mercredi 29 juillet 2015

Un dimanche, à la Face


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Face - Mamac


A longueur de chroniques, je confie mon impression d'une liberté, autant individuelle que musicale et à tort ou à raison, qui se meurt depuis cinquante ans. Alors pour cet article il était de bon ton de parler d'une soirée qui s'évertue à lui pratiquer un massage cardiaque afin de lui redonner une vigueur temporaire mais bien réelle. 

 Pour en avoir vécu un nombre certain, et si c'est d'une subjectivité totale, un dimanche en Provence à rarement rimé avec occupation extérieure intéressante. A l'heure où les jeunes familles rentrent de leur balade hebdomadaire et où les jeunes, tout court, finissent leur week-end dans l'état qu'ils peuvent, les choix pour s’aérer l'esprit s’avèrent limités pour peu que l'on ne désire pas s'enfermer. Seulement voilà, les mœurs évoluent, les mentalités s'adoucissent. Ce qui était presque impensable pour une ville comme Nice il y a encore une décennie, devient tout à fait possible grâce à la motivation de quelques passionnés. Si ce qui va suivre est bien un coup de cœur, et même si cela progresse, il faut savoir raison garder. Je préfère le préciser tout de suite pour ceux qui n'y habiteraient pas. La capitale Azuréenne n'est pas devenue Berlin et s'il y a beau avoir une réelle émulation électronique nous ne sommes même pas Madchester. Trop ensoleillée, sans doute, pour trouver des prodiges à tous les coins de rue. Nous sommes Nice, après tout ce n'est pas si mal.

mardi 21 juillet 2015

Chronique : Dr. John, The Night Tripper ~ Gris-Gris (1968)


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Atco


Playlist : 1- Gris-Gris Gumbo Ya Ya / 2- Danse Kalinda Ba Doom / 3- Mama Roux / 4- Danse Fambeaux / 5- Croker Courtbullion / 6- Jump Sturdy / 7- I Walk On Guilded Splinters

Premier album du gourou Voodoo, Gris-Gris est disponible à la vente au début de l'année mille neuf cent soixante-huit.  Échec à sa sortie, ce disque obscur trouve un second souffle dans les années quatre-vingt-dix grâce à une nouvelle génération de critiques bien plus ouverts aux expérimentations sonores.


A hit is a Hit.


 Hermétiques au minimalisme étrange passez votre chemin sans l'once d'un regret. Les huit premières secondes approvisionnées d'une guitare blues ne devront en aucun cas provoquer une incertitude neuronale, car il ne servirait à rien d'insister tant Gris-Gris exige de laisser les a priori derrière soi. Vous voilà désormais avertis, ce disque se classe dans la catégorie des sondeurs d'âme. Il jauge plus qu'il ne juge le niveau d'acceptation et l'ouverture d'esprit de tous ceux qui lui feront face. On aime ou on le délaisse, pour peu que l'on soit honnête envers sa culture. Bien sûr, au fil de l'âge, un avis défavorable pourra se transformer en une évaluation positive, cette fois. Et si je le souligne avec importance dans ce début de chronique c'est que de toute évidence ce fut mon cas. Je ne le nie pas, j'aurai mis des années à lui adresser l'attention qu'il mérite. Avant ça, les mélodies inspirées de la musique cadienne ne réussissaient guère à m'émoustiller plus que de raison. Après tout il y a des priorités, Dr. John n'en faisait pas partie. Quand on y est extérieur, son art demande cette fameuse maturité que l'on nous vend à longueur d'article au moindre album un peu trop subtil, sauf qu'ici c'est une réalité à ne pas négliger. Exigeante sans être insurmontable, sa musique n'est surtout pas destinée à tourner en arrière-fond sur un bruit de bla-bla sociétal. Tout d'abord ce ne serait pas lui rendre justice mais, plus important encore, dans ces conditions elle prendra le risque d’agacer et de lasser vos convives. C'est un plaisir intimiste. Comme chaque objet possédant une sincérité d'âme, il faut en retour déposer au pied de son autel la part de tendresse que nous sommes prêts à lui accorder. Et si notre implication est à la hauteur de ses espérances nous en serons alors considérés dignes et ainsi libres de pouvoir s'immerger dans sa poisseuse substance, synonyme de profondeur insoupçonnée.