant le pire, il est interrogé pendant des heures à propos de ses idées mais sera finalement ébahi quand on lui proposera de travailler pour le comité national des jeux Olympiques. C'est dans un studio froid de Berlin, avec les quelques instruments électroniques que l'Etat peut lui fournir, qu'il commence un des plus étrange voyage musical. Connu du gouvernement comme le plan d'Etat 14.84 L, Martin et ses compagnons musiciens le nommeront le projet Kosmischer Laufer.  

Les onze années à venir, Martin les passera à Berlin et travaillera sous la surveillance constante des agents du gouvernement. Il a créé des heures de musique, mélangeant les instruments traditionnels du rock avec des synthétiseurs, des boites à rythmes et des boucles rudimentaires. Ses productions se composent de sons pour accompagner les coureurs à différents rythmes, pour les échauffements ou encore servant de musique d'ambiance pour les gymnastes pendant les entraînements ainsi que des morceaux destinés aux numéros de gymnastique artistique. 

Cette sélection (1975-77) correspond à un entrainement permettant de compléter cinq kilomètres à cent cinquante-six BPM. Elle comprend aussi trois minutes pour les d'échauffements et les étirements. Les titres des chansons sont ceux utilisés par Martin dans son studio à cette époque.

Il est temps de courir ! 

mardi 5 avril 2016

Chronique : The Gun Club ~ Miami (1982)


Picture, cover, image, photo, album, punk, post punk, new wave, musique, rock,
Music On Vinyl

Playlist : 1- Carry Home / 2- Like Calling Up Thunder / 3- Brother And Sister / 4- Run Trought The Jungle / 5- Devil In The Wood / 6- Texas Serenade / 7- Watermelon Man / 8- Bad Indian / 9- John Hardy / 10- Fire of Love / 11- Sleeping In Blood City / 12- Mother Of Earth

Original et flamboyant, c'est au tour de l'album Miami du groupe The Gun Club d’être passé en revue dans une nouvelle chronique.  


One Way Or Another.


 Dans ce nouveau millénaire, il y a les récentes rééditions vinyles qui n'ont comme intérêt que le portefeuille de mieux en mieux garni de ceux qui les produisent et puis il y a les autres. Les attrayantes autant, cette fois, sur un plan financier pour le consommateur que pour la qualité artistique qu'elles proposent. Celles qui remettent sur un même pied d'égalité des artistes quelques peu oubliés dans le grand business qu'est devenu/qu'a toujours été la musique. Malgré une discographie conséquente, The Gun Club, qui seront co-produits par le célèbre label parisien New Rose, en plus de disposer des droits pour l'Europe et l'Asie, n'aura, à n'en pas douter, jamais trouvé le moyen d'être assez vendeur. Ignoré du grand public, adulé par le reste, ce groupe de son vivant ne connaîtra pas le succès qu'il aurait pu/dû mériter à la parution de son deuxième album intitulé Miami, paru sur Animal Records, en mille neuf cent quatre-vingt-deux et c'est bien dommage.

mardi 22 mars 2016

Wax Digger Reviews Selecta #07: Rub-A-Dub.



cover, image, picture, reggae, dub, jamaica, jamaique, plan, artistes, musique, sound synstem
Selecta : Rub-A-Dub.





Dubplate and co. 


 Etant, du moins je l’espère, doté de lucidité, je suis parfaitement au courant. Le terme dub évoque à tous ceux qui n'ont pas fait de cette musique un mode de vie, l'été et sa moiteur traditionnelle. C'est vrai, je le confesse je suis légèrement en avance sur le programme. Pour ma défense, je soutiendrai non sans une certaine simplicité, qu'il s'agit du même principe que pour un régime, ceux qui souhaitent briller sur une plage surpeuplée de superficialité n'attendrons pas le dernier moment pour perdre quelques kilos jugés superflus. Et puisque dans une dizaine d'années, à peine, nous serons de ce côté-ci du monde en Provence-Alpes-Jamaica, autant s'habituer à la précocité météorologique.

mardi 8 mars 2016

Lettre ouverte à... Audioslave (2002)


Wax Digger Reviews, album, cover, pochette, image, ratm, rage against the machine, song, chansons, disque, rock, metal
Epic/Interscope


Le concept de Lettre ouverte à... est aussi simple que simpliste. Ce billet d'humeur, plus ou moins proche d'une chronique, me permettra d'invectiver, non sans parfois une touche d'amour-haine, directement un artiste, un album ou un phénomène musical. Pour cette première, c'est au groupe Audioslave de bénéficier d'une objectivité toute subjective. 


Playlist : 1- Cochise / 2- Show Me How To Live / 3- Gasoline / 4- What You Are / 5- Like A Stone / 6- Set It Off / 7- Shadow On The Sun / 8- I Am The Highway / 9- Exploder / 10- Hypnotize / 11- Bring Em Back Alive / 12- Light My Way / 13- Getaway Car / 14- The Last Remaining Light


Chris CornellTim CommerfordBrad WilkTom Morello.


