vendredi 7 septembre 2012

Chronique : Pink Floyd ~ More (1969)


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Emi/Columbia

Playlist : 1- Cirrus Minor / 2- The Nile Song / 3- Crying Song / 4- Up The Kyber / 5- Green Is The Colour / 6- Cymbaline / 7- Party Sequence / 8- Main Theme / 9- Ibiza Bar / 10- More Blues / 11- Quicksilver / 12- A Spanish Piece / 13- Dramatic Theme

Troisième disque des Pink Floyd, More est la bande originale du film éponyme sorti la même année. Malgré tout, on peut considérer cette oeuvre comme un véritable album du groupe.

 Pink Floyd fut contacté en 1969 par le réalisateur français Barbet Schroeder pour son film More. L'histoire du film, pour le résumer dans ses grandes lignes, met en scène un jeune Allemand découvrant les bons et surtout mauvais côtés de la drogue grâce - ou à cause - d'une Américaine. Le cinéaste envoya donc une version quasi définitive du film et le groupe enregistra par-dessus, en huit jours, aux studios Pye dans la ville de Marble Arch. L'album a la particularité d'offrir aux auditeurs un panel plus large qu'à leurs habitudes; en effet les Floyd ne s’arrêtent pas ici à leur sempiternel progressif. Les horizons s'élargissent à l’acoustique, au psychédélique - jusque-là ce n'est pas une réelle découverte - mais le groupe n'hésite pas, par exemple, à lorgner fortement du côté du hard rock avec The Nile Song, sans aucun doute la chanson la plus violente des anglais.
Au dire même de la formation, ils furent ravis du projet et du résultat au point que More, version audio, n'a aucunement besoin des images pour exister (l'inverse n'est d'ailleurs pas vraie). Aussi, ils réitéreront l’expérience quelques années plus tard avec Obscured By Clouds, la bande originale cette fois du film La Vallée du même réalisateur mais avec moins de succès.


 Autant le dire rapidement je ne serai pas forcément objectif sur cette chronique - ou sur chacune de leur discographie, du moins jusqu'à The Wall -, More étant l'un de mes préférés parmi l'oeuvre sensationnelle du groupe. Rien ou presque n'est à bannir des quarante-cinq minutes à suivre. Surtout pas la première chanson Cirrus Minor, qui s'ouvre avec des chants d'oiseaux avant de partir en un battement d'aile dans du psyché planant et onirique. On y retrouve avec plaisir le même orgue sépulcral figurant sur le superbe titre Saucerful Of Secret sorti sur l'opus éponyme précédent.

Une fois fini le passage proche du hard rock mentionné plus haut, le jeu se calmera avec Crying Song une sorte de ballade sympathique et agréable sans être du grand art. On retrouve un air là aussi connu du groupe avec Up The Khyber qui n'est autre qu'une composition instrumentale un poil longuet malgré ses deux minutes et quelques. Les Pink Floyd le prouveront souvent par la suite : ils excellent dans les ballades mélancoliques, cet album n'y échappera pas avec, par exemple, Green Is The Colour pouvant rendre zen n'importe quel hyperactif. Tout comme le chef-d’œuvre de ce More qui se nomme Cymbaline - il sera joué de nombreuses fois en concert sous le titre Nightmare jusqu'en 1971 - Ce morceau chanté par David Gilmour est un véritable petit voyage cotonneux et enchanteur.


Pink Floyd art sound
Pink Floyd


 L'autre passage brutal du disque est Ibiza Bar, le son y est carrément heavy et fait même regretter que cette facette du groupe ne fut pas plus souvent exploitée tant elle ne dénature aucunement le son des Pink FloydJe profite de cette chronique pour rappeler à ceux qui ne le sauraient pas encore que l'origine du nom Pink Floyd ne vient pas de l'animal rose mais des noms de famille de deux bluesmen qu'adorait particulièrement Syd Barrett, à savoir Pink Anderson et Floyd Council, et c'est donc bien avec un blues que l'album continue. More Blues ne sera probablement pas ce que l'on retiendra de leur discographie mais pour autant il est loin d’être mauvais, il lui manquera peut-être juste une réelle profondeur. L’expérimental Quicksilver prend place, sept minutes offertes à la gloire de Wright, le claviériste de la bande. Il s’agira ici avant tout d'une affaire de goût, on appréciera le quasi silence régnant sur le titre ou on le vomira en criant au scandale. Malheureusement il ne sera pas le seul qui tendra le bâton pour se faire battre A Spanish Piece lui aussi prend le risque d'essuyer son lot de critiques pouvant être acerbes. D'un point de vue personnel, cette composition n'a aucune espèce d'utilité. Tout comme dans la version cinématographique Dramatic Theme termine l'album. Intense et froid, il fait des merveilles en guise de clap de fin.

Si More fut créé avant tout pour servir de bande originale au film de Barbet Schroeder, il a su s'imposer comme œuvre de qualité faisant partie intégrante de la discographie du groupe. Ça ne sera sans doute pas l'album à écouter pour découvrir, si ce n'est pas encore fait, les Pink Floyd mais il existe suffisamment de beaux morceaux, parfaitement bien construits, pour jeter une oreille attentive et bienveillante à ce disque au charme si remarquable et particulier.



Pink Floyd - Cymbaline


2 commentaires:

  1. une des meilleures bo que je connaisse tout simplement

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  2. cymbaline est magistrale, pas mal pour un disque mineur

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