mardi 25 septembre 2012

Chronique : The Stone Roses ~ The Stone Roses (1989)


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Silverstone


Playlist : 1- I Wanna Be Adored / 2- She Bangs The Drums / 3- Waterfall / 4- Don't Stop / 5- Bye Bye Badman / 6- Elizabeth My Dear / 7- (Song For My) Sugar Spun Sister / 8- Made Of Stone / 9- Shoot You Down / 10- This Is The One / 11- I Am The Ressurection

Rares sont les groupes ayant offert aux oreilles du monde un premier disque d'un tel niveau, d'une maitrise quasi parfaite. The Stone Roses avec un album éponyme paru en mai 1989 sont de ceux-là.

 Après un groupe nommé The Patrol, ainsi que différents changements de musiciens, la formation se baptise officiellement Stone Roses en 1983. Ils sortiront quelques singles jusqu'en 1988 sur de petits labels avant de signer chez Silvertone. Durant cette période, la bande évoluera de nouveau jusqu'à arriver au line-up figurant sur ce disque : Ian Brown (chant), John Squire (guitare), Gary "Mani" Mounfield (basse) et enfin Alan "Reni" Wren (batterie). Le groupe originaire de la banlieue sud de Manchester deviendra avec les Happy Mondays et 808 State, pour ne citer qu'eux, le fer de lance de la Madchester et de la génération baggy accro aux sons et à l'ecstasy. 

La Madchester - jeu de mot entre mad (fou) et le nom de la ville Manchester - dont le nom provient d'une œuvres des Happy Mondays baptisé Madchester Rave On, désigne un mouvement underground anglais de la fin des années 80 qui eut son moment de gloire en regroupant des artistes provenant, bien entendu, de cette ville et qui avaient pour goût le mélange du rock et de la house recouvert d'arrangements psychédéliques. De quoi rappeler que la brit-pop n'a commencé ni avec Oasis ni avec Blur mais bel et bien avec ce vinyle jamais égalé : The Stone Roses.


 Même après vingt ans l'influence des Stone Roses reste importante. L'album figure parmi les plus marquants de l'histoire. En 2003 il obtiendra d'ailleurs le titre relativement pompeux de "meilleur album de tous les temps". Il aura aussi droit de nombreuses fois au prix de la meilleure oeuvre britannique. Bon, calmons les ardeurs, The Stone Roses est un excellent opus, il est même brillantissime par moments, mais ne mérite certainement pas tous ces qualificatifs aussi ridicules les uns que les autres. Ce n'est qu'un très bon vinyle qui a su redresser fièrement la tête de la pop anglaise des années 80 et qui est l'archétype de l'enregistrement fait au bon endroit et au bon moment.

Le groupe n'a finalement que très peu à voir avec la musique des Happy Mondays et ne participe pas à cet élan que tant de groupes anglais - 808 State en tête - avaient à cette époque envers les sons de Chicago. Le seul lien regroupant ces trois formations étant, outre celui d'appartenir à la même ville, d'avoir un côté psychédélique et de faire les beaux jours du légendaire club de L'Haçienda. Mais les Stone Roses sont plus près des Byrds que de la house music. Cette œuvre si acclamée débute donc avec le fabuleux single I Wanna Be Adored qui, hormis ses trente premières secondes superflues, possède en lui tout le meilleur de ce que peut-être le groupe à savoir de la pop douce teintée de vigueur rock où survolent des nappes psychédéliques envoûtantes. Voilà, le premier titre que l'on peut cette fois-ci qualifier sans gêne d'un des meilleurs singles de tous les temps a résumé l'album entier à lui tout seul.

Si on ajoute à cela une production menée de main de maître par John Leckie, qui a su donner toute la force nécessaire à la section rythmique du duo Alan "Reni" Wren/Gary "Mani" Mounfield, on obtient une galette calibrée pour devenir une référence absolue où s’enchaînent les hits délicats. She Bangs The Drums l'illustre bien; Ian Brown y fait des merveilles avec son filet de voix presque susurré qui donne un charme intemporel aux brillantes mélodies de ses comparses. Brown n'est pas un crieur mais un chanteur tout en retenue et le prouve formidablement bien sur le génial Waterfall. Le morceau suivant Don't Stop pourra d'ailleurs en décevoir certains puisqu'il ne s'agit que de Waterfall passé à l'envers (un hommage au Revolver des Beatles ?), bon inutile d'en dire plus sur cet interlude même si, étrangement, le morceau est facilement écoutable bien qu'il pourrait vite devenir lassant à un certain nombre d'entre vous. 



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The Stone Roses


 Certaines de leurs propres influences sont facilement décelables. Il semble évident que les Smiths, qui venaient de se séparer deux ans plus tôt, ont quelque chose à voir dans la musique des Stones Roses, on peut l'entendre par exemple sur (Song For My) Sugar Spun Sister. Je n'ai pas encore parlé de ce talentueux guitariste qu'est John Squire : si tout son génie guitaristique, dans sa manière d'accompagner sagement mais efficacement de ses mélodies le reste des musiciens, pénétrera nos oreilles rapidement, il aura droit lui aussi à sa mise en avant sur Made Of Stone en faisant un solo Gilmourien, déclarant ainsi ouvertement tout son amour pour les années 60. Cet autre single est tout bonnement excellent. 
Tout n'est pourtant pas parfait dans ce disque, mais les défauts sont si minimes qu'ils ne tiennent qu'en quelques mots, soit en un titre pour être précis, This Is The One. En effet, l'album semble surproduit par John Leckie et nul doute il l'est, pouvant ainsi laisser bon nombre de gens aussi froids qu'un hiver en Angleterre du nord. C'est une affaire de goût et de perception mais il serait dommage de ne pas tenter cette incroyable expérience musicale que nous offrent les Stone Roses quand on a droit en fin de disque à un I Am The Ressurection aussi funky que brutal et qui termine en beauté un album rentré par la grande porte dans la légende.

 50 minutes et puis s'en vont, un peu à l'image des Stones Roses qui ne seront pas restés longtemps sous le feu des projecteurs. La drogue, les problèmes de maison de disques et leurs ego les entraîneront dans les abysses du star system. Il faudra attendre 1994 pour qu'un deuxième album voie le jour : Second Coming, qui décevra les fans et les critiques qui en attendaient beaucoup plus. Comme si cela ne suffisait pas, pointeront le bout de leur nez des jeunes gens encore plus arrogants du nom de Oasis ou encore Blur. Il n’empêche que The Stone Roses a fait briller de la plus belle des façons le début des années 90 et continuera d'éblouir les générations futures de sa pop-baggy psychédélique si merveilleuse, profonde et délicate.



The Stone Roses - Waterfall


2 commentaires:

  1. Madchester Forever5 mars 2013 à 03:02

    Tout est dans mon pseudo, excellent disque

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  2. je le réecoute en ce moment il est merveilleux

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