 Quatorze ans, c'est long. Deux fois sept années, c'est donc ce laps de temps qu'il m'aura fallu attendre pour vous le dire, à vous, directement. Depuis une chronique alléchante en deux mille deux sur votre premier album dans un journal spécialisé, dont j'ai oublié le nom, j'ai sur le cœur une chose que je dois exprimer et tant pis s'il est trop tard. Je me le dois car sinon je resterais aussi hypocrite que ce truc dont vous êtes les géniteurs. A la vue de ces mots, que vous ne lirez, avec certitude, jamais, je sais quelle est votre pensée prioritaire à vous autres responsables de cette ignominie. Vous vous en foutez, après tout c'est normal, je ne dois pas être le premier inconnu à transmettre ce message. Mais surtout vous trépignez d'envie de me balancer avec aplomb que certaines personnes ont aimé cette merde et que par conséquent votre honneur est sauf, sans oublier que du coup le boulot a été effectué en bonne et due forme. On se contente de ce qu'on a, comme je vous comprends. Puisque vous êtes si sûrs de vous, veuillez me laisser à présent développer mon propos sans m'interrompre à aucun moment par vos réflexions insidieuses.

mardi 23 février 2016

Chronique : Swap ~ SWLTD03 (2016)


electro, deep, house, nice, label, nicois, couverture, photo, minimal, techno, Rdj, Ghini-B, artistes
Swap


Playlist : A1 Projekt:AM - Blow / A2 Redj - Syncopal Appointement / B1 Ghini-B - Iulie / B2 PerceiverReceiver - AlternativeTransmission

Decks, un des plus gros vendeurs de musique electronique en ligne, nous informe que cette chronique sera à base de Minimal, House, Dub House. Le syndicat des étiquettes va une nouvelle fois me sermonner mais tant pis, on s'en fout. C'est avant tout une nouvelle sortie du label Swap et c'est bien la seule chose qui compte. 


Welcome my son, welcome to the Machine.


 Les apparences sont parfois...souvent...trompeuses. Les exactitudes fluctuent selon des jugements et les fantaisies qui nous appartiennent. SWLTD03, fraîchement sorti en février, représenté par son macaron, simple mais classe, suggère qu'une fois encore nous allons prendre les commandes d'un submersible biplace. C'est une excellente nouvelle puisque lorsque la deep éclaire de son génie incandescent la musique électronique, un moment passionnant se préfigure. Étendu de tout son long, l'apnéiste de par sa posture semble nous signifier que la zone est sous sa protection. Mieux, on comprendra assez vite qu'il n'est présent que dans l'optique d'ouvrir à ses hôtes une voie somptueuse vers un psychédélique voyage subaquatique. Au travers d'hublots un peu ternis par de microscopiques algues, il sera le guide nécessaire afin que l’expérience proposée se passe avec l'acuité que nous sommes en droit d'attendre en de pareilles circonstances. Qu'elles soient visuelles ou auditives, ce rond central nous décoche instantanément des images familières. C'est simple, à sa vue, des sonorités clairement identifiables sont déjà montées au cerveau et le subconscient intègre sans efforts toutes les sensations harmonieuses qui leurs sont liées. Simple, effectivement, mais si tout ceci n'était qu'un trompe œil ? Et si les choses étaient volontairement plus complexes ? En guise de profondeurs bleutées, ce sont, en ce qui me concerne, des bâtiments industriels qui extorquent le premier rôle sur le dernier arrivé du catalogue de Swap. Derrière les briques rouges quelques rares machines vieillies par le temps s'abritent du monde extérieur. Éraillées à coup sûr mais suffisamment auto-alimentées en huile de moteur pour produire un ultime testament sonore. Un baroud d'honneur aux allures steampunk pourrait-on dire. Si les pieds sont au sec, alors c'est qu'en toute logique le bathyscaphe est en chantier. Il est donc aisé - subjectif surtout - de voir en ce SWLTD03 une espèce de préquelle inattendue, du moins sur sa première partie. Voulu ou plus certainement supposé par moi-même, ce retour en arrière dévoile la construction de ce que deviendra l'engin de toutes nos attentions : le Swaptilus.

mardi 9 février 2016

Enregistrer ses vinyles sur un PC à l'aide d'une table de mixage.


image, photo, picture, enregistrement, table de mixage, pc, ordinateur, cable, xone
Allen&Heath - Xone 92


Sous ses airs de tutoriel, c'est plutôt un article voulu le plus simple possible. Lorsque j'ai voulu enregistrer mes selecta il y a quelques années, je me suis retrouvé à explorer des dizaines de sites expliquant la marche à suivre sans que je trouve dans aucun d'entre eux des réponses à la fois claires et précises. Maintenant que j'ai pas mal d'éléments en main, je vais tenter de vous l'expliquer afin d'encoder des vinyles sur un pc sans (trop) de prises de tête. 

