vendredi 8 février 2013

Chronique : Syd Barrett ~ Barrett (1970)


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Harvest

Playlist : 1- Baby Lemonade / 2- Love Song / 3- Dominoes / 4- It Is Obvious / 5- Rats / 6- Maisie / 7- Gigolo Aunt / 8- Waving My Arms In The Air / 9- I Never Lied To You / 10- Wined And Dined / 11- Wolfpack / 12- Effervescing Elephant

Syd Barrett publie son deuxième album en 1970 sur le label Harvest. Plus que de la musique c'est un émouvant dernier testament.  

 Syd Barrett fait partie de ces héros modernes qui restent pourtant méconnus d'un grand public amateur de musique. Personnage aussi fascinant qu'étrange, il a plus fait, à lui seul, avec ses ritournelles pour la musique pop, que quantité d'autres musiciens de talent. Viré comme un malpropre de son groupe à cause de sa folie due en partie aux drogues, Barrett n'aura fait qu'un album avec les Pink Floyd, le grandiose The Piper At The Gates Of Dawn, qui reste gravé pour toujours dans la mémoire collective de tout amoureux du quatrième art. Syd Barrett avait déjà commencé sa douce descente dans les abîmes de la démence lors de l'enregistrement et n'était tout simplement plus devenu gérable pour une bande de jeunes gens n'aspirant qu'à poursuivre leur carrière. Se sentant peut-être coupables ou ne voulant tout simplement pas se résoudre à laisser ce génie seul et totalement à la dérive, ses ex compagnons lui viennent en aide pour produire son premier album solo, The Madcap Laughs, que l'on trouvera à l'envie soit génialement novateur soit complètement pourri, c'est selon. Pour le deuxième, celui qui nous intéresse dans cet article, Richard Wright remplace cette fois Rogers Waters à la production mais reste toujours assisté par le fidèle David Gilmour.

 Quoi qu'on en dise, la différence entre le premier et le second opus saute aux yeux dès la chanson d'ouverture. Bien aidé par la patience bienfaitrice de ces deux acolytes, ce Barrett, enregistré aux studios Abbey Road, sonne beaucoup plus réfléchi et par conséquent s'en trouve mieux construit. Dire que la tâche ne fut pas aisée pour Richard Wright et David Gilmour est un euphémisme. Syd dont l'état mental devint de plus en plus préoccupant ne sembla pas comprendre ce qu'on attendait de lui à cette époque. Gilmour, réaliste, ira jusqu’à dire que seul le titre Gigolo Aunt fut enregistré dans des conditions de live - comprendre avec le groupe au complet.

Dès lors, pour ne pas que tout le projet tourne au fiasco, les deux co producteurs n'avaient qu'une solution : pré-enregistrer les instruments dans leur coin, puis une fois ce travail de longue haleine accompli, passer la bande à Syd Barrett pour qu'il puisse, à son tour, chanter et jouer de la guitare par dessus lorsqu'il se sentait en état de le faire. Fort heureusement, l'auteur avait malgré tout des instants de cohérence qui lui permirent d'apporter ses idées originales. Mais ceci dit, de l'aveu même des intéressés, ce disque fut réellement éprouvant à réaliser et cela bien entendu s'en ressent inexorablement.


picture image photo anglais pink floyd
Syd Barrett


 N'en déplaise aux détracteurs qui dénoncent un opus au rabais, ce disque reste l'ultime et brillant héritage de ce songwriter extraordinaire. N'est pas Syd Barrett qui veut, et même amputé d'une partie de son esprit il le prouve encore avec son sens inné des mélodies pop. Il garde cette marque que l'on trouve chez les grands artistes, de faire des choses en apparence simples tout en étant d'une extrême complexité. On y entendra pour la dernière fois sa voix presque enfantine, sa nonchalance aussi et quelques traces mélancoliques cachant mal un profond désespoir. Pourtant, comme toujours dans ses douces compositions, il n'y a aucune place aux complaintes malvenues, aucune amertume n'est clairement apparente. Au contraire, les mélodies sont toujours subtilement entrainantes et se retiennent facilement. La musique de Barrett n'a que faire des époques, elle traverse inexorablement le temps sans perdre de sa superbe.

 On pourra toujours reprocher à Syd de s'être brûlé les ailes trop tôt, comme tant d'autres génies avant ou après lui Lui reprocher ses absorptions inhumaines d'acides et de psychotropes en tous genre, de n'être devenu qu'un vulgaire junkie totalement vide; il avait et gardera bien plus de talent que les trois quarts des musiciens ayant existé. Alors certes, ceux qui s'attendent avec ce deuxième opus solo à un autre The Piper At The Gates Of Dawn, seront forcement déçus mais les autres trouveront une émotion palpable tout au long de ces douze titres et diront éternellement merci à cet artiste pour tout ce qu'il a pu apporter.

 Auteur de génie, Syd Barrett signe avec l'aide de Wright et de Gilmour un deuxième vinyle intense. Malgré les conditions d'enregistrement parfois difficiles ce dernier album du visionnaire mérite assurément sa place dans toutes les vinylothèques


Syd Barrett - Baby Lemonade


3 commentaires:

  1. je l'ai récouté ya pas longtemps et j'ai voulu avoir des infos sur ce disque qui me rappelle ma jeunesse, bon article, merci

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  2. Je prefere evidemment le premier album des floyd mais j'ai une tendresse pour celui là aussi.

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