samedi 2 février 2013

Chronique : Emerson, Lake & Palmer ~ Emerson, Lake & Palmer (1970)


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Manticore

Playlist : 1- The Barbarian / 2- Take A Pebble / 3- Knife-Edge / 4- The Three Fates / 5- Tank / 6- Lucky Man

Emerson, Lake & Palmer sort son premier album éponyme en octobre 1970. Si dans l'ensemble il s'agit d'une franche réussite, il souffre néanmoins de nombreux défauts pouvant le rendre fastidieux à écouter aux non-initiés. 

 Nous avons déjà évoqué sur Wax Digger Reviews le concept du supergroupe, notamment avec les formations Blind Faith ou Cream. Cette fois-ci, intéressons nous à Emerson, Lake & Palmer
La rencontre entre Keith Emerson de The Nice et Greg Lake des King Crimson se déroule lors d'un festival en 1969 au cours duquel leurs groupes respectifs étaient conviés. À la suite d'un bœuf improvisé sur scène, les deux musiciens eurent l'idée de s'associer afin de créer un nouveau projet et ainsi repartir sur de nouvelles bases car Emerson lors de cette période en avait assez de son groupe, s'y sentant un peu trop à l'étroit. 
Pour le poste encore vacant de batteur, Mitch Mitchell fut pendant un temps convoité, mais officiant dans le célèbre Jimi Hendrix Experience il déclina poliment l'offre ce qui profita à Carl Palmer, venant lui des Atomic Rooster. L'histoire veut d'ailleurs que Mitchell parla de cette nouvelle formation à Hendrix et que ce dernier se soit montré fortement intéressé pour la rejoindre; ce qui aurait donné comme surnom HELP au lieu d'ELP. 


 Le premier fruit de cette collaboration ne fait de nos jours toujours pas l’unanimité parmi les amateurs du genre - bien qu'il soit largement admis désormais que cet album fait partie des pièces importantes du prog. Pourtant nul doute que ce premier essai s'en sort avec les honneurs dans son ensemble. Le groupe semble bien s'entendre et une harmonie plus que certaine s'en dégage, mais beaucoup lui reprocheront malgré tout son manque d'homogénéité. Aussi bon soit-il, ce disque souffre d'un épineux problème, à savoir que la cohésion y est curieusement absente. Les chansons contiennent trop de parties séparées, on s'y perd souvent car tout le monde y va constamment de son solo, rendant le tout sans réelle ossature. 

Il faut dire que bien que les compositions soient créditées par tous les musiciens, ce n'est en réalité que rarement le cas, bien au contraire; on doit à Emerson, et à lui seul, une bonne partie du répertoire du groupe. Sur ce disque il amènera tout son savoir-faire en tant que pianiste de génie ainsi que son amour de la musique classique, dont il placera ingénieusement des airs tout au long des titres. Le revers de la médaille à cette audace sera de longs passages pouvant malheureusement se révéler quelques fois réellement ennuyeux surtout que les différents claviers se montrent omniprésents.  
Greg Lake, lui, signera les deux morceaux de l'album que l'on qualifiera d'un peu plus folk, dont le très joli Lucky Man que son auteur aurait écrit à l'âge de douze ans. Cependant, on ne pourra pas s’empêcher de regretter encore une fois l'intervention de Keith Emerson venant massacrer avec l'aide de son synthétiseur Moog les dernières secondes de cet agréable instant de musique. 


pochette image picture photo band groupe progressif
Emerson, Lake & Palmer


 Nous avons le recul nécessaire désormais pour le savoir, ELP a souvent durant sa carrière pu agacer. Le public ne cachant pas de temps à autres sa lassitude pour les ego pour le moins surdimensionnés des musiciens. Cet opus, pourtant, arrive à y échapper un tant soi peu, sans doute car les membres se cherchent encore. Par conséquent il peut sembler certes décousu et pas totalement abouti mais paradoxalement c'est ce qui fait de lui l'un des plus accessibles de la discographie du trio. Toutefois on ne se refait pas, il existera pour démontrer cet état de fait le prétentieux The Three Fates. Cet instrumental n'est qu'un prétexte, aussi prétentieux que ridicule, pour prouver les compétences techniques d'un Emerson, se prenant l'espace d'un instant pour César. Mais à trop vouloir en faire, on perd l'auditeur et plus grave encore, on se perd soi-même; le pauvre ne sait plus où donner de la tête entre son piano, ses synthés et son orgue. 
Toutes les chansons souffriront en partie de cet aspect démonstratif à outrance pouvant laisser quelques fois perplexe. Mais voilà, on aura beau pester, voire carrément s'endormir sur certains passages, Emerson, Lake & Palmer reste un bon album grâce aux quantités de bonnes trouvailles qui le composent, au sens de la mélodie et de la musicalité aiguë y figurant, et à quelques moments de grandes excitations qui ne nous laisseront pas indifférents.

 Malgré des défauts pouvant être rédhibitoires, ce premier opus des Emerson, Lake & Palmer reste véritablement agréable à écouter. La folie des grandeurs inhérente aux musiciens n'est heureusement pas encore à son paroxysme et c'est tant mieux; le groupe se cherche encore et donne à ce disque un réel charme. Quoiqu'il en soit, Emerson, Lake & Palmer est une valeur sûre de la musique progressive.



Emerson, Lake & Palmer - The Barbarian


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