mardi 5 mai 2015

Wax Digger Reviews Express #04 : Easy Star ~ Led Zeppelin.


cover, image, picture, photo, vinyle, disque, rasta, jamaique
WDR Express #04


 Et si les Beatles et les Pink Floyd avaient été jamaïcains ? Easy Star répond à une question que personne ne s'était encore posée et nous offre sur un plateau fruité deux albums cultes en version reggae. Il ne manquait alors plus que Led Zeppelintroisième composant d'un majestueux trident britannique, pour clore ce WDRE saveur Worcestershire. 


Easy Star All-Stars - Dub Side Of The Moon (2003)


Playlist : 1- Speak To Me / 2- On The Run / 3- Time / 4- The Great Gig In The Sky / 5- Money / 6- Us And Them / 7- Any Colour You Like/ 8- Brain Damage / 9- Eclipse


Quand une formation dotée d'une dizaine d’éléments doués se met en tête de reprendre des albums illustres, ça ne peut donner qu'un mélange très agréable.


Wax Digger Reviews, Album, Disque, Vinyle, Vinyl, picture, Pochette photo, pics, Cover, instagram, image, Reggae, New York
Easy Star Records
 Comme le veut cette rubrique faisons court et mentionnons sans trop de détails que le Easy Star All-Stars est un collectif Reggae / Dub / Ska /Jazz basé à New-York. Ce groupe de joyeux drilles comprend un noyau dur mais fait appel selon les rencontres et le besoin à de nombreux artistes connus ou plus confidentiels. 
Pour l'heure, trois albums notoires ont été choisi pour illustrer ce concept et on ne peut pas dire qu'ils ne s'attaquent pas à des monuments de la culture populaire : Dark Side Of The Moon des Pink Floyd, le Sgt Peppers des Beatles et Ok Computer de Radiohead, oui rien que ça.

 En 2003 la formation new-yorkaise débute son projet et jette son dévolu sur les Floyd. De cet essai concluant sort Dub Side Of The Moon. Le choix d'un tel disque est aussi facile que casse-gueule. Bien entendu, se servir du disque le plus connu de la discographie des britanniques favorise les chances que l'on parle de vous, ratez-le et vous aurez de nombreuses personnes irascibles à dos. Que les fans soient rassurés, la musique, du moins la rythmique, reste la plupart du temps fidèle à l'oeuvre originale et ne s'autorise qu'à de rares moments une escapade mesurée hors des sentiers battus. Pour un peu de folie il faudra voir du côté des paroles pour y trouver des improvisations pas toujours inspirées mais ne boudons pas notre plaisir car là n'est pas ce qui compte. Et puis il faut reconnaître que le grand tour de force des Easy Star est de nous faire oublier que ces impros n’étaient pas là à l'origine. Ils arrivent à rendre la chose naturelle comme dans le morceau Time largement agrémenté de fantaisies parolistiques.

 S'il est à première vue plus dansant que celui dont il s'inspire, il aurait été impossible pour Dub Side Of The Moon de faire l'impasse sur des morceaux nettement plus planants. The Great Gig In The Sky, Us And Them et bien d'autres bénéficient d'un formidable travail de réarrangement et procurent cette sensation délicieuse de découvrir une nouvelle perception tout en restant dans le confort bienveillant d'un air que l'on a mille fois entendu. Le morceau le plus célèbre des Pink Floyd, Money, démontre bien ce phénomène. La caisse enregistreuse du début est tout bêtement remplacée par un bruit de pipe à eau. Une idée simple mais qui s'adapte parfaitement à cette nouvelle ambiance.

 Il fallait tout de même oser, car si ce n'est ni la première ni la dernière fois que des musiciens tentent de reprendre les classiques des Floyd avec plus ou moins de sérieux, beaucoup se sont vautré lamentablement. Les new-yorkais eux, en prenant le parti d'une libre mais fidèle adaptation, ont relevé le défi haut la main . De Dub Side Of The Moon, comme pour tous les disques à suivre, se dégagent un profond amour et un respect immense pour la musique qu'ils reprennent. Si on y additionne leur talent respectif et les petites idées simplistes mais cruciales, cela donne à un album pourtant écouté cent mille fois une nouvelle fraîcheur. A mettre un soir d'été, devant un soleil couchant, pour être totalement transporté. Il faudrait réellement être un fan pointilleux de l'original ou être allergique à la musique de la Jamaïque - surtout être de mauvaise foi - pour ne pas l'apprécier comme il se doit.


