vendredi 6 février 2015

Wax Digger Reviews Express #02 : Pixies ~ B-52's ~ Kool & The Gang


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WDR Express #02



Trois chroniques d'albums sont au programme de ce Wax Digger Reviews Express numéro 2.

Pixies - Indie Cindy (2014)

Playlist : 1- What Goes Boom / 2- Greens And Blues / 3- Indie Cindy / 4- Bagboy / 5- Magdalena / 6- Silver Snail / 7- Blue Eyed Hexe / 8- Ring The Bell / 9- Another Toe In The Ocean / 10- Andro Queen / 11- Snakes / 12- Jaime Bravo / 13- Women of War (45T bonus Record Store Day)

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PixiesMusic
  Difficile de se dire que Trompe Le Monde, paru en 1991, soit le dernier album des Pixies. Jeunes ados ou vieux quarantenaires, nous avons tous eu comme plaisir poétique d'écouter les mélodies alternatives de la formation originaire de la charmante ville de Boston. 
Étrangement, la cassure du groupe s'est produite au moment même où ils auraient dû régner en maître sur une scène indie prospère en ce début des nineties. Si la présence scénique n'existait plus pendant un temps, l'halo divin couronnant les Pixies n'aura jamais pris une ride. Mieux, il perdure dans chaque groupe de rock naissant, à ce point que l'on ne parle plus seulement d'eux comme étant une simple source d'inspiration mais comme d'un véritable modèle à suivre

 Bien que reformés depuis une dizaine d'années, Franck Black et ses compagnons sonores se montraient peu motivés en ce qui concerne la création. À défaut de produire quelque chose, tout ce beau monde préféra s'égratigner sans ménagement, réduisant ainsi à zéro les chances de revoir la fabuleuse bassiste Kim Deal à leurs côtés. Une guerre d’ego donc. Mais pas seulement puisque entre deux brouilles futiles, ils auront parcouru plusieurs fois le monde en capitalisant sur des succès mille fois entendus depuis mais, qu'on le veuille ou non, toujours aussi rentablement percutants. Et voilà qu'en 2014 apparaît le besoin à ces dieux anciens de renaître autour d'un nouvel album au visuel orange particulièrement dégueulasse, intitulé Indie Cindy.


 Aux premiers abords on pourrait croire que rien n'a changé depuis toutes ces années. Nous retrouvons sur la première face quelques traces d'harmonies antérieures qui confirment qu'en effet ceci est bien un disque des Pixies. Également présent, l'éternel élan de jeunesse se diffusant dans l'air en prenant otage de l’oxygène que l'on inhale. Souvenirs d'adolescent. Parfait exemple de maîtrise impeccable adoubée de candeur juvénile, Greens and Blues est dans la royale lignée des tubes planétaires dont eux seuls ont le secret.
Si la première partie rassure sur les bonnes intentions insufflées dans Indie Cindy, la seconde ne sera quasiment qu'une suite de déceptions. Du bon et du moins bon suivant le titre mais quoiqu'il en soit un effort trop insuffisant pour escompter masquer une brutale désillusion. L’oxygène revivifiante si plaisante s'est transformée en un monoxyde oppressant, asphyxiant par la même occasion le génie génial de Franck Black.

 Déséquilibré, cet opus l'est indéniablement. Pour autant il ne mérite pas une relégation sommaire dans le bac à promo. Et quand bien même il se doit de rougir face à ses aînés, quelques compositions réussies parviennent à s'immiscer dans notre cerveau pour des jours.
La formule du genre n'a guère changé depuis le temps et ne changera probablement jamais. Le fervent punk hardcore s'acoquine à une pop lumineuse pour donner naissance à une danse nuptiale sans prétention mais efficace. Là où le bas blesse cette fois-ci, c'est que ce procédé bien huilé aura du mal à convaincre. 23 ans se sont bien écoulés, le charme d'une classe absolue prêtée aux disques quasi parfaits n'y est plus.
Triste et prévisible. On ne peut pas avoir produit des albums à ce point influents et espérer rester au top de sa sensibilité musicale après une si longue pause, qui plus est, en virant un maillon essentiel à la chaîne. Rien ici n'est nul, tout au pire moyen, Indie Cindy souffre juste d'un illustre patronyme. Ce n'est pas les quelques airs familiers dispersés par-ci, par-là, qui suffiront à cacher la maladresse d'un Andro Queen. Allez, avec une impérissable tendresse déposons sur la platine les vinyles Doolittle ou Surfer Rosa pour consoler nos vieux cœurs de fans.


B-52's - B-52's (1979)

Playlist : 1- Planet Claire / 2- 52 Girls / 3- Dance This Mess Around / 4- Rock Lobster / 5- Lava / 6- There's A Moon In The Sky (Called The Moon) / 7- Hero Whorship / 8- 6060 842 / 9- Downtown

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Warner Bros
 Quelques-uns ont pour habitude de dire que le punk a trépassé en 1979. Mort dans sa forme la plus primitive, sans doute. Pour ce qui est d'une disparition spirituelle il n'en est rien. De cette fin de décennie jusqu’à à nos jours, une quantité pharaonique de groupes ont pillé, à loisir et d'une façon plus qu'honorable, ce mouvement pour y trouver une source inaltérable d'inspirations diverses. La formation venue d'Athens en Georgie au sud-est des USA ne fait pas figure d'exception.

