mercredi 16 septembre 2015

Chronique : Dylan And The Dead (1989)


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Columbia


Playlist : 1- Slow Train / 2- I Want You / 3- Gotta Serve Somebody / 4- Queen Jane Approximately / 5- Joey / 6- All Along The Watchtower / 7- Knockin' On Heaven's Door

Quand on n'aime ni Bob Dylan ni Grateful Dead, tout n'est pas perdu, la preuve tout de suite. 

 Afin de débuter cette chronique du mois de Septembre, je me dois de révéler une affirmation qui pourrait, pourquoi pas, emprunter les traits d'une repentance. A dire vrai, ce n'est pas une mais deux confessions qui, cette fois j'en suis sûr, ont la capacité de m'attirer les foudres accusatrices de nombreux inconditionnels. Alors voilà, je me lance : je ne suis pas un fanatique de la discographie de Bob Dylan. J'en suis loin même car elle me laisse froid, sans vie. Ce n'est pas faute pourtant d'avoir, avec une conscience exacerbée, souvent essayé mais en dehors de son Desire que je trouve sympathique, le reste n'est pas fait pour moi. Lui reconnaître tout le talent qu'on lui prête ainsi que son influence essentielle à travers les âges ne me gêne pas. Après tout, prétendre le contraire serait de la mauvaise foi puisque l'on est pas autant encensé s'il n'y a que du néant. Quoique... Non restons sérieux, il serait malvenu de dénigrer son rôle direct ou indirect dans toutes les formes de contre culture que l'on retrouve encore de nos jours. Par contre, si on s’arrête à sa musique, j'ai effectivement beaucoup de mal à comprendre pourquoi on le place si haut dans l'organigramme musical. Ce n'est qu'un type faisant du folk, possédant une voix désagréable et muni d'une arrogance sans limite, preuve sans nul doute d'un esprit brillantissime. Avant que l'on ne me jette des pierres pour de tels raccourcis, je tiens à souligner que c'est volontaire, son succès s'explique de bien des manières.

 Ma deuxième révélation du mois suit le parfait sillage de la première. Mais là je prendrais moins de pincette alors disons sans détour que je n'apprécie pas le groupe Grateful Dead même si je les tolère beaucoup plus que le chant agaçant de Dylan. Je vais faire court mais, là encore, ce groupe n'a jamais fait partie de mes coups de cœur. Pour les années soixante je considère en globalité leurs mélodies trop simplettes, trop gnangnan et pas assez planantes si ce n'est quelques passages trop rares à mon goût. Il manque quelque chose et c'est dommage, surtout quand on sait les kilos de drogues que chaque membre arrivait à s'enfiler. Ce qui me fait dire que c'était du gâchis.
Cette introduction à base d'aveux désormais publiée dans le marbre irrésolu d'internet, il demeure néanmoins une question cruciale. Pourquoi mettre en lumière un disque qui réunit deux entités que je n'aime semble-t'il pas à leur juste valeur ? La réponse ne peut être rationnelle. Elle ne tient qu'à une réelle alchimie difficilement explicable, telle une analogie à la vie humaine. C'est une magie de l'instant présent et des rencontres profitables. Une fois mis ensemble tous ces musiciens prennent une ampleur insoupçonnée. Eux et leur musique changent de sphère pour en devenir, un court moment, incroyable.

 En mille neuf cent quatre-vingt-neuf, le grunge, encore très discret, commence à se dévoiler au travers d'albums qui marqueront au fer rouge une époque. A l'antipode, le metal fm signe ses dernières heures de gloire pas franchement méritées, excepté tous les génériques de films auquel il a pu servir avec facilité. Les vieilles légendes hippies, du moins celles qui bougent encore, chancellent incapables de trouver un troisième souffle. Un mal pour un bien. Le hip-hop gagne petit à petit sa place au soleil mais tout ceci n'est pas le sujet, ne nous éparpillons pas pour une fois. C'est donc au carrefour d'influences diverses et majeures que Columbia en profite pour sortir ce live enregistré deux ans plus tôt. Plus précisément en juillet mille neuf cent quatre-vingt-sept, lors d'une tournée commune.
Sept titres, pas un de plus. Voilà ce qui vous attend de pied ferme derrière cette pochette que nous tous sommes libres de juger médiocre ou excellente. Quant à moi je l'aime bien. Sept c'est peu, surtout quand l'on sait que la première face est sans conteste supérieure en tout point à une deuxième, moins lumineuse, qui contient pourtant deux tubes planétaires. Ce sera d'ailleurs à un Knockin' On Heaven Door connu de toute la voie lactée de tenir le rôle de conclusion. Autant le dire sans tomber dans le faux suspense, ce n'est malheureusement pas la meilleure version qu'il m'ait été donné d'entendre. Tant pis, car avant d'y arriver il faut en passer par un fabuleux Slow Train - écoutable dans cette Selecta #3 en bas de page - d'une pêche ébouriffante. Et ce n'est pas le seul, au contraire. Il y a dans ce disque d'autres trésors psychédéliques. Notre plaisir égoïste, en tout cas le mien, aura de quoi être satisfait quoiqu'en pense le critique du magazine Rolling Stone qui à l'époque n'avait pas été très tendre avec ce vinyle pour une raison qui m'échappe encore.


