samedi 28 novembre 2015

Chronique : Joseph ~ Stoned Age Man (1970)


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Scepter Records


Playlist : 1- Trick Bag / 2- I Ain't Fattenin' No More Frogs For Snakes / 3- Cold Biscuits And Fish Heads / 4- Stone Age Man / 5- I'm Gonna Build A Mountain / 6- Mojo Gumbo / 7- The House Of The Rising Sun / 8- Gotta Get Away / 9- Come The Sun Tomorrow 

Seul enregistrement d'un énigmatique songwriter, Stoned Age Man est sans conteste ma découverte musicale la plus palpitante de l'année deux mille quinze. Plutôt pas mal pour un disque sorti il y a quarante-cinq ans.  


Moi, je me déguise en homme pour n'être rien. 


 Avant d'entamer la grande, expédions la petite histoire égocentrique en quelques mots. Cela faisait de longs mois que je n'avais pas écouté de psyché en dehors de quelques bribes éphémères. C'est souvent le problème quand on a abusé d'une chose, on atteint, sans trop la voir venir, une overdose irrépressible. Pourtant je le sais, des grands classiques, aux airs dilués dans différents genres et sous-genres, ces sonorités cérébrales me chaperonneront jusqu'à la fin. Et si un hypothétique au-delà existe alors pourvu qu'elles me rejoignent car elles font partie de mon âme. C'est mon truc. Mais là encore, le souci quand c'est notre truc, c'est qu'avec les années qui défilent on devient exigeant. On se met, c'est bêtement humain, à faire la fine bouche. On cherche encore et toujours une nouveauté tout en sachant pertinemment qu'elle ne le sera pas. On fouille au petit bonheur la chance afin de débusquer des mélodies qui nous animent comme au premier jour de l'illumination. Ce phénomène peut-être mis en parallèle avec le besoin journalier du junkie qui se shoote avec pour unique espoir de revivre le flash, violent, intense, agréable, que l’héroïne lui aura procuré lors d'une première prise. Une fois, pas deux, sachez-le. A l'inverse, la musique, et c'est à ce moment précis qu'intervient son véritable pouvoir, n'a aucunes limites, elle ne s’arrête jamais de subsister. Des albums inconnus, on en découvre chaque jour qui passe dans une lenteur démesurée.
Jusqu'à peu j'ignorais l'existence de Joseph, depuis que je le connais cette idée me paraît impensable. Désormais, entre lui et moi, il s'est développé un lien quasi mystique. Il n'aura suffit, à l'instar de l'archétype du drogué décrit plus haut, que d'une écoute pour que je me sente à l'aise à l’intérieur de son cerveau dérangé et dans ses pensées intimes qu'il se sera évertué à mettre sur bande. Oh bien sûr, et nous y reviendrons, cela s'explique aisément par le fait qu'après tout il n'a rien inventé. Si habituellement être parmi les premiers est une composante essentielle à la critique d'une oeuvre, ici, pour être honnête, ça n'a pas d'importance. Stoned Age Man est une fabrique à hits psychédéliques mais bien plus encore; il est à n'en pas douter une Masterpiece que tout passionné se doit de connaître voire de détenir dans sa collection.

lundi 9 novembre 2015

Chronique : Kid Loco ~ A Grand Love Story (1997)


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Yellow Production


Playlist : 1- A Grand Love Theme / 2- Relaxin' With Cherry / 3- Love Me Sweet / 4- The Bootleggers / 5- Calling Aventura King / 6- Sister Curare / 7- She's My Lover (A Song For R) / 8- She Wolf Daydreaming / 9- Alone Again So / 10- Cosmic Supernatural

Ancien adepte de la violence sonore, Jean-Yves Prieur alias Kid Loco sort un premier album magistral en mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept chez Yellow Production.


Here shes comes now.


 Évidence noyée dans une mer d'évidences. Spécifique à certaines émotions momentanées, nous choisissons sempiternellement selon nos humeurs telles ou telles choses à voir et, par-dessus tout, à entendre. Et puis, il y a A Grand Love Story. Ce n'est peut être qu'une illusoire impression personnelle mais ce vinyle ne se range pas dans un lambda tiroir à sentiment. En effet, je sais oui, avec un intitulé pareil il est vrai que le thème amoureux lui colle à la peau avec élégance et du reste, sans originalité aucune, cette chronique sera consacrée dans ses grandes lignes à l'amour. A toutes les amours. Ceux qui naissent souriants, ceux qui grandissent confiants, ceux qui finissent meurtris. Les histoires d'amour finissent bien en général sauf pour ceux qui ne sont vraiment pas faits pour ça; il est fort à parier qu'ils sont nombreux. Les romances durent pour les plus doués tandis que pour les autres elles s’évaporent dans l'air plus vite qu''un papier de cigarette enflammé. Injustice navrante, iniquité concrète. Mais puisque nous ne sommes pas devins, nous ne pouvons savoir ce que l'avenir nous réserve, et puisque nous ne sommes - pas encore - morts, il se peut que nous ayons une bonne surprise à l'arrivée. Si elle n'a pas disparue, l’espérance s'en contentera autant qu'elle le peut.
Je n'apprendrais rien à personne, l'amitié est une forme sous-jacente d'amour. Il devient donc légitime que cet album puisse s'écouter en bonne et due forme dans ces conditions, bien détaché des considérations purement physiques. Il s'accorde à toute heure, à toute météo, à toute saison. Ici et maintenant. Partout et nulle part, tant que l'on n'exige pas de lui, comme le suggère sa pochette, violence et brutalité. C'est une suite de chansons d'où coule sans interruption une bienveillance des plus subtiles. A la vue de ces premiers mots on peut craindre une soupe dégueulasse mais que les nouveaux arrivants anti-niaiserie se rassurent. Ce n'est pas le genre de la maison, ni la sienne ni la mienne. Son géniteur n'est pas n'importe qui dans le paysage auditif et c'est ce que nous allons approfondir sans plus attendre.