mercredi 11 février 2015

Chronique : Pink Floyd ~ The Endless River (2014)


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Parlophone

Playlist : 1- Things Left Unsaid / 2- It's What We Do / 3- Ebb And Flow / 4- Sum / 5- Skins / 6- Unsung / 7- Anisina / 8- The Lost Art of Conversation / 9- On Noodle Street / 10- Night Light / 11- Allons-y (1) / 12- Autumn 68 / 13- Allons-y (2) / 14- Talkin' Hawkin' / 15- Calling / 16- Eyes To Pearls / 17- Surfacing / 18- Louder Than Words.

Quoiqu'on en pense, un nouvel album des Pink Floyd est toujours un petit événement. Alors que vaut le dernier The Endless RiverÉnième pétard mouillé ou bonne surprise inattendue ? Wax Digger Reviews livre un verdict mi figue, mi raisin.

 Parfois, pour ne pas dire qu'il s'agisse d'une routine, je ne ressens aucunement le besoin d'entendre la dernière parution en date d'un groupe évoluant depuis plusieurs décennies. Qui plus est quand j'en suis, ou que j'en ai été, fan. J'imagine que nous sommes nombreux dans ce cas. Nombreux, surement, à ne pas vouloir tuer le mort, à se contenter du bon vieux temps. L'explication est bêtement pragmatique, ce n'est que la peur naturelle d'être une nouvelle fois déçu qui nous dispense de cette tâche. Pourtant, de temps en temps et sans qu'il soit question d'un quelconque rite cette fois, l'aspect l'humain reprend le dessus. Alors, souvent plusieurs mois après, sans doute à cause de ce redondant masochisme auditif, ou, pour se prouver que l'on a éminemment raison, on se laisse tenter. La curiosité intrinsèque à ce que nous sommes l'emporte en dépit du bon sens, de cette voix schizophrénique, qui nous murmure " ne fais pas ça malheureux " mais trop tard, me voici en train d'écouter le dernier album des Pink Floyd.

 Pour dire les choses comme elles se présentent à nous, ce n'est pas tout à fait un dernier opus dans le sens où on l'entend habituellement. C'est bien normal, avec deux décès et une séparation brutale, il aurait été difficile d'en réaliser un. Bien qu'avec les Floyd nous ne soyons jamais à l'abri de rien, leur carrière nous l'a démontré de nombreuses fois.
Endless River, dont le titre provient d'une strophe du morceau High Hopes, se compose en réalité de pistes enregistrées à l'époque de la création de The Division Bell. Pour les néophytes, précisons que l'on parle ici d'un disque qui date de 1994, soit vingt-et-un an tout de même. Ce n'est toujours pas la meilleure période du groupe au plan qualitatif mais cela rassure quelque peu sur les intentions engagées. Pour être schématique et pour bien se faire comprendre, ce sont des chutes de studio jamais utilisées, mises de coté puis retravaillées pour l'occasion. D'après Nick Mason, célèbre batteur et dont je vous conseille le livre, l'album se voulait instrumental. On ne pourra pas l'accuser de mensonge puisqu'il l'est quasiment, David Gilmour se contentant de poser sa voix à de très rares occasions si ce n'est sur le dénommé Louder Than Words. Quand on est comme moi et qu'on apprécie sa voix, cette info peut faire chier.

 Tout comme Wish You Were se prétendait être un hommage plus ou moins appuyé envers Syd Barrett, Endless River rend cette-ci fois honneur à Rick Wright, le claviériste du groupe, mort en 2008 suite à un cancer. Pas de doutes à avoir, c'est bien une dernière révérence au pianiste disparu. Cela s'entend tout comme cela se voit grâce à cette pochette signée d'un jeune artiste égyptien de 18 ans. Cette fausse nouveauté met donc en avant les nappes cotonneuses et atmosphériques devenues avec le temps une des signatures des londoniens.
Venons-en à la question primordiale : suis-je surpris par cette nouvelle parution qui n'en est pas vraiment une ? Absolument pas car il n y a rien de surprenant. Pink Floyd fait ce qu'il sait faire avec un bémol toutefois le génie n'y est présent à aucun moment. On comprend du coup aisément pourquoi les pistes ne sont pas sorties avant. Mais, mais, mais, il serait dommage de le condamner uniquement pour cette raison puisqu'il n'est pas désagréable, loin de là. Et tant pis si c'est ma tendresse pour eux qui me fait dire qu'il faut être, pour une fois, plus indulgent qu'a l'accoutumée. Après tout, si vous aimez leurs compositions dans les années 90, vous retrouverez rapidement vos sensations. Dans le cas contraire et sans surprise là aussi, cet album vous laissera aussi froid qu'un séjour dans les hautes sphères. Pour ma part, je n'ai pas trouvé de valeurs ajoutées suffisantes pour me précipiter sur un achat compulsif. Certes, les guitares y sont belles, les claviers y sont délicats, la batterie bien marquée, bref stoppons là les descriptions inutiles, c'est un disque de PF. Il y manque juste encore et toujours ce supplément d’âme qui fait cruellement défaut depuis... oula trop d'années maintenant.