 Attention ! Ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit, les B-52's n’évoluèrent jamais dans une explosive fureur électrique. C'est en vérité le contraire. Sans se dévoyer, les mélodies de ce premier disque empruntent plus généreusement ses harmonies gracieuses au surf rock, à la pop, ainsi qu'à une impassible New Wave, alors à son firmament. Le sulfureux sera plutôt imputable au chant masculin de Fred Scheider, qui par ailleurs rappellera d'étranges similitudes avec celui de Ian Curtis, du moins sur certaines bribes précises.
Cette mixture donne un résultat équilibré mais non dénué de risques et bien évidemment le bombardier aux couleurs criardes n'y coupera pas, beaucoup le haïront. Aucune importance puisque tout autant l'aduleront et quant aux restant, c'est naturel, ils s'en foutront. Pour ma part j'ai longuement hésité entre un je-m’en-foutisme imperturbable et une détestation aussi insondable qu'incompréhensible puis, un jour, sans cause apparente, la magie a opéré.

 Pour cette raison, je me garderai de dire que ce disque est exceptionnel, il ne dispose pas de la carrure d'un indispensable à mon sens. Je lui reconnais cependant une richesse agréable pour peu qu'on lui donne sa chance.
Sans être aussi obscur qu'une œuvre de Cocteau Twins, l'album éponyme des B-52's peut parfois, suivant le titre, occasionner un léger trouble chez un auditeur doté d'une humeur passagèrement sombre. Pour d'autres au contraire, ils y verront une cool-attitude sans nom, voire, un exutoire dansant sur fond de sonorités aigres-douces. Si comme beaucoup de personnes vous ne connaissez que le single Love Shack, sorti dix ans plus tard, n'hésitez pas à tenter l’expérience d'un premier album moins accessible mais qui n'aura pas usurpé sa renommée vieille de trois décennies.


Kool & the Gang - Spirit of the Boogie (1975)

Playlist : 1- Spirit of the Boogie / 2- Ride The Rythm / 3- Jungle Jazz / 4- Sunshine and Love / 5- Ancestral Ceremony / 6- Mother Earth / 7- Winter Sadness / 8- Carribean Festival

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De-Lite Records
  Puisque Wax Digger Reviews Express a pour vocation de publier des chroniques d'albums concises, j'avais l’irrésistible envie de ne mettre à celle-ci qu'un seul adjectif, à savoir : transcendantal. Mais puisque nous ne sommes pas en train de passer une épreuve de philo où l'audace timorée est souvent gage de récompense, je me vois dans l'obligation de vous en dire un peu plus.
Si en terme de vente le nom célèbre de Kool & The Gang inspire davantage les années disco, c'est bien la passion commune du funk qui réunira cette formation.

 Tout simplement divin, Spirit of the Boogie est tout indiqué en cas de lassitude extrême. Un problème au boulot ? Posez la cellule sur le premier titre donnant son nom à cet opus suffit à faire bouger une jambe qui n'en demandait pas tant. Un souci de couple ? Ride The Rythm sera là pour instantanément afficher un sourire mis à mal par l'amour. Petites emmerdes quotidiennes ? Jungle Jazz barricade une âme fatiguée dans une exaltation aussi charitable qu'une poche de glace déposée délicatement sur une joue enflée par un affreux mal de dent.
Bien que ces éloges puissent sembler démesurées, il n'en est rien. La face A, purement incroyable, devrait être le pré-requis dogmatique à tout préambule de soirée. Lorsque le soleil vient à disparaître derrière une croûte terrestre bleutée afin de laisser place à une nuit étincelante d'amusement, ou, à d'excitantes expérimentations, y compris celles liées à la chair.

 Plaisir de jouer et improvisation transparaissent sans faux semblant et participent de cette atmosphère littéralement euphorisante. Le puissant jeu de basse de Robert "Kool" Bell provoque la vibration systématique de chaque alvéole de nos baffles et s'empare des esprits les plus sectaires. Les cuivres efficaces, indissociables au groupe, se montrent une nouvelle fois omniprésents décuplant par conséquent le bien-être suscité. Frais comme un épisode de la série Psych, Spirit of the Boogie mérite sans détour sa place dans toute vinylothèque élégante.


2 commentaires:

  1. ServeTheServants18 mars 2015 à 22:15

    Le Pixies,je peux comprendre, que cela ne peut pas plaire à certains, mais franchement je trouve ça bon! Mais je respecte les avis des puristes!!

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  2. OUI ce Pixies est plutot bon selon moi. Il garde ce qui fait le charme des anciens albums, je n'ai pas trop compris ce qu'on lui reproche.

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