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Bob Dylan & Gratefuld Dead


 Si toutes les compositions y comprit les paroles sont sans surprises signées Dylan, l'apport du Grateful dans la réorchestration est considérable. Le groove dont ils font preuve ces soirs de concert est exemplaire. Leur jeu est maîtrisé avec rigueur, sans jamais tomber dans la caricature et sans jamais rendre une copie trop propre. Synonyme de bonnes vibrations, les morceaux s'allongent et, signe qui ne trompe pas, le plaisir mutuel entre des musiciens contents d'être là et un public enthousiaste est palpable. Toutes ces choses tendent à rendre le moment encore plus agréable pour nous autres calés comme il se doit dans un canapé confortable. Il n y avait guère de raison d'en douter mais puisque il s'agit d'un live il est capital de mentionner ce celui-ci est retranscrit dans des conditions optimales. A ce propos oubliez ce que propose Youtube le concernant. Les vidéos du live ne rendent absolument pas hommage à la qualité que l'on retrouve ici. Il aurait été d'ailleurs dommageable qu'un Queen Jane Approximately souffre de maltraitances par une technique en deçà du reste. Ce titre joué d'une façon si subtile est un petit moment de rêverie contemplative. On se laisse embarquer, diriger, contrôler par des sonorités qui font la part belle à un flot ininterrompu de guitares cristallines. Splendide d'un bout à l'autre.

 Je vous avais prévenu, les pépites recouvertes d'or fin s’enchaînent. Si vous n'êtes toujours pas convaincus alors c'est que vous n'avez rien d'hippie. Mais une dernière pourrait bien être capable de vous faire changer d'avis. Que dire d'une chanson comme I Want You So Bad, si ce n'est qu'elle est à l'instar de cette face A, à savoir étincelante. Fini le folk démuni de couleurs pastelles, fini les compositions aussi sirupeuses qu'un Tropicana de distributeur automatique. Si rien ne change dans l'absolu, toute surface se transforme. La voix nasillarde du beatnik que j’exècre tant d'habitude, se noie dans un océan de sons et participe à cette beauté musicalement enivrante. Elle est toujours à la limite mais suit une rythmique basse/batterie vertueuse d'efficacité. Boby et Jerry - Garcia, leader des Dead - dès lors qu'ils se tiennent par la main donnent le meilleur de leur talent respectif au service d'une émotion maintenant sans limites. Au point qu'ils donnent presque envie de ressortir nos vieux hauts tie dye de la cave pour peu que l'on ne les ait pas refourgués à la friperie du coin de la rue. Enfin, avec ou sans eux il est certain que les créateurs de mode sans idées et sans talents les proposeront à nouveau dans les rayons d'H&M ou Primark d'ici peu. On peut s'attendre à tout puisqu'ils ont osé les chemises de bûcherons canadiens. Les actions d'eau de Javel vont grimper en flèche dans les prochaines années, profitez du tuyau.

 Tout est dit sur cet objet paradoxal mais une courte phrase aurait pu suffire à en faire un divin résumé : c'est l'absolu disque de brocantes. Celles qui n'existent plus bien sûr, lorsqu'on y trouvait encore des vinyles fantastiques à un prix dérisoire. Autrement dit une période qui remonte avant une mode grotesque. Je ne vous dirais pas que ce sera l'enregistrement le plus important d'une collection mais tout y est agréable. Il est surtout honnête dans ce qu'il propose et dans les sentiments qu'il procure grâce à ses arrangements superbes. Alors si comme moi, un de vos amis n'a pas le bon goût universel d'aimer Bob Dylan ou les Grateful Dead voire les deux mais qu'il aime cette époque, offrez-lui ce disque. Il tirera peut-être la gueule en voyant les noms inscrits dessus mais une fois que les premières notes se seront diffusées dans l'espace il vous en sera reconnaissant, c'est garanti.




2 commentaires:

  1. Dommage qu'on ne trouve pas les morceaux sur le Tube. Ca m'a l'air sympa.

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  2. J'avais ce vinyle, malheureusement il a finit noyé :/ Je serais moins élogieux que cette chronique(bien faites malgré tout) mais la premiere face est énorme !

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