mardi 13 novembre 2012

Chronique : Air ~ Virgin Suicide (2000)


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Record Makers

Playlist : 1- Playground Love / 2- Clouds Up / 3- Bathroom Girl / 4- Cemetary Party / 5- Dark Messages / 6- The Word 'Hurricane' / 7- Dirty Trip / 8- High School Lover / 9- Afternoon Sister / 10- Ghost Song / 11- Empty House / 12- Dead Bodies / 13- Suicide Underground

Bande originale du long métrage éponyme, Virgin Suicide est un bijou pur et mélancolique.

 Virgin Suicide de Sofia Coppola, narre l'histoire de cinq sœurs un brin polissonnes dans une banlieue bourgeoise de Détroit durant les années 70. Avec un tel titre et sans rien révéler de l'intrigue, on se doute facilement d'une partie du dénouement. Ce film d'une beauté absolue (Kirsten Dunst aide plutôt bien avec son rôle de nymphette), que je conseille au passage tout comme le fabuleux Lost In Translation de la même réalisatrice, donne l'occasion à Air de s'adonner aux joies ô combien casse gueule de la bande originale. On n'en fera pas mystère plus longtemps, c'est un coup de maître ahurissant qu'a réussi à réaliser le duo de Versailles, Virgin Suicide en musique est un monument de noirceur atmosphérique.


 Avant toute chose une bonne OST, est selon moi une bande originale qui n'est pas prisonnière des images. L'exercice peut parfois être fait sans grandes prises risques comme par exemple la BO fantastique de Forest Gump qui s'appuie sur des classiques rock faisant mouche à tous les coups. Créer la musique de A à Z, là, s’avère déjà un pari plus risqué à réaliser... mais on le sait depuis maintenant longtemps, le groupe Air est doué, et si eux aussi ont eu droit à leurs quelques couacs durant leur carrière, l’œuvre discographique du duo est en grande partie formidable et d'un point de vue personnel ils ont atteint l'Everest avec cet album. De simple enregistrement musical permettant de gravir les échelons et d'arriver au chef-d’œuvre absolu, une magie difficilement explicable.

 Le disque commence très fort avec le single jazzy Playground Love. Le chanteur et batteur du nom fictif de Gordon Tracks serait en réalité Thomas Mars, chanteur des Phoenix, un groupe provenant du même coin que Air. La musique s'y fait douce et onirique. Bien que le groupe excelle dans les sonorités électronique, il n'en oublie pas pour autant les instruments acoustiques tel que le piano et le saxophone, comme sur ce premier morceau. Ils utilisent une batterie et non pas une boite à rythme sur la quasi totalité des titres. Ces choix sont des éléments importants et donnent à l'ensemble une chaleur indéniable surtout qu'ils sont utilisés sur cet album avec maestria. 


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Air

 La suite garde le même niveau d'intensité. La noirceur et la mélancolie s'installent doucement avec Clouds Up et Bathroom Girl, deux chansons qui donnent le tempo sur ce qui vous attend et qui ne vous lâcheront plus. L’atmosphère se fera intensément plus pesante sur Cemetary Party, les superbes chœurs lyriques y étant pour beaucoup, puis elle deviendra anxiogène avec Dark Message qui donne une impression assez étrange et malsaine : celle de se noyer

La musique d'Air s'amuse des impératifs filmographiques pour tenir en haleine non pas le spectateur mais l'auditeur cette fois. On le remarquera en particulier sur World 'Hurricane' qui débute avec une intro toute en légèreté pour stopper net le temps d'une tirade provenant d'une des scènes du film, quand de façon soudaine arrive un déferlement court mais puissant de piano et de batterie. La basse Fender tient un rôle primordial sur cet opus et le rend encore plus indispensable avec ces riffs tout en groove qui pourront d'ailleurs rappeler à certain l'album Histoire de Melody Nelson de Monsieur Gainsbourg, on aura l'occasion d'en avoir un aperçu sur le spectral et planant Dirty Trip

 Air nous sort de notre lancinante torpeur à l'occasion du thème principal du film High School Lovers , le piano s'y fait maintenant doux, grave, sensible... dans tout cet océan de tristesse froide Virgin Suicide viendra nous mettre une grande double claque dans la gueule grâce à la présence de Dead Bodies, tout simplement énorme. Cette fois plus question de quiétude, la frénésie s'empare du piano avant que des chœurs livide - rappelant fortement la fin de Saucerful Of Secret des Pink Floyd - ne prennent place et que la batterie s'emballe à son tour. Un morceau fantastique à la fois simple tout en étant complexe et dont on ne se lasse jamais. La bande originale finit dans un joli désenchantement avec Suicide Underground, qu'on pourrait qualifier de calme bienfaiteur après une bonne bourrasque. Les sonorités planantes reprennent leurs douces odyssées avec en fond une voix narrant le dernier passage du long métrage.

 Virgin Suicide est une bande originale magistrale et sans doute le meilleur opus de Air. Ce bloc de beauté noire est fortement conseillé à chaque âme qui vive. Le genre de disque qui accompagne parfaitement une nuit d'insomnie et qui ne vous quitte plus tant la claque qu'il engendre est marquante. Grandiose.



Air - Playground Love



3 commentaires:

  1. c une bande originale fabuleuse, ya pas dautre mot

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  2. Et s'il n'y avait que cet album de fabuleux chez eux. Bravo la French Touch ;)

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  3. Air, Versaille, ah souvenirs...

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