vendredi 14 novembre 2014

Chronique : U2 ~ Songs of Innocence (2014)

Les fans de U2 sont priés de ne pas lire ce qui suit et de quitter dans la sérénité ce blog.


U2 - Songs of Innocence (2014) bono the edge irlande irlandais rock pop
Island


Toute création à le devoir d'exister. Toute œuvre parvient un jour ou l'autre à toucher profondément le cœur d'au moins une personne. Des fois elle bouleverse la vie de certains et embellit celle des autres... Et puis il y a Songs of Innocence dont Taylor Hawkins, batteur des Foo Fighters, déclare qu'il sonne comme un pet. 

Shoot à Saint-Tropez


  Non, Wax Digger Reviews n'a jamais eu comme philosophie de flinguer des albums au travers de chroniques assassines. Il en existe tant de bons voire d'excellents que je n'ai ni l'envie ni le temps de m'attarder sur des choses insipides vouées à disparaître en un battement de cil. N’espérez donc pas voir ici un article sur Fauve. Voilà qui est acté. Néanmoins lorsque un prétendu groupe planétaire donne le bâton pour se faire battre, il devient plus que tentant de céder lâchement aux sirènes du mépris élémentaire.
Car parfois, il est bon de larguer du lest. De critiquer au sens le plus péjoratif du terme ce que l'on sait avec certitude mauvais. S'attarder à la manière d'un tortionnaire bas de gamme sur une musique agaçante et indigne. Ou simplement dire la vérité, la nôtre en tout cas. Après avoir passé en revue tous les disques sans intérêt du moment, l'hésitation fut brève, et mon choix aussi arbitraire qu'une lame sur une nuque désigne le dernier en date, celui de U2, proposé gratuitement ET tant qu'à pousser le vice jusqu'au bout, disponible à la vente.

 Soyons honnêtes : je n'ai jamais apprécié ce groupe. Si je peux concevoir... attendez ce n'est pas le bon mot, tolérer, oui, c'est mieux, non sans un effort psychique important qu'on puisse être adepte de leurs premiers albums, je ne peux comprendre le silence des fans envers les parutions médiocres des Irlandais depuis tant d'années. Que With Or Without, One ou encore Sunday Bloody Sunday soient de très grandes chansons pour un soir de beuverie-karaoké façon Lost In Translation je l'admets sans ombrage mais nom de Zeus Marty quand est-ce qu'ils ont publié un bon album ? Comment expliquer un tel engouement pour un groupe dès lors qu'il enchaîne des tubes daubés depuis vingt ans ? Je ne sais pas, cela mériterait à coup sûr une analyse masochiste plus poussée mais qu'on se le dise, quoiqu'on en pense, une telle fidélité se respecte.

 Revenons à nos moutons de Panurge. Il s'agit donc de Songs of Innocence paru le 9 septembre 2014 et produit principalement par Danger Mouse (Gnarls Barkley) nous apprend la nouvelle bible mondiale Wikipedia. Pas de temps à perdre pour un historique dont on se fout, appuyons sur play. Il fallait s'y attendre l'album débute sur l'abominable single que l'ont connait tous maintenant grâce à leur stupide partenariat avec Apple. Ne tirons pas sur deux ambulances je n'aurais pas assez de cartouches en plus de ne pas être très charitable, alors je me contenterais de dire qu'ils se sont bien trouvés pour ce marketing navrant.
Ce premier titre est voulu comme un hommage au chanteur des Ramones... Et là on se marre aux éclats. J'autorise ceux qui le désirent à se jeter d'une fenêtre tellement on touche le fond du grotesque. Malheureusement pour notre monde Joey est mort mais est-ce un mal en ce qui le concerne quand on en arrive à de telles offrandes ? À vrai dire depuis la déplorable starification à outrance des Ramones il n'est pas étonnant que certains aient le culot monstre de balancer des inepties pareilles. Je ne m’épancherai pas plus sur ce sujet et citerai brièvement Bono lors d'un passage à canal plus : Quand j'ai entendu Joey chanter comme une fille j'ai su moi aussi que je pouvais faire ça. Une déclaration aussi étriquée, bête et pathétique se suffit à elle-même.


