mardi 30 avril 2013

Chronique : Rover ~ Rover (2012)


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cinq7

Playlist : 1- Aqualast / 2- Queen Of The Fools / 3- Remember / 4- Tonight / 5- Wedding Bells / 6- Lou / 7- Silver / 8- Champagne / 9- Carry On / 10- Late Night Love / 11- Full Of Grace

Révélation musicale française de l'année 2012, la presse dans son ensemble ne tarit pas d'éloges sur le premier album du colossal Rover. De quoi donner suffisamment envie de s'y pencher attentivement.

 Si rien ne permet de le savoir, que ça soit de par son pseudo ou de son chant anglais, Rover alias Timothée Régnier est bel et bien Français. Globe-trotter dans l'âme, son parcours l’entraîne aux États-Unis, pays où il grandit jusqu'au milieu de l'adolescence, ce qui lui permit tout naturellement de s'imprégner de la vaste culture musicale américaine. À son retour en Europe, il commence à composer mais ce sera au Liban que Rover connaîtra ses premiers émois en tant que musicien puisqu'il fera partie d'un groupe punk-rock avant qu'il ne se fasse expulser pour une histoire de visa touristique. C'est lors de sa perturbante aventure libanaise - le pays était en guerre - que naissent les premières esquisses de cet album.


 Sous ses faux airs de Beethoven, Rover distille un pop-rock que l'on qualifiera facilement d'aérien. Pour autant, Régnier berce également depuis son enfance dans la musique classique. Le visuel choisi n'est donc pas fortuit tout comme ses jolies envolées lyriques dispersées subtilement un peu partout donnant à sa pop romanesque une profondeur plus qu'appréciable sans pour autant tomber dans les travers d'une mièvrerie ennuyeuse. 

 S'étant enfermé tout un hiver pour composer, Rover signe un premier album qui laisse entrevoir sa large palette musicale et qui, à n'en pas douter, lui permettra de s’installer durablement dans le paysage auditif hexagonal voire mondial. Artiste autodidacte, chaque note figurant sur les onze titres est jouée par ses soins, la performance et la musicalité de ce multi-instrumentiste est donc remarquable. Toutefois, on pourra regretter l'absence d'un groupe assistant Timothée sur ce disque, ce qui aurait permis de rendre une copie moins lisse, un peu moins maîtrisée.




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Rover alias Timothée Régnier


 Rover ne cache pas son immense amour pour les légendaires Beatles et Bob Dylan...si on ne peut évidemment que s'incliner devant de telles influences gage de qualité, on déplorera cependant de trouver dans ses chansons un trop grand mimétisme envers ces groupes pouvant se révéler un peu gênants. En effet, l'auditeur averti entendra bien souvent une attitude vocale ou des airs quasi fidèles empruntés à Bowie, Blonde Redhead ou Placebo entre autres, ce qui rend malheureusement ce disque moins impressionnant qu'il n'en a l'air. 

 Mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une première grande œuvre et quand on sait à quel point la bonne musique est moribonde en cette période, on se doit de ne pas se montrer trop sévère avec ceux osant sortir des sentiers sans saveur de la variété. Rover a su faire un bon disque flattant l'oreille des initiés à la musique des années 60-70 tout en ne mettant pas de côté un public enclin aux sonorités plus actuelles. Un large panel peut donc profiter à loisir des mélodies mélancoliques proposées sur cet album et rien que pour cela on ne pourra que saluer le colosse à la voix d'ange.

 Véritable melting-pot d'influences lui permettant d'être hors du temps, Rover signe un premier album sympathique. On attendra avec impatience le deuxième opus pour savoir si Timothée Régnier a enfin trouvé un univers qui lui est propre tout en gardant toute sa fraîcheur exquise. 


Rover - Queens Of Fools


2 commentaires:

  1. ce n'est clairement pas très nouveau mais je dois dire que j'écoute en boucle ce disque depuis un petit bout de temps, merci a Rover pour ses mélodies intenses !

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