Easy Star All-Stars - Easy Star's Loney Hearts Dub Band (2009)


Playlist : 1- Sgt Pepper's Lonely Heart Club Band / 2- With A Little Help For My Friends / 3- Lucy In The Sky With Diamonds / 4- Getting Better / 5- Fixing A Hole / 6- She's Leaving Home / 7- Being For The Benefit Of Mr Kite / 8- Withing You Without You / 9- When I'am Sixty-Four / 10- Lovely Rita /11- Good Morning Good Morning / 12- Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise)  / 13- A Day In Life


 En 2009 cette fois, le label Easy Star Records s'attaque aux Beatles avec le cultissime Sgt Peppers.

Wax Digger Reviews, Album, Disque, Vinyle, Vinyl, picture, Pochette photo, pics, Cover, instagram, image, Reggae
Easy Star Records
 Pour ce troisième opus nous pouvons compter désormais sur la présence appréciée d'artistes mondialement reconnus tels que U RoyMax RomeoSugar MinottMighty Diamonds... Pas de temps à perdre avec un faux suspens, le Easy Star reprend à la perfection l'album des Beatles. L'alliance réussie entre l'univers de la pop anglaise et le groove jamaïcain provoque un sourire béat d'excitation. Tout y sonne à merveille, avec une mention particulière pour les lignes de basses, mais tous les instruments présents ne dénaturent à aucun moment l'esprit qui les anime. Un gros boulot de production a été fourni et démontre, une nouvelle fois, l'attachement de ces artistes pour les Fab Four et pour ceux qu'ils reprennent.

 Encore pris au jeu, on se laisse bercer par des arrangements sélectionnés avec minutie. A tel point que le titre, Fixing A Hole, aurait pu sans problème être écrit par un ténor du reggae et devenir un classique souverain du genre. Nombreuses sont les savoureuses reprises sur ce Easy Star's Lonely Hearts Dub Band à pouvoir prétendre à un tel compliment. Malheureusement, tout n'est pas une réussite à l'exemple de Being For The Benefit Of Mr Kite, légèrement en dessous des productions habituelles du label. Faute à une interprétation et une improvisation pour ma part complètement ratées. A l'inverse, Within You Without You nous emporte, nous transporte comme l'originale dans des contrées proches de l'Inde. Je ne me lasse pas de cette superbe adaptation qui nous suscite un long voyage introspectif entre Kingston et Katmandou. Sans surprise, tout se finit d'une bien belle façon grâce à A Day In The Life, aussi grandiose que celle des Beatles.

 Une chronique plus courte j'en conviens mais je ne vais pas redire à quel point je trouve ce concept plaisant. Vous l'aurez sans doute deviné par vous-mêmes, que l'on soit fan ou non des groupes repris par le Easy Star, on se doit d'écouter au moins une fois dans sa vie ces cover d'une richesse plus incroyable qu'il n'y parait. A posséder les yeux fermés.
A noter que la version vinyle d' Easy Star's Lonely Hearts Dub Band est vendue avec un 45 tours en bonus comprenant les titres A Little Dub With My Friends et Fixing A Dub. J'en profite également pour souligner que si vous avez apprécié ce disque, nul doute que la compilation Trojan Box Set Tribute Beatles de Trojan Record vous comblera à son tour.


Led Zeppelin - Coda (1982) 


Playlist Vinyle : 1- We're Gonna Groove / 2- Poor Tom / 3- I Can't Quit You Baby / 4- Walter's Walk / 5- Ozone Baby / 6- Darlene / 7- Bonzo's Montreux / 8- Wearing And Tearing


Environ deux ans après la mort de John Bonham, batteur des légendaires Led Zeppelin, le groupe réunit sur ce dernier album des morceaux inédits provenant de chutes de l'album In Trought The Out Door, ainsi que des titres live, afin de produire Coda.

Wax Digger Reviews, Album, Disque, Vinyle, Vinyl, picture, Pochette photo, pics, Cover, instagram, image, Hard Rock, Page
Swan Song Records
 La formation britannique, suite à la mort accidentelle de Bonham retrouvé dans son vomi après une cuite trop corsée, se sépare logiquement en 1980. Les maisons de disque n'ayant que faire d'un destin parfois tragique presse le groupe d'honorer le contrat signé en bonne et due forme. D'une façon ou d'une autre Led Zep doit sortir un album. Jimmy Page s'isole alors en studio et gratte les fonds de tiroirs afin de sortir les huit titres de Coda.

