mardi 20 novembre 2012

Chronique : New Order ~ Movement (1981)


wax digger chronique picture photo image pochette album vinyle groupe joy division art sound
Factory

Playlist : 1- Dreams Never End / 2- Truth / 3- Senses / 4- Chosen Time / 5- I.C.B / 6- The Him / 7- Doubts Even Here / 8- Denial 

L'après Joy Division pour les membres restants débute avec Movement sorti en novembre 1981 sur le label Factory.

 Movement représente le renouveau des ex Joy Division. Un an après la pendaison de son leader charismatique, Ian Curtis, le groupe revient avec un nouvel album. Les nouveautés apportées ne s’arrêtent pas là et sont importantes. Un nouveau nom de scène, nouveau musicien en la personne de Gilian Gilbert qui devient le claviériste tandis que Bernard Sumner passe au chant. La formation ainsi remaniée est prête à retourner dans la lumière des stroboscopes. 


 Le premier disque de New Order est avant tout un album transitoire, celui de trois membres bien décidés à continuer leur carrière dès le lendemain de la mort de leur ancien chanteur tout en essayant dans le même instant de digérer ce fait. Désormais cela ne sera pas simple de faire sans le célèbre frontman mais son âme obscure plane encore énormément au-dessus de ce disque, tout comme la formation ne se passe pas totalement des sonorités froides de Joy Division. On repérera facilement ici ou là l’inspiration venue de temps anciens au détour d'une rythmique, d'un chant ou encore de certains airs. New Order malgré leur nouveau nom assez évocateur n'a pas encore totalement un son qui lui est propre.

 Pourtant attendu fermement, le disque ne reçoit pas un accueil chaleureux à sa sortie. La nouvelle identité du groupe ne cartonnera que deux ans plus tard avec la sortie du sympathique et dansant morceau Blue Monday. Movement lui ne trouvera que sa place qu'après quelques années, avec une nouvelle génération de fans de cold wave. Il faut bien admettre que cette oeuvre est un peu casse-gueule même s'il reste très bon. Le groupe sur ce premier album semble légèrement - et logiquement - désorienté. Le chant de Sumner hésite quelquefois entre une imitation de Curtis et une neutralité bienveillante pour ne pas souffrir de la comparaison. On ne pourra pas lui en vouloir, difficile pour Sumner d'avoir la fougue maladive d'un Ian. La production de Martin Hannet assure elle aussi cette fameuse et délicate transition, il rend une copie volontairement minimaliste, certes froide mais plus humaine qu'un Closer.



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New Order


 Le disque s'ouvre sur Dreams Never End, qui sert parfaitement d'introduction nostalgique. Nostalgie qui se poursuit avec Truth, les fans du groupe de Manchester ne seront pas dépaysés. 
Mais n'allez surtout pas croire que Movement est du Joy Division sans Ian Curtis, bien que l'ombre du jeune défunt se fasse sentir en permanence par exemple sur Sense. Cet album est bel est bien celui de l'adieu à ce passé si prometteur. Pourtant inévitablement une question nous accompagne durant ces 36 minutes : qu'auraient donné ces chansons si Ian les avait chantées ? On peut facilement imaginer que Truth serait devenu un de leurs plus grands classiques. 
Cet opus lui ne s’embête pas de questions inutiles et continue son bonhomme de chemin pour se clôturer sur Denial, le deuil cette fois sera à peine masqué avec la tirade J'ai essayé de le comprendre. Ce titre est par ailleurs le plus énergique, ce qui n'est sans doute pas une coïncidence. La transformation est en marche.


 Le jeu musical du groupe évolue, même si le bouleversement n'est pas énorme, progressivement la nouvelle orientation musicale affirme son indépendance. Les sons par exemple, bénéficient d'un traitement différent, l'aspect électronique prend de l'ampleur et le synthé avec ses nappes glaciales a désormais une toute nouvelle importance. La basse puissante de Peter Hook reste quant à elle le seul véritable trait d'union avec Joy Division. L'ensemble donne un premier disque grisâtre, délicat et classieux.

 Movement est une des références cold wave par excellence et n'a finalement qu'un gros défaut. Il faudra tenter en l'écoutant d'oublier le passé dont il profite autant qu'il le subit et ne faire de lui qu'un chaînon manquant entre une carrière stoppée nette et un renouveau qui s'annonce, en 1981, prometteur. New Order cherche à pas de loup une nouvelle identité mais ne la trouvera seulement et totalement que quelques années plus tard.


New Order - Truth


3 commentaires:

  1. j'aime beaucoup cet album meme si ian manque terriblement

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  2. Je dis pasn que c'est naze mais j'ai trop de mal a accrocher a new order a part quelques tubes.

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