 Bon d'accord, il n y a aucune originalité dans ce Endless River et quelques grincements de dents ne manqueront pas à l'appel mais je signe, il se laisse écouter. C'est tout de même un bon point. Lors de certains passages, ce disque me rappelle des bandes originales de films américains, pas toujours très inspirés eux non plus, renforçant encore un peu plus cette impression très nineties. On y souscrit ou non. Ce n'est ni le meilleur mais très certainement pas le pire disque du groupe, c'est déjà ça. Il y manque juste du brio. Si aucune envie ne vous pousse à y prêter attention, ne le faites pas, vous ne raterez rien. Si vous hésitez, voire si vous faites le chieur intégriste, donc par extension de mauvaise foi, sous prétexte qu'il est sorti en 2014, alors essayez le. Vous ne l’achèterez sans doute pas, néanmoins l'heure d'écoute ne sera pas atroce. Je vous l'assure, foi de vieux fan d'un des plus grands groupes ayant existé dans notre contrée planétaire.

Quoiqu'il en soit, je ne considère pas ce quinzième opus comme tel. Il n'obtient pas le droit d'avoir une place de choix dans une discographie si riche en œuvres cultes. Je le vois comme un projet à part comme il en existe déjà tant et ce n'est que mon opinion. Endless River ne demande à aucun moment une attention rigoureuse. Il est plutôt destiné à n'être qu'une musique de fond. A être oublié de longues minutes avant qu'il nous rappelle sa présence grâce à de brefs passages sortant vaguement du lot. C'est ici que le bas blesse, dans ce sens oui, il est indéniablement raté et c'est dommage car il y avait surement mieux à faire. Il faut noter que les titres sont incroyablement courts. Pour un groupe nous ayant habitué à de si longues sérénades spirituelles c'est un peu étrange. La plupart des morceaux ne dépassent pas les deux minutes, c'est dire, mais justement, comme tout se suit dans un ordre logique on n'y prête pas réellement pas attention.

 S'il y a des passages sympas, charmants, mélodieux sur ce Endless River cela n'est pas suffisant pour un album de Pink Floyd. Et si je milite avec une franche vigueur pour qu'enfin ce groupe arrête sa carrière afin de ne plus dénaturer son talent originel; je pensais en toute franchise être plus vindicatif à son écoute. C'est une certitude, il est agréable à écouter mais je ne reviendrai sans doute plus dessus. La raison est claire, rien ne m'aura marqué. On a affaire à une succession de compositions ne laissant jamais le temps à la réflexion. Pire, il n'aura provoqué que l’indicible envie de les réécouter durant leur noble et grande époque, avant Animals, rappelons-le. Quand le talent semblait à ce point naturel mais surtout novateur qu'il me paraissait venu d'un autre monde. Le passé, on le sait, est révolu. Ce n'est pas une mais dix pages qui se sont tournées depuis. Pour l'heure, la barque a su éviter une tempête pourtant prévisible, et ne s'est pas brisée sous le poids abondant d'une eau de pluie semblable à nos larmes nostalgiques. Pour des personnes ayant débuté une carrière en 1965 c'est déjà pas si mal.



Pink Floyd - Allons-y (1)

3 commentaires:

  1. c est ca ni bon ni mauvais mais il passe bien quand meme

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  2. ServeTheServants18 mars 2015 à 22:12

    Ecoute en fond, c'est pas mal (cf PinkFloyd), mais pas du niveau des anciens albums, mais ça a le mérite d'être écouté.

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  3. Cest du pink floyd d'accord mais putain c'est mievreux.

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