lundi 14 octobre 2013

Chronique : Toots & The Maytals ~ Funky Kingston (1975)


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Mango Records

Playlist : 1- Time Tough / 2- In The Dark / 3- Funky Kingston / 4- Love Is Gonna Let Me Down / 5- Louie, Louie / 6- Pomp And Pride / 7- Got To Be There / 8- Country Road / 9- Pressure Drop / 10- Sailin'On

L'hiver s'approche à grands pas mais l'heure n'est pas encore à la morosité puisqu'aujourd'hui on s'attarde sur le fabuleux Funky Kingston des Toots & The Maytals.

 Initialement intitulé The Maytals, le groupe au trois solistes se forme au début des années soixante avec Raleigh Gordon, Jerry Mathias et bien évidemment Frederick Toots Hibbert. Originaires de Kingston en Jamaïque, ils sortent un premier album, I'll Never Grow Old, avec l'aide du producteur Clement Coxsone Dodd ; l'album connait un certain succès sur son sol ainsi qu'en Angleterre où il sort deux ans plus tard en 1966. C'est lors de cette même année que Toots est incarcéré pendant 18 mois pour consommation et possession de marijuana (selon lui c'était un coup monté car il déclare n'avoir commencé l'herbe qu’après son passage en prison). Une fois libre, The Maytals s'acoquine d'un nouveau producteur en la présence de Leslie Kong. De cette coopération, de nombreux titres verront le jour, le hit 54-46 Was My Number, faisant référence à son matricule de prisonnier, en fait partie. En 1968 sort cette-fois ci Do The Reggay, qui permet à The Maytals d'être les premiers à utiliser ce terme dans une chanson.

 Suite à la mort de Kong en 1971, les trois chanteurs rebaptisés entre-temps Toots & The Maytals récupèrent leurs anciens musiciens studio, les Beverley's All Stars, et tout ce petit monde s'enferme dans le studio Dynamic de Kingston, qui est alors réputé pour être un des mieux équipés en matériel, et commencent l'écriture du prochain album.
Il existe en fait deux parutions bien distinctes de Funky Kingston : la première date de 1972 et fut commercialisée uniquement en Jamaïque et en Angleterre, une version est nettement plus axée rythm'n blues. La deuxième, pour le marché américain, sort en 1975 et ne garde que trois pistes de l'album original, c'est pourtant cette version qui deviendra la plus connue.


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Toots & The Maytals


 Comme Toots le dira lui même quelques années après la sortie du disque, il faut voir en cet opus un splendide best of de ses années précédentes. Un pot pourri loin d'être complet mais bien représentatif de la carrière du groupe et de tout le talent qui s'en dégage, comme s'il avait fallu aux trois solistes une dizaine d'années pour livrer leur firmament le plus pur.

Amateur de musique noire américaine et plus particulièrement de rythm & blues, The Maytals abreuve toujours ses disques de reprises bien ficelées, ce sera le cas sur celui-là avec le sacro-saint Louie, Louie ainsi que pour le très joli titre Country Road. La version anglaise quant à elle bénéficie d'autres reprises dont une d'Ike et Tina Turner. Même si cet opus s'apparente à un fourre-tout, les chansons sorties sur d'anciens albums ne sont jamais exactement les mêmes. Toujours retravaillées en profondeur, parfois plus longues ou plus courtes, le groupe veille à toujours mettre la soul au cœur de son reggae. En découle des harmonies fines et chaudes s'inspirant du classieux label Stax tout en ayant la chaleur sulfureuse du rocksteady. C'est simple, pour moi Toots c'est du Otis Redding version reggae, c'est dire, sachant que je considère Otis comme étant le maître incontesté et incontestable de son genre.

 Dire que cet album est un inévitable dans toute discographie qui se respecte est un euphémisme. Irréprochable de bout en bout Funky Kingston se place le plus naturellement du monde aux côté des classiques tels que Words Of Wisdom de Dennis Brown. Frederick Toots Hibbert aidé de ses deux choristes de luxe parvient le véritable tour de force de créer un album à la fois fondateur d'un style encore naissant et de s'en éloigner aussi vite grâce à un aspect plus soul que roots. On regrettera juste que les productions qui suivront ne soient pas du même niveau d’exigence.



Toots & The Maytals - Pomp & Pride

5 commentaires:

  1. un des meilleurs tout simplement

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  2. En version vinyle c'est une tuerie.

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  3. Un album que j'ai écouté tout un été, incroyable ! (PS le lecteur n'est pas centré)

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  4. Une tuerie y'a pas d'autres mots. La classe totale.

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