lundi 12 novembre 2012

Chronique : Mayhem ~ Dawn Of The Black Hearts (1995)


picture cover pochette black metal groupe morbid chronique art sound


Playlist : 1- Deathcrush / 2- Necrolust / 3- Funeral Fog / 4- Freezing Moon / 5- Carnage / 6- Buried By Time And Dust / 7- Chainsaw Gutsfuck / 8- Pure Fucking Armageddon / 9- Danse Macabre / 10- Black Metal / 11- Procreation Of The Wicked / 12- Welcome To Hell

Album pirate du groupe norvégien de black metal, Mayhem, Dawn Of The Black Hearts est rapidement devenu un enregistrement culte pour certains fans.

 Dawn of the Black Hearts est un album intéressant pour différentes - et surtout mauvaises - raisons. La première est évidemment sa pochette, nul doute que l'on pouvait difficilement faire mieux en matière de mauvais goût et de provocation de bas étage. On retrouve donc sur cette pochette le cadavre du chanteur Per Yngve Ohlin - un peu plus connu sous le nom de scène Dead - juste après après son suicide en avril 1991. Visiblement notre ami chevelu de vingt-deux ans s'est ouvert les poignets avant de se tirer une balle dans la tête, de quoi faire frémir un adolescent bas du front, fan de metal extrême et de Paranormal Activity, qui souffre d'un mal de sensations fortes et qui forcément trouvera cette photo so cool


 La photo aurait été prise par Euronymous, le guitariste de Mayhem, - qui finira assassiné de 23 coups de couteau par le sociopathe Varg Vikernes de Burzum - juste après sa découverte du corps. Tant que nous sommes dans les détails ridiculement sordides, le reste du groupe aurait dégusté des bouts de cervelle de leur ami fraîchement refroidi et, comme si cela ne suffisait pas, auraient pratiqué quelques rituels vikings au passage. L'occasion fait le larron.
Un mot aurait été laissé sur place par Dead : " Excusez tout le sang ", monsieur avait donc de l'humour et n'aurait sans doute pas osé rêver meilleure fin que sa dépouille affichée sur un disque. 
La photo aurait été par la suite volée et serait donc atterrie comme par magie sur ce bootleg. Il faut dire pour ceux qui le découvrent, que ce groupe fondé en 1984 est connu pour ses controverses et autres joyeusetés scandaleuses plus ou moins vérifiables, quoi qu'il en soit Mayhem est bel et bien connu pour ses performances scéniques extrêmes. 

Les histoires autour de Dead sont nombreuses : mutilations avec des tessons de bouteilles pouvant aller jusqu’à l'évanouissement devant le public, privation de nourriture plusieurs jours avant un concert pour souffrir de douleurs stomacales, et ma préférée : enterrement de ses vêtements dans un cimetière quelques semaines avant un show pour sentir l'odeur de la mort et grouiller d'insectes au moment venu.
Bien, bien... avec toutes ces anecdotes croustillantes sur le groupe, l'album ne pouvait que devenir culte aux yeux du fan de true black metal, et je vous rassure : les surprises d'un goût douteux ne s’arrêtent pas qu'à la pochette et au comportement du blond peinturluré et tristement terre-à-terre se prenant pour Beetlejuice, au grand dam de nos oreilles... 


 Car oui le pire est à venir, ce disque enregistré lors d'un concert en février 1990 dans leur ville d'origine à Sarpsborg en Norvège est aussi indigeste qu'un épisode des ch'tis à Ibiza. Au bout de dix secondes on se posera le plus naturellement du monde une question : comment peut-on autant foirer un enregistrement même dans le début des années 90 ? Je te vois venir, fan de metal, m'accusant à tort dans cette chronique de descendre ce groupe (que j'apprécie au demeurant) qui n'y est sans doute pour rien dans ce bootleg abscons, mais ici on frôle le niveau zéro du disque pirate, il faut bien l'admettre.

 En dehors de quelques passages à peine plus audibles, par exemple quand les musiciens arrêtent de jouer, ce qui permet d'entendre le public composé d'au moins dix personnes présentes dans la salle. Rien ne sonne intelligiblement à tel point que ça en devient tragiquement confus et que la prestation se termine en un gros bourdonnement flasque... Bon si on doit être honnête, en cherchant bien, ce disque n'a pas que des défauts : les titres phares de Mayhem y sont présents, Dead est au chant et si on aime la batterie nous serons servis car Hellammer, batteur de son état, s'en donne à cœur joie - et il n'y aura bien que lui qui restera un minimum écoutable sans avoir besoin de deux boîtes d'aspirine. 
La palme revient quand même à ce pauvre Euronymous qui a droit à un son de guitare réellement immonde. Un bootleg de mauvaise qualité passerait sans doute mieux dans un autre genre de musique, mais du black metal avec une guitare au son de merde (disons le carrément, on ne pourrait de toute façon pas être plus vulgaire que ce disque) ne passe objectivement pas et, tant que nous y sommes, vous pouvez également oublier la basse de Necrobutcher tant elle se fait discrète dans tout ce brouhaha. 


picture photo image groupe black metam art sound
Dead


 Mais le pire reste encore à venir, si, si, il y a pire, par exemple ce machin merdique a quand même été réédité au moins par deux fois sur des labels inconnus - on ne leur en voudra pas de se cacher - sur différents supports et cerise sur le gâteau norvégien, ils ont osé rajouter quatre titres de plus ! Alors si on trouvait déjà le son dégueulasse et sans intérêt sur les huit premiers titres, on atteint l'apogée de l'inutilité sonore avec ces quatre morceaux provenant d'un live datant de 1986, toujours en Norvège mais cette fois avec Messiah au chant. Eh bien, nom d'un diablotin nordique il faut s'accrocher pour ne pas être pris d'un rire nerveux et moqueur digne d'un Joker maléfique à l'écoute de ce supplice, ou tout simplement balancer ce truc innommable par la fenêtre tel un frisbee en priant les dieux païens pour qu'il atterrisse très loin de nous. 

 Pour vous donner une idée assez proche du résultat, le titre Dance Macabre, reprise du groupe Celtic Frost , semble avoir été prise de l’extérieur de la salle de concert... gloire à la personne sans doute totalement décérébrée qui a eut cette formidable idée d'enregistrer ce grand moment dans de telles conditions - je m'abstiendrai de tout commentaire quant à ceux qui ont osé éditer ces morceaux. Et autant dire que les chansons qui suivront seront du même acabit. Non, en fait, par souci de totale objectivité, il faudra avouer que l'enregistrement de Welcome To hell cette fois repris des anglais de Venom - les inventeurs du terme black metal - se paie le luxe d’être pire, un bon moment de rire mélangé à un violent sentiment de dépit nous y attend. Du rire, c'est toujours ça de pris me direz-vous, pour ce CD devenu au fil du temps semi-officiel grâce à son aspect historique puisqu'il fait partie des rares enregistrements de Mayhem où se retrouvent à la fois Euronymous et Dead...

 Dawn of the Black Hearts n'est pas mauvais, il est très mauvais, sans sa fameuse pochette il ne fait nul doute que ce bootleg ne serait pas autant considéré et ce malgré son côté historique pour les fans. Car oui, la présence de Per Yngve Ohlin au chant ravira les aficionados et oui la playlist y est aguicheuse sur le papier mais tout le reste du contenu est tellement pourri qu'il ne sert a rien de s'y attarder attentivement si on a dépassé l'âge ingrat et si on a un minimum de sens auditif. On lui préférera nettement le live à Leipzig qui lui est hautement supérieur et, a lui, un réel intérêt. Allez hop, poubelle.


1 commentaire: