mardi 14 août 2012

Chronique : MC 5 ~ Kick Out The Jams (1969)


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Elektra

Playlist : 1- Ramblin' Rose / 2- Kick Out The Jams / 3- Come Together / 4- Rocket Reducer N°62 (Rama Lama Fa Fa Fa) / 5- Bordeline / 6- Motor City Is Burning / 7- I Want You Right Now / 8- Starship

Kick Out The Jams est le premier album du groupe MC 5 sorti en 1969 sur le label Elektra. Bénéficiant de nos jours d'un culte quasi intouchable, cet opus marquera à tout jamais l'histoire du rock.

 Un live comme premier album, il faut avouer que c'est assez peu courant et qu'il vaut mieux être sûr de soi avant de s'y essayer. De la confiance, les MC 5 en sont blindé. Ils ont écumé toutes les scènes du Michigan, glanant de en plus en plus de fans et gagnant au passage une réputation plus que sulfureuse de la part des médias locaux. A tel point que le groupe sera vite remarqué par le PDG de la maison de disque Elektra qui, devant tant de fougue, ne pouvait pas faire autrement que de les signer. Ce concert a été enregistré lors de deux soirées le 30 et 31 octobre 1968 au Russ Gibb's Ballroom de Détroit.

 Brothers and sisters, the time has come for each and every one of you to decide : Whether you are gonna be the problem or whether you are gonna be the solution.
C'est sur ces premiers mots que débutent les hostilités, le ton est donné. Les compos aborderont comme thème : la pensée par soi-même, les charges frénétiques contre l'establishment et la liberté. Derrière le discours sympathiquement naïf se cache en fait le gourou du groupe - et son manager - John Sinclair. Leader du groupuscule des White Panthers, Sinclair prône la légalisation de toutes les drogues, l'amour libre et la liberté absolue. 
Cela ressemble fort à un hippie mais pourtant il n'en est rien, vu qu'en dehors de tout cela il est profondément politisé à l’extrême gauche et ne serait pas contre le fait qu'un de ses disciples fasse disparaître la maison blanche dans un panache de fumée. Cet album est avant tout un message adressé à toute l’Amérique de la part de Sinclair




MC 5 - Concert art sound
MC 5 en concert



 Explosif, puissant, d'une énergie dépassant tout ce que l'on peut imaginer, voilà ce qu'est ce disque sur toute sa longueur. Dès les premières secondes, on sait qu'on a affaire à quelque chose d'exceptionnel, que ce concert qui débute va être totalement excitant, que la performance du groupe va être d'une violence rare. Et passé le discours du début uniquement fait pour chauffer à blanc une salle qui bouillonne déjà, le Motor City Five débarque sur la scène du Russ Gibb's qu'il connaît si bien pour jouer le monumental Ramblin' Rose. On s'imagine aisément l'état du public dès la première chanson. Les amplis sont au max, ça sature de partout, le rock brut s'exprime dans sa plus simple expression, dans un vacarme rageur. Le public, comme nous, a à peine le temps de retrouver son souffle quand soudain une phrase retentit : " Kick out the jams motherfuckers ! ".

 Véritable cri de guerre du groupe, la chanson (dont le motherfuckers sera censuré par la suite) se déroule dans un fracas auditif. Seule la voix de Rob Tyner (il ne chante pas, il hurle) reste parfaitement audible, tout le reste s’entremêle : la batterie martyrisée de Dennis Thompson, les guitares sanglantes de Wayne Kramer et de Fred " Sonic " Smith et pour finir la basse de Michael Davis, jusqu’à ce qu'arrive un solo. Énorme. Kick Out The Jams est sans contexte un hymne qui fut par ailleurs repris plus tard par bon nombre de groupes ( Rage Against The Machine pour ne citer qu'eux). 
Autant prévenir les nouveaux venus, tout le reste de l'album sera du même acabit, les secondes de répit étant rares. On aura juste le temps de reprendre ses esprits entre deux chansons avant de repartir directement dans le violent sentiment d'urgence qui transpire au travers du vinyle. 
Seul Motor City Is Burning nous donne une accalmie bien méritée et toute relative, mais avant il faudra en passer par Rocket Reducer N°62 (Rama Lama Fa Fa Fa) et son solo de fin tout proprement hallucinant. Bien que ce ne soit pas les talents des musiciens que l'on retient en premier mais la manière sans compromis dont ils nous balancent des pavés sonores dans nos esgourdes. Le groupe part ensuite dans le free rock bien aidé par Sun Ra, le célèbre Jazzman, avec  Starship. Mais on le sait, ce qui représente les MC 5 dans cet opus (le second en studio, lui, sera différent), ce sont les morceaux précédents, leur but étant de jouer plus fort que n'importe qui en haussant des épaules si le son qui en ressort est pourri.

 Il existe quantité d'albums live bien mieux exécutés que ce Kick Out The Jams mais peu d'albums le dépassent en intensité, en violence. Peu décrivent aussi bien un autre penchant de la jeunesse américaine de cette époque si particulière à base d’émeutes raciales, de guerre du Vietnam et de toute une série d’événements qui suintent dans ce disque, ce qui est l'une des raisons pour lesquelles il restera dans les annales du rock. Et si ce n'était pas suffisant pour convaincre les quelques sceptiques, ce disque est totalement annonciateur du punk, Iggy Pop (lui aussi originaire de Détroit) étant allé voir un de leurs concerts peu de temps avant de former les Stooges.



MC 5 - Ramblin' Rose



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