mercredi 5 septembre 2012

Chronique : Nirvana ~ From The Muddy Banks Of The Wishkah (1996)


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Geffen

Playlist : 1- Intro  / 2- School / 3- Drain You / 4- Aneurysm / 5- Smell Like Teen Spirit / 6- Been A Son / 7- Lithium / 8- Sliver / 9- Spank Thru / 10- Scentless Apprentice / 11- Heart-Shaped Box / 12- Milk It / 13- Negative Creep / 14- Polly / 15- Breed / 16- Tourette's / 17- Blew


Sortie deux ans après la mort de Kurt Cobain, From The Muddy Banks Of The Wishkah est une compilation de titres issus de différents concerts. Un objet rappelant à certaines critiques de l'époque que Nirvana était bel et bien un groupe lâchant toute sa puissance en live.

Durant les années d'activité du groupe, aucun album live ne fut disponible dans les bacs. Seule toute une flopée de bootleg était à disposition si on était désireux d'entendre le groupe en concert. Il aura malheureusement fallu attendre la mort du leader de Nirvana pour qu'enfin deux opus voient le jour en deux ans d'intervalle. Le premier est le sublime MTV Unplugged In New York, sorti quelques mois après le prétendu suicide du chanteur et rendant un fort hommage au songwriting brillant de Cobain, démontrant ainsi que le mot grunge pouvait rimer avec subtilité acoustique. Le deuxième n'est autre que ce From The Muddy Banks Of The Wishkah (dont le nom est tiré de la rivière Wishkah où Kurt Cobain aurait soi-disant passé quelques jours, dormant sous un pont, et qui n'est en fait qu'un des nombreux mythes entourant le blondinet) aux accents totalement électriques cette fois. Car oui, Nirvana était avant tout un groupe offrant des performances live surpuissantes et quand bien même le concert n'était pas excellent (et il y en a eu un certain nombre pour être honnête), la fureur électrique résonnait. 

 Dave Grohl et Krist Novoselic (qui écrira un long texte inclus dans le livret rendant hommage à son ami disparu et retraçant subrepticement la carrière live du groupe) ont choisi, après des heures d'écoute d'enregistrement, dix-sept morceaux parcourant cinq années de concerts. 1989 à 1994 donc, ce qui provoque parfois quelques incohérences auditives mais le mixage est nettement réussi quand on sait que les sources vont d'enregistrements professionnels multipistes à de simples cassettes audio.
La playlist est dans l'ensemble aux petits oignons, mélangeant tout du long des hits planétaires et face B plus confidentielle, bien qu'il manquera forcement à l'appel un grand nombre de chansons qui auraient elles aussi mérité leur place dans cet hommage. Dans cette optique, un double CD aurait sans doute mieux convenu mais ne boudons pas notre plaisir car il y a déjà là largement de quoi faire.

Ce n'est pas un hasard si la moitié des titres provient de l'année 1991, puisque c'est sans aucun doute durant cette même période que se retrouve une bonne partie des meilleures performances de Nirvana. On pourra vite s'en apercevoir avec un School venant du faramineux concert au Paradiso d'Amsterdam; ce titre n'a jamais été un de mes préférés sur l'album Bleach, mais il en ressort ici une puissance rarement atteinte avec un solo court mais d'une intensité folle qui suffit à me réconcilier avec ce morceau. L'imparable triplette, Drain Youn, Aneurysm et Smells Like Teen Spirit, est tirée du même concert donné dans la ville de Del Mar en Californie (toujours en 91). Les trois enregistrements renferment toute la hargne et l'envie d'en découdre du groupe sans pour autant chercher à masquer ses défauts - le solo de Teen Spirit n'est vraiment pas le meilleur que l'on puisse trouver en live.
On retournera volontiers à Amsterdam avec les deux prochains titres. Ce concert reconnaissable entre mille avec son acoustique particulière - et sa batterie - prouve une nouvelle fois qu'il s'agit là d'un must avec Been A Son et Lithium : deux versions jouissives réellement excellentes et pêchues. La première composition sera branchée sur 100 000 volts, quant à la seconde, après un début calme, elle deviendra éclatante de sincérité grâce à un Cobain toujours prêt à se casser les cordes vocales lors des refrains. 


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Texte inclus à l’intérieur du disque, écrit par Novoselic


L'obscur et encore méconnu Spank Thu fera une apparition sur cette compilation. Les non initiés au groupe oublieront vite ce morceau issu d'un concert à Rome tandis que les fans applaudiront sans doute cette version des deux mains tant il est très peu disponible en live.
Le moment de douceur et de beauté du disque se trouve sur Heart-Shaped Box, cette chanson, déjà magnifique In Utero, trouve ici tout son sens tant son interprétation y est touchante, poignante et lumineuse.
La bonne vieille ville de Seattle n'aura droit sur ce disque qu'à seulement deux performances, Negative Creep en fait partie. Ce titre résolument punk n'est comme toujours qu'une vaste excuse à un déferlement de rage et de décibels. Tout sature, tout gueule et on en ressort toujours vidé. Le concert de l'Astoria à Londres est lui aussi très réputé, ce concert se déroulant durant l'année 1989 est un des premiers à profiter de Nirvana hors des USA. On aura donc droit à deux titres venant de ce lieu ( L'Intro hurlée qui était courante durant cette année ne comptant pas), Polly sera plus proche de la version fournie sur Incesticide que sur Nevermind et Breed sera chanté d'une voix totalement blasée donnant un charme inédit et chaotique au titre. Pour finir le disque, on refera avec un plaisir non dissimulé une dernière escale à Amsterdam avec une délicieuse version de Blew, superbement interprétée et orchestrée. A noter que sur l'édition vinyle du disque, la totalité de la  face D est dédiée à une dizaine de minutes de commentaires du groupe sur scène venant principalement de la tournée américaine d'In Utero.

From The Muddy Banks Of The Wishkah rend un vibrant hommage au groupe sur scène. Il manquera sans doute pour certains des titres comme Come As You Are ou bien In Bloom, mais le choix d'une set list orientée tubes et chansons plus confidentielles est un choix qui s’avère fructueux pour démontrer le talent de Nirvana en live et ne donnera envie que d'une chose : se plonger avec délectation dans les (très) nombreux bootleg disponibles puisque Geffen ne semble toujours pas disposé à sortir certains concerts légendaires du groupe.




Nirvana - Aneurysm



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