 We're Gonna Groove, une reprise de Ben E. King qui ouvrait dans les années 70 de nombreux concerts des Led Zeppelin, sert d'introduction. Il s'agit d'une version enregistrée au Royal Albert Hall et comme souvent avec ce groupe en live c'est du tout bon. La deuxième chanson, Poor Tom, aurait du figurer sur l'album Led Zeppelin III pour ne finalement pas être retenue faute de place. Ce n'est pas un mal car malgré le fait que ce soit un un titre sympathique il peine à convaincre.
Second liveI Can't Quit You Baby, que l'on connaît déjà pour figurer sur le premier opus du groupe, bénéficie d'une interprétation époustouflante, lumineuse, lourde. La formidable machine qu'était jadis le groupe en concert se retrouve sur ce morceau envoûtant. Qu'on se le dise, Coda mérite d’être acheté pour cette composition. Pour l'occasion, Jimmy Page retrouve dans ses cartons l'instrumental Walter's Walk, fait en 1972. Dix ans plus tard, il y ajoute des paroles... Voilà comment faire du neuf avec du vieux.

 Les deux productions suivantes proviennent des sessions de l'album In Trought The Out DoorNous avons donc Ozone Baby donnant une autre vision d'un groupe qui nous apparaît bien plus enjoué. Cette chanson ne restera pas dans l'inconscient lors de l'évocation du groupe mais s’avère plutôt bonne dans son énergie. Puis vient Darlene, créditée par les quatre membres du groupe et qui ne fut jamais jouée en live.. là encore, on aura connu le groupe plus en forme mais pourtant cette chanson est entraînante, bien exécutée et passe avec sérénité la frontière de nos avis critiques.
Comment rendre hommage à un mec mort dans son vomi ? Difficile mais pas impossible, Jimmy Page tentera de faire oublier ce détail en publiant Bonzo's Montreux - Bonzo étant le surnom de Bonham. Ce solo de batterie date de l'enregistrement de l'album Presence et je suis au regret de dire qu'il est de mauvais goût ! Je ne sais pas si Page pouvait choisir plus mauvais hommage que celui-ci. Le titre commence bien et nous montre, non sans un grand moment de branlette, tout le talent de ce batteur réellement exceptionnel pour ensuite être réduit à néant à cause d’espèces de sonorités clavieriques d'une horreur inimaginable.
Wearing And Tearing provient là encore de In Trought The Out Door. Des trois chutes de cet opus c'est sans doute la meilleure, l'heavy traditionnel anglais resurgit dans toute sa splendeur. L'histoire dira que ce titre aurait été conçu en réponse au punk en vue de prouver que Led Zeppelin n'était pas encore à enterrer musicalement. Quelque chose m'échappe, logique illogique, à propos de cette légende mais en tout cas l'agressivité et la puissance y sont bien présentes. Les punks ont dû bouger de la crête...

 Coda n'est clairement pas le meilleur du groupe. Qu'il s'agisse là d'un projet disparate créé à la hâte ne fait aucun doute, nous l'entendons, nous le ressentons. Pour autant cette compilation est loin d’être aussi inécoutable que certains veulent nous le faire croire et ce même pour les non-fan des Led Zeppelin. Et d'ailleurs pas mal de fanatiques le trouveront très bon car les deux morceaux du concert au royal Albert Hall sont sublimes (même si mixés par Page) et Wearing And Tering vaut vraiment la peine d’être écouté.
Finalement, le seul problème de ce Coda est que la version originale sortie en 1982 est moins bonne que celle figurant dans le coffret The Complete Studio Recording qui, en plus de tout ce qui figure ici, rajoute quatre morceaux bonus beaucoup plus intéressants.

2 commentaires:

  1. Les easy star sont très cool, et leur reprise de radiohead l'est tout autant. Le Led Zep j'en suis vraiment pas fan, ca vaut pas les quatre premiers mais j'imagine qu'un fan sera comblé.

    RépondreSupprimer
  2. Top les easy star ! superbe groupe.

    RépondreSupprimer