lundi 14 juillet 2014

Wax Digger Reviews Selecta #01 ~ Lạc Long Quân


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Wax Digger Reviews Selecta : Lạc Long Quân

Évaporons nous le temps d'une heure dans un monde qui n'existe plus. À la fin des années soixante et d'une Amérique indécise quant à son futur. Parlons sans a priori du Vietnam et d'une de ses plaies les plus douloureuses. Je ne connais que peu de choses sur ce pays légendaire et pourtant il a su m'accompagner durant toute ma vie. Comme si les senteurs subtilement anisées du phở étaient imprégnées inexplicablement dans mon esprit depuis mon enfance. Trêve de bavardage, il est temps de se laisser absorber par les mélodies des sixties et par la narration d'un grand moment d'histoire.



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Mon général, quelle cuisson votre hamburger? Saignant...


 10 Mai 1969, au pied d'une colline couverte d'une jungle épaisse, limitrophe de la frontière laotienne, un état major américain confiant en sa puissance de feu sans égale prépare ses troupes à l'assaut de son sommet. Une affaire de quelques jours ayant pour avantage de ne comporter que peu de risques, pense-t-on en haut lieu. Sur le papier sans doute. Dans les faits pourtant, cette bataille subsistera dans les mémoires militaires et traumatisera une opinion américaine au travers de reporters de guerre catastrophés devant l'ampleur des dégâts. L'infanterie s'emparera de l'objectif en dix jours, grandement aidée dans sa quête par l'abandon pur et simple de la position par l'adversaire lors de la dernière nuit. Seulement dix diront certains, oui, mais à quel prix ?
Les drus combats n'auront laissé que peu de répit aux forces engagées. Sous des pluies torrentielles démoralisant le plus dur des hommes, masquant un champ de vision déjà perfectible dans une situation de stress, et, sur un sol instable car enduit d'une boue visqueuse, 56 GI perdront la vie; presque 400 seront blessés, tandis qu'une trentaine de sud vietnamiens alourdiront encore un peu plus la liste macabre des pertes alliées. Pour autant, ceux qui comptabiliseront le plus de morts seront dans le camp d'en face avec pas moins de 600 nord vietnamiens tués pour seulement trois prisonniers capturés.
Quand on sait que rien que pour cette escarmouche ce n'est pas moins de 450 tonnes de bombes en tous genres ainsi que 69 tonnes de napalm qui furent déversés sur cette misérable colline on comprend avec aisance le faible taux de prisonniers mais, surtout, pourquoi les médias outre-atlantique ont surnommé ce désastre civilisationnel la " bataille de Hamburger Hill ".
Ne faisons pas nos Miss France faussement, ou volontairement, naïves voire idiotes. La guerre est ce qu'elle est, avec son lot de désolations et de sang versé souvent dans une absence totale de logique, mais ce qui choqua réellement la populace devant l'écran de télé c'est qu'à peine un mois plus tard un général abandonnait cette crête si chère en vies humaines sans qu'une hiérarchie complaisante ne trouve rien à y redire. On peut légitimement se demander à quoi tous ces sacrifices ont bien pu servir. La réponse aussi absurde qu’amère on la devine, évidemment à rien. Et dorénavant ce n'étaient plus les soldats américains qui allaient se faire des illusions sur la valeur d'une vie si loin de la mère patrie.