Avant toute autre chose, je ne traiterai pas ici des différents problèmes que l'on peut rencontrer car ça serait trop vague tant il y a de cas particuliers. Il existe des tas de sites approfondissant les divers soucis inhérent à ce genre d'installation. Comme logiciel, Audacity, gratuit, est le plus couramment utilisé. 

Premièrement, si vous disposez d'une platine vinyle USB, cet article ne vous concerne pas. Branchez le câble au PC et tout ira logiquement bien. Bon je ne peux garantir du résultat sonore. De même si votre ampli dispose d'une sortie REC il vaut mieux tester ce branchement plutôt que d'investir dans une table. 

 Si notre problématique de départ est claire, je vais tout de même prendre quelques secondes pour expliquer les différents types d’intérêts à posséder une table de mixage. A aucun moment je ne conseillerai une marque et encore moins un modèle, c'est à vous de vous renseigner plus précisément sur les innombrables produits que l'on trouve sur le marché. C'est fastidieux, je le sais bien.

 Au même titre qu'une platine vinyle ou qu'un ampli, il est important de définir le type d'usage que l'on souhaite. Si vous voulez devenir DJ, vous n'aurez de toute façon pas d'autres choix que d'investir dans une table de mixage. Si votre nouvelle envie n'est pas qu'une simple lubie alors autant prendre un modèle haut de gamme. Cela évitera de devoir repasser à la caisse plus tard faute à un modèle limité dans ses réglages.

Si pour écouter des disques une table de mixage ne sera absolument pas nécessaire, elle peut néanmoins servir à améliorer la qualité sonore de votre installation. En cas de problème de masse, il peut être aussi ingénieux d'en acquérir une plutôt que de tout changer. Et puisque elle permet, entre autres, de modifier les aiguës, les médiums et les basses, en avoir une même pour une simple écoute peut être une bonne idée. Bref encore une fois tout dépendra de vos besoins, de vos envies et du budget alloué. A ce propos, la fourchette de prix se situe entre une trentaine et plusieurs milliers d'euros.

 Il est important de noter qu'il y a plusieurs façons d'arriver à son but : celui d'enregistrer vos vinyles. Il y a des manières recommandées, d'autres moins. La décision finale vous appartient. Le mieux reste encore et toujours de se rendre directement dans un magasin spécialisé afin d'avoir des renseignements fiables.

mardi 26 janvier 2016

Wax Digger Reviews Express #07: AC/DC, Big Star, Neil Young.


cover, picture, disque, vinyle, image, photos, rock, metal
WDR Express #07


Trois groupes/artistes qui font partie des héros d'adolescence. Trois courtes chroniques pour un Wax Digger Reviews Express #07 rendant hommage à des albums détenant force, vitalité et beauté.


AC/DC ~ Back In Black (1980)

Playlist : 1- Hells Bells / 2- Shoot To Thrill / 3- What Do You Do For Money Honey / 4- Given The Dog A Bone / 5- Let Me Put My Love Intro You / 6- Back In Black / 7- You Shook Me All Night Long / 8- Have A Drink On Me / 9- Shake A Leg / 10- Rock And Roll Ain't Noise Pollution

Rock'n'Roll is just Rock'n'Roll. 


rock, heavy, vinyle, album, hard, cover, picture, pochette, image, australiens, angus young, bon scott, chronique
Atlantic
 Doit-on encore présenter ce monument auditif ? J'entends déjà les râleurs, les grincheux. Ceux qui soutiendront sans sourciller qu'il existe mieux dans la discographie des australiens, Ceux qui grommelleront qu'il est trop mainstream puisqu'il serait le deuxième album le plus vendu de tous les temps. C'est vrai, la réputation de Back In Black n'est plus à faire. Moi-même, quand je vois son nom dans ma vinylothèque, je n'éprouve  pas l'envie de l'écouter. Un sentiment de l'avoir trop fait par le passé. Sans aucunement regretter sa présence, je me persuadais à tort que mes souvenirs suffisaient. Eh bien non ! après l'avoir réentendu ils ne suffisent pas ! Ce vinyle ne perdra jamais de sa superbe, de sa vitalité et de sa violence guitaristique.
Sorti le vingt-cinq juillet mille neuf cent quatre-vingt et enregistré au Electric Lady Studios à New-York ainsi qu'au Compass Point Studios aux Bahamas, Back In Black fait partie des disques inlassables. Le long tintement de cloche ouvrant les hostilités est la garantie de passer une quarantaine de minutes en bonne compagnie.

