mardi 2 octobre 2012

Chronique : Iggy Pop ~ American Caesar (1993)


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Virgin Records

Playlist : 1- Character / 2- Wild America / 3- Mixin' The Colours / 4- Jealousy / 5- Hate / 6- It's Our Love / 7- Plastic & Concrete / 8- Fuckin' Alone / 9- Highway Song / 10- Beside You / 11- Sickness / 12- Boogie Boy / 13- Perforation Problems / 14- Social Life / 15- Louie Louie / 16- Caesar / 17- Girls Of NY

Onzième opus de la légende vivante qui a su se renouveler pour traverser toutes les époques, American Caesar est album ambitieux sorti sur le label Virgin en 1993.

 Iggy Pop fait partie de ces artistes à la carrière inégale. On l'expliquera facilement par le nombre d'années parcourues depuis les Stooges puisque avoir survécu aux années soixante-dix est déjà un exploit en soi. Il est donc logique de faire quelques traversées du désert qui ne durent jamais bien longtemps, le roi Iguane se plaisant à nous rappeler de temps à autre sa présence. Il est bon de le mentionner, Iggy Pop en solo ce n'est pas moins de dix-huit albums pas toujours au niveau mais rarement immondes car quoi qu'on en dise, n'est pas Iggy qui veut.
C'est donc trois ans après le sympathique Brick By Brick qu'il nous revient avec ce disque à l'image de sa carrière : du bon, du moins bon, de la fureur électrique, de la douceur codéinée... Un condensé de toutes les facettes du maître en dix-sept titres qu'il aura presque entièrement écrits lui-même.

 Après une introduction mignonne mais dont le réel intérêt m'échappe, le spectacle débute vraiment avec le puissant Wild America. Son riff accrochant tout sur son passage, fout dans l'instant une pêche incompressible et un bordel juvénile. Nous étions prévenus avec le sticker sur la pochette "Parental Warning : This Is An Iggy Pop Record" tout est dit. Comme si cela ne suffisait pas à notre bonheur, on notera la participation du légendaire Henry Rollins (Black Flag) sur cette composition. Le rock couillu laisse place au blues rock sur Mixin' The Colors, l'artiste a beau calmer le jeu, il n'en perd rien de sa superbe - bien au contraire - sur cette chanson qui ne vous lâche plus quand elle vous tient.  
 American Caesar est rempli de ballades plus ou moins réussies, parmi celles qu'on retiendra inévitablement figurent Jealousy et Social Life, Iggy nous accompagne de sa voix rauque et d'une douceur prenant aux tripes tout comme sur It's Our Love où il pousse le vice à rajouter une mélodie d'une tristesse éthylique et aérienne rendant ainsi une copie intense et parfaite. 
Mais la rêverie ne durera pas puisque arrive à grands coups de guitares hurlantes Plastic & Concrete, ou autrement dit, The Stooges ressuscité l'espace de quelques minutes psychotiques, un torrent sonore maîtrisé qui ne manquera pas de faire vibrer énergiquement les enceintes les plus récalcitrantes.
Le chant si reconnaissable de la légende sera à l'honneur sur Fuckin'Alone, - encore - une ballade mais cette fois-ci elle est nonchalante, touchante. l'Iguane s'amuse en se donnant un air sonné, perdu, lassé de tout. Il joue avec l'interprétation devant accélérer ou ralentir quelques fois pour être en phase avec la mélodie épurée qui coule derrière. Un beau moment. Highway Song n'est pas en reste car si elle sonne beaucoup plus enjouée elle n'en demeure pas moins magnifique. 


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Iggy Pop


 L'homme au corps sec a toujours touché à tout musicalement, la réussite n'étant pas toujours au rendez-vous. Il se permet sur ce disque le luxe de faire dans la pop FM sur Beside You, et il s'en sort bien ! les chœurs féminins rajoutant un certain charme à l'ensemble mais soyons honnêtes ce n'est pas ce qu'on trouvera de mieux sur American Caesar
Se prendre au sérieux n'est définitivement pas le genre de la maison, on en aura une énième preuve sur le sempiternel standard garage Louie Louie (qui rappelons-le une fois pour toute ne fut pas créé par les Kingsmen mais par Richard Berry en 1957). Iggy & The Stooges l'avait déjà reprise en modifiant les paroles pour en devenir obscènes sur le double live Mettalic K.O. Ici, les paroles ont de nouveau été changées devenant une satire socio-politique sur fond de rock sévèrement burné; faisant ainsi une des meilleures versions jamais enregistrées de ce classique mille fois entendu. 

On arrive au bout mais avant d'en finir on devra souffrir avec Caesar, sept minutes et quinze secondes - une éternité - de guitare répétitives semblables à un lavage de cerveau où un Pop plein de schizophrénie se prend pour un césar américain, grommelant des phrases sans but, changeant quelques fois de voix et se marrant sans doute à l'idée qu'on puisse écouter son délire théâtral terriblement chiant et surfait. Heureusement le disque ne s’arrête pas là car Girls OF NY fait une merveilleuse conclusion à cet objet si ambitieux.

 Véritable pot-pourri, ce American Caesar montre  le savoir-faire et le génie musical d'Iggy Pop. Tout n'est pas hautement réussi et sans doute que beaucoup devraient apprivoiser la bête avant de l'apprécier. Mais la plupart des dix-sept titres qu'ils soient rugueux ou d'une douceur sans pareille font de cet album un bon disque des années quatre-vingt-dix et ce malgré une époque qui n'avait d'yeux que pour le grunge. Chapeau bas Monsieur Iguane.




 Iggy Pop  - Plastic & Concrete


1 commentaire:

  1. Aucune com ? ca m'étonne pas pcq meme si c'est un bon disque ce n'est pas le meilleur d'Iggy meme si y a des putains de bonnes chansons mais ce n'est pas un album a tubes c'est clair.

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