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Une belle brochette de talent

Silence... On dort.


 Si cela débute mal, ça a pour mérite d'être un tantinet pêchu. Car très vite, dès le début du deuxième morceau, le quatuor sombre dans les travers habituels d'une mièvrerie facile et détestable. Bon, on ne va pas faire semblant d'être sur le cul U2 fait du U2, par conséquent il y a toujours ces airs fades sur 95% du disque. Le niveau d’intérêt remonte d'un demi-cran sur California... Fausse alerte, le soufflet dégouline au bout d'une minute.
Je ne ferai pas l'injure de commenter chanson par chanson. La redondance systématique de ce groupe est à ce point qu'elle en demeure fascinante. Les mêmes mélodies peu inspirées, les mêmes accords mollassons, le même chant insipide depuis treize albums studio ou presque. Sur quatre musiciens il n'y en a pas un pour dire aux autres un soir de répétition " hey les gars, ça fait trente ans qu'on fait le même truc, j'en ai marre, je me casse ! ". L'appel du pognon vite gagné sans doute. Dois-je les blâmer ? Au royaume du mauvais goût les succès-knorr saveur pop lyophilisée sont rois.

 Quoiqu'il en soit je ne pourrais dire ce que comporte les minutes suivantes. Sans que je ne lui ordonne, mon esprit las se mit en quête de choses meilleures. C'est ainsi que mon regard se porta sur une vidéo relatant l'histoire d'amour entre un homme et un chat tout ronron. Ne me remerciez pas.
Cedarwood Road me sortit de cette intensive prostration cérébrale. À son introduction j'eus une sensation étrange. Quelques instants grisants similaires à l’allégresse d'un running back marquant un touchdown mais, une nouvelle fois, la voix se mit à piétiner un vain espoir de musicalité.
De nouveau attentif je pus me concentrer sur les premiers mots de Sleep Like A Baby Tonight : Ce matin, ta tartine, ton thé et le sucre... en effet, ce n'est certainement pas les heures passées à écrire les paroles qui ont dû les empêcher de dormir comme des loirs. Par contre le riff de guitare, lui, débarqué de nulle part risque de provoquer quelques insomnies persistantes aux auditeurs.
Il est temps d’arrêter là, comme déjà mentionné tout ici à été entendu cent fois chez eux ou ailleurs. Sans surprise mon pressentiment était bon. J'ai abandonné au vide artistique 48 minutes et 13 secondes de mon existence.
Avant de conclure revenons quelques instants sur l'agressive collaboration du groupe avec la marque à la pomme. Vous ne le savez peut-être pas mais des gens de bons goûts se sont offusqués de recevoir sans accord préalable cet album en ouvrant leurs Itunes. Bien que gratuite et sans gravité cette pratique intrusive est à proscrire et j’espère qu'à l'avenir les marketeux y réfléchiront à deux fois avant d'avoir des idées aussi peu recommandables. Plus faussement naïf qu'un nouveau-né le chanteur déclara après la polémique : Ces gens n'aiment pas noël. Non Bono, non, offrir ce que l'on sait pertinemment être de la merde n'est pas dans l'esprit de noël.

  Comme d'habitude, les fanatiques crieront au génie. Tous les autres passeront tranquillement leurs chemins pour peu qu'ils n'écoutent pas la radio. Rien de nouveau donc, on y retrouve les grosses ficelles à base de bons sentiments ayant fait naguère le succès commercial du groupe : la guerre c'est mal, j'aime les abeilles, l'écologie c'est cool, la guerre on insiste lourdement ce n'est vraiment pas bien, achetez mon disque pour que je continue mes conneries sur la côte d'azur s'il vous plait.

4 commentaires:

  1. ServeTheServants18 mars 2015 à 22:18

    Pour le coup, je préfère le dernier PinkFloyd!!

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  2. Un bon disque de merde.

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  3. Franchement je trouve votre article assez à coté de la plaque, U2 fait un genre qui lui va bien, il en faut pour tout le monde.

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  4. Au contraire, ca change de toutes les chroniques que j'ai pu lire sur des sites spécialisés.

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