vendredi 25 septembre 2015

Wax Digger Reviews Express #06 : Dinosaur Jr. ~ Chokebore ~ Blonde Redhead.


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WDR Express #06

Vous avez maintenant l'habitude avec ce sixième numéro, Wax Digger Reviews Express aborde des œuvres de manière succincte. Cette fois c'est le mouvement indie qui est à l'honneur avec pas moins de quatre albums.


Dinosaur Jr. - Green Mind (1991)

Playlist : 1- The Wagon / 2- Puke + Cry / 3- Blowing It / 4- I Live For That Look / 5- Flying Cloud / 6- How'd You Pin That One On Me / 7- Water / 8- Muck / 9- Thumb / 10- Green Mind

Premier disque signé sur une major après le départ remarqué du bassiste Lou Barlow, Green Mind, sorti en mille neuf cent quatre-vingt-onze, se place dans le top trois des meilleurs opus que compte la discographie du groupe indie, Dinosaur Jr

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Blanco Y Negro
J Mascis désormais seul aux commandes, il sera uniquement aidé par le batteur sur trois chansons, parvient à produire un album d'une douce mélancolie. Avec Wagon, il s'ouvre sur un morceau qui retranscrit avec fidélité ce qui va suivre. A savoir une frappe de batterie lourde, une voix pas toujours très juste, mais transpirante de sincérité, mais aussi et surtout de superbes guitares pour lier l'ensemble. Pas de temps à perdre, Puke + Cry pointe le bout de son nez. Ce titre, sentant bon le début des années quatre-vingt-dix, est outillé d'un refrain particulièrement accrocheur. Quitte à jeter des fleurs autant y aller gaiement, alors disons qu'il s'agit d'une petite merveille à apprendre dans toutes les écoles de musique. Nous aurions pu nous arrêter là mais ce serait passer à quelques centimètres d'une perle portant le nom de Flying Cloud. La voix de J Mascis n'y est à aucun moment sur la bonne tonalité, ce qui participe à la rendre émouvante, mais les guitares sont d'une telle clarté que cette ballade d’à peine deux minutes trente-cinq nous plonge dans un état d'inconscience qui nous renvoie à toutes sortes de souvenirs. C'est en quelque sorte une déprime douce. Water est là encore une de mes préférées parmi ce Green Mind avec son riff accrocheur, son ambiance sombre. Assurément un des grands moments se cachant avec pudeur dans le mouvement indie.

 Green Mind est le genre de disque dont on ne se lasse pas pour peu que l'on aime le genre. On l'oublie, on le voit sur l’étagère, on se dit oui mais non, et puis un jour on le repose sur la platine et on le redécouvre en ayant le même plaisir que lors d'une première écoute. Les morceaux s’enchaînent avec pour fil rouge une mélancolie agréable. Il y a du très bon et du un peu moins bon en apparence mais pour ma part du premier au dernier titre je ne m'y ennuie jamais. Si je devais lui trouver un défaut, il y'en a toujours au moins un, je dirais que la fin du titre How'd You Pin That One On Me n'est pas agréable à écouter avec ses guitares beaucoup trop mises en avant. Mais s’arrêter à ce détail ne serait pas rendre honneur au monstrueux boulot effectué par un Mascis ayant enregistré tous les instruments. A mettre entre toutes les mains.



Dinosaur Jr. - Where You Been

Playlist : 1- Out There / 2- Start Choppin / 3- What Else Is New / 4- On The Way / 5- Not The Same / 6- Get Me / 7- Drawerings / 8- Hide / 9- Going Home / 10- I Ain't Sayin 


Les Dinosaur Jr. reviennent en mille neuf cent quatre-vingt-treize sur le devant de la scène avec Where You Been. Start Choppin qui figure sur ce disque sera sans nul doute leur plus gros succès.

 Avant d'entrer dans le vif du sujet, il y a une chose importante à noter. A la différence du précédent, ce cinquième album a été enregistré en studio par la totalité du groupe. Mascis démontre une nouvelle fois tous ses talents de compositeur mais surtout de guitariste et ce dès la première chanson en signant Out There. Dans ce morceau enivrant de bout en bout, son instrument semble nous signifier une lente et douloureuse agonie. Les notes se traînent, vibrent comme un dernier souffle dans un air irrespirable; rendant ces cinq minutes d'art pur sublimes. Start Choppin, premier single sorti de cet album, débute sur une intro funky. Bon, d'un point de vue personnel, ce titre m'agace autant dans le chant que dans sa structure. Il lui manque beaucoup de choses et il ne possède pas toute la puissance du morceau précité. Mais je ne doute pas qu'on puisse le trouver agréable une fois que les minutes défilent. On The Way et Hide, elles, sont plus rentre-dedans et diffusent sans rougir leur trop plein d’énergie mesurée. Fini ici d'afficher de lugubres complaintes guitaristiques. On fonce dans le mur mais on n'en oublie pas pour autant la virtuosité, fidèle compagnon du chevelu. Dinosaur Jr. est un groupe désenchanté, voire, sûrement, dépressif. Not The Same est là pour nous le rappeler. Cette chanson se rajoute à la longue liste des ballades émotives et poignantes sans en devenir ridicule. Le disque s’achève comme il a commencé avec des guitares gracieuses, nous en mettant plein les oreilles, sur I Ain't Sayin.

 Si mon Dinosaur Jr. préféré reste Green Mind, pour certains ce Where You Been pourrait décrocher la palme. C'est évident, tout le monde n’adhérera pas au jeu de guitare dégoulinant de douleur de Mascis ou bien encore à sa voix nasillarde et pleurnicharde. D'autres encore pousseront le vice et lui reprocheront d'en faire beaucoup trop. C'est vrai, les compositions frôlent souvent ce sentiment mais après tout c'est le style du groupe qui le veut. Cette preuve d’honnêteté faite, passer à coté de ce disque serait une belle erreur tant, comme les autres, il est rempli de passion et de beautés sonores.



Chokebore - Motionless (1993)

Playlist : 1- Shine / 2- Never / 3- Van McCoy / 4- Spear / 5- Motionless / 6- 2nd Soing / 7- Nguyan / 8- Coat / 9- So Sour / 10- Sãdãvia / 11- 60,000 Lbs / 12- Hit Me / 13- Line Crush / 14- Cleaner

Provenant de l'île d’Hawaï, Chokebore sort un premier album en mille neuf cent quatre-vingt-treize sur le label Amphetamine Reptile.

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Amphetamine Reptile Records
 Bien qu'originaires d'Honolulu ne vous attendez à rien de local. Les Chokebore ne font pas dans la musique traditionnelle et dansent encore moins le Hula. Composé de quatre membres, le groupe connaîtra sa petite heure de gloire en faisant les premières parties de Nirvana sur quelques dates de concert. Kurt Cobain ira jusqu'à dire qu'ils sont son groupe préféré. Pour autant, et ce malgré leur parrain de luxe, les quatre hawaïens ne donnent pas réellement dans le grunge. Leur musique ayant finalement assez peu de liens avec le mouvement de Seattle.

 Le disque à l'immonde pochette s'ouvre sur Shine. On y découvre ainsi la voix pleurnicharde de Troy Von Balthazar sur un fond de musique noise. Le morceau, au vu de sa longueur, sert surtout d'introduction. Ce Motionless sonne par moment metal mais le véritable problème qui se pose ici, c'est que malgré de bonnes chansons comme la cinquième, Motionless, le groupe finit par inévitablement se répéter. Non pas que les chansons soient toutes mauvaises, loin de là, il y a au contraire de très bonnes idées et de belles mélodies arty mais le tout est un peu brouillon, comme s'ils ne savaient pas vraiment où aller. Le groupe se cherche et cela est palpable. Le potentiel est pourtant là, avec des titres comme Coat, première compo du groupe à bénéficier d'un clip vidéo, et qui pour le coup est excellente, bien qu'encore une fois trop courte. So Sour est un véritable petit bijou du rock indépendant tout comme 60,000 Lbs qui bien qu'elle soit d'une simplicité enfantine touche au cœur sa cible.

 Il ressort de ce disque un sentiment mitigé. D'un côté nous avons quelques superbes chansons, pleines de qualités mélodiques qui préfigurent de ce que sera plus tard Chokebore, et de l'autre un méli-mélo brouillon, bâclé et bien trop répétitif. Pourtant il est indéniable qu'un charme se dégage de Motionless. Une sincérité non feinte qui reste en tête après l'écoute de l'album. 



Blonde Redhead - Misery Is A Butterfly (2004)

Playlist : 1- Elephant Woman / 2- Messenger / 3- Melody / 4- Doll Is Mine / 5- Misery s Butterfly / 6- Falling Man / 7- Anticipation / 8- Maddening Cloud / 9- Magic Mountain / 10- Pink Love / 11- Equus

Sixième album des prolifiques Blonde RedheadMisery Is A Butterfly est sorti en deux mille quatre sur le label 4AD. Cette oeuvre nous emmène dans les contrées poétiques de la dream pop.

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4AD
Pour la petite histoire, les Blonde Redhead se sont connus en mille neuf cent quatre-vingt-dix dans un restaurant italien. A la suite d'un changement de line-up, le groupe a tout d'abord signé sur Smell Like Records - le label de Steve Shelley, batteur des génialissimes Sonic Youth. Et ce n'est sans doute pas un hasard; car les deux groupes ont la même attirance pour l’expérimentation sonore et nul doute que les premiers sont des adorateurs des seconds. Après être passé sur le label 4AD, le groupe décide de lâcher un peu la noise pure et dure et confectionne l'opus Melody Of Certain Damaged Lemons. Puis, à la suite d'une pause de quatre ans, enfonce le clou avec le disque qui nous intéresse ici, à savoir Misery Is A Butterfly

 Le groupe enregistre l'album entre le seize mars et le trois mai deux mille trois dans pas moins de trois studios différents. Le trio décide qu'ils feront appel à un petit orchestre afin de supporter l’espèce d'electro-pop qu'ils veulent désormais jouer. En ce sens, il s'agit là de ce qu'on appelle habituellement - et ce de façon trop souvent pompeuse - l'album de la maturité.
On aura très vite un aperçu de leur "nouveau" son avec le titre d'ouverture Elephant Woman (figurant sur la Bo du film Hard Candy). Les frères jumeaux Pace, qui composent comme à l'accoutumée les instrus, se sont fait plaisir en donnant à leur musique des mélodies tendres tout en étant à la fois d'une profonde tristesse; mais surtout il ressort de ce disque une part d'enfance aux teintes mélancoliques et pastel.

 La formation se compose de deux chanteurs : Kazu Makino (chanteuse d'origine japonaise) à la voix angélique et aiguë et Amadeo Pace. Tous deux ont des voix qui frôlent clairement la beauté divine, foutant à chaque écoute de Messenger la chair de poule. Une autre splendeur se cache sous la chanson Melody qui est d'un enchantement total même si le groupe n'est jamais loin de nous faire tomber en dépression. Le morceau éponyme, bien que pas le meilleur, est parfaitement orchestré et démontre l'incroyable talent de composition du groupe. 
Place maintenant au très aérien Anticipation d'une douceur planante et envoûtante. Les Blonde Readhead délaissent l'espace d'un titre la légèreté pour nous faire écouter Maddening Cloud, un titre plus énergique que les autres et pas forcement celui que l'on retiendra à la fin. L'avant dernière chanson, Pink Love, conclue de fort belle manière cet album original et romanesque en mélangeant les deux voix, formant ainsi un duo quasi parfait. Pour ne pas faire oublier d'où ils viennent, les Blonde Redhead signent enfin le très noisy Equus qui permet de se réveiller de ce rêve si doux, si poétique.

 Misery Is A Butterfly est sans conteste un merveilleux voyage touchant et grandiose. On y trouve une certaine forme de joie dans l'ambiance neurasthénique qui semble grandement les inspirer. Je ne conseillerais pas tous les disques des Blonde Redhead, mais s'il fallait n'en retenir qu'un alors ça serait celui-là sans hésitation tant cette beauté intimiste parvient à nous toucher directement.


1 commentaire:

  1. Perso je suis pas fan du Where You Been je le trouve trop criard. Motionless je connaissais pas et c'est frais.

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