 Si j'adore cet opus c'est qu'au-delà de ses qualités il renvoie à des souvenirs de jeunesse. C'est l'album que l'on découvre adolescent et qui donne envie d'aimer le folklore lié au rock. Il ne propose pas de temps mort, les mélodies virevoltent à n'en plus finir. Phil Rudd tape sa batterie sans se ménager tandis que tous les autres s'affairent à sortir des accords devenus inoubliables. Bien sûr il propose des moments plus calmes mais l'énergie reste de mise. Je n'irais pas jusqu'à dire que chaque composition est un tube mais des chansons incroyables cet album en déborde, c'est une certitude. Chacune dans leur genre, d'un hard rock acéré à un blues couillu, les compositions apportent du grain à moudre afin de maintenir un ensemble à la cohérence parfaite. Je suis loin d'être un spécialiste du groupe, et encore moins de sa discographie, quoiqu'il en soit en ce qui me concerne ce disque est le firmament de leur art. Hells Bells, Shoot To Thrill, Let Me Put My Love Into You, Back In Black, You Shook Me All Night Long, Have A Drink On Me, Shake A Leg sont autant d'hymnes fougueux pour toute une génération. Pour les quelques réfractaires je suis persuadé qu'en lui donnant une réelle chance ils apprécieront ces titres endiablés comme il se doit.

 Septième albums du groupe, premier avec un Brian Jonshon déchaîné au chant, AC/DC a mis une claque à l'humanité en sortant Back in Black. N'écoutez pas la petite voix qui prétend que vous l'avez trop entendu car elle dit de grosses conneries. Il a en lui le secret des choses réussies, il est percutant et garde son naturel. Cet hommage posthume à l'attention de Bon Scott est toujours un succès.

mardi 19 janvier 2016

Chronique : Montage of Heck, est-il vraiment à chier ? (DVD,LP, 2014)


DVD, Cover, Image, Kurt Cobain, Grunge, Marander, picture, film, photo, Nirvana, Seattle, Docu.
Montage of Heck

La critique est aisée mais l'art est difficile, paraît-il. Le talent de Brett Morgen est ici invisible, alors critiquons le sans gênes. 


Killed by Death.


 " A fond la forme " serait un bon slogan pour ce début deux mille seize. J'étoufferai les différents problèmes liés au sucre que l'on peut rencontrer au cours d'une vie et je m’épancherai plutôt, comme tout l'univers avant moi, sur l’attristant décès de ce cher Lemmy. A cette occasion je lui souhaite de s'être drapé de son plus beau costume militaire recouvert de toutes ses médailles du mérite, il y a droit plus que quiconque. Ah, n'oublions pas celui de David, la semaine suivante. Sale temps pour les fans de musique, heureusement les biographes précautionneux avaient tout préparés depuis quatre décennies. Aucun débat mondain pour savoir quelle est la disparition la plus cruelle, tragique, pour le monde du rock mais pour ma part une seule de ces deux légendes éternelles reçoit le titre honorifique de génie révolutionnant l'art et son histoire. Pour ceux qui en douteraient, attention y a un piège. M'enfin, à soixante-dix ans chacun, en ayant connu, abusé et surtout survécu aux meilleures années du siècle dernier, ce n'est qu'un juste retour des choses. D'ici huit ans tous les gardiens du temple auront disparu, il faut s'y faire. Quoiqu'Iggy serait capable de finir centenaire juste pour me contredire, quand bien même l'absence d'une grande partie de ses compagnons de route doive désormais lui peser avec force. N'aimant, en large majorité, que des musiciens disparus, au moins de la circulation, la mort logique d'une de ces icônes ne m'affecte pas. Après tout leurs meilleures créations, disons les plus inspirantes, sont loin derrière eux depuis un long moment. En revanche, je n'ai pas hâte que l'Iguane de Détroit nous quitte. Malheureusement c'est mathématique et ce jour-là j'y serai à coup sûr sensible. Puis, comme il se doit, je m'agenouillerai lorsque Neil Young nous laissera. Bon comme nous sommes dans les avis de décès, il y a aussi Michel... Mais on comprendra pour des raisons axiomatiques que cette annonce me laisse sans état d'âme. Bref, puisque ce début d'année se passe mal pour toutes ces raisons et tant d'autres autant éviter de prendre des résolutions que l'on sait intenables. Mieux, revenons en arrière afin de réduire à néant les vœux anciens. Je ne parle pas du souhait de perdre du poids, encore moins d’arrêter de fumer. Pas même de sourire un peu plus mais je fais bien sûr allusion aux convictions auxquelles on croit dur comme fer. Par exemple dès l'annonce de sa fabrication je m'étais juré de ne jamais regarder Montage of Heck car bien trop conscient de ce que j'y trouverai. Un concours de circonstances doublé d'un ennui nocturne et profond auront suffit un soir de décembre à atomiser mes sincères promesses.