dimanche 22 juillet 2012

Chronique : Pink Floyd ~ Atom Heart Mother (1970)


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Harvest / Emi


Playlist : 1- Atom Heart Mother  / 2- If / 3- Summer'68 / 4- Fat Old Sun / 5- Alan's Psychedelic Breakfast 

Quand la musique orchestrale rencontre le rock progressif cela donne le cinquième album des mythiques Pink Floyd. Sorti en 1970 sur sur le label Harvest, le disque à la vache sur sa pochette comporte un monument musical sur sa face A et de petits bijoux sur la B. 

 Atom Heart Mother fait dans la démesure avec son morceau éponyme de 23 minutes sur la face A. Pour rappel, à l'époque une face de vinyle ne pouvait contenir environ que vingt-cinq minutes de musique. Difficile donc de faire mieux, il s'agit d'ailleurs du plus long morceau du groupe et il marque une phase décisive pour les Floyd en matière de transition vers le rock progressif


 L'éponyme Atom Heart Mother se distingue nettement des autres productions Floydiennes, il est en effet co-écrit par le groupe, bien évidement, mais aussi par Ron Geesin, compositeur écossais.
Les anglais enregistreront tout d'abord ce morceau phare sous le nom Epic, puis par la suite, n'ayant pas de nom officiel, Geesin proposa au groupe choisir un titre dans le journal. Ils tombèrent sur un article traitant de la première pose d'un pacemaker sur une femme et l'intitulé de cet article donna le nom du morceau et de l'album.  

Geesin sera en charge de toute la partie orchestrale ainsi que des chants grégoriens. Le titre sera divisé en six parties :
  1. Father's shout
  2. Breast Milky
  3. Mother Fore
  4. Funky Dung
  5. Mind your throats please
  6. Remergence
 Ces parties sont basées sur des thèmes de cuivres et de violons suivies d'envolées lyriques alternant moments de douceur et d'angoisse. Le groupe vient se greffer petit à petit, le tout donnant un ensemble complexe et totalement onirique.
Même si le côté classique est magistral, le groupe n'est pas en reste. La guitare slide mélancolique de Gilmour (qui nous gratifie là d'un de ses premiers vrais longs solos) nous fera planer lors d'un long voyage enchanteur pendant que la rythmique se charge de soutenir l'ensemble jusqu'au bout. Cette expérience trépidante ne se fera pas sans quelques passages plus anxiogènes - Mind you throats please - pour revenir dans des sphères plus apaisantes et enfin, finir dans une explosion libératrice reprenant le thème principal.

 Cette succession de moments clés donne une ambiance unique tout en étant universelle mais également expérimentale. Des scénettes s'entrechoquent dans nos esprits à l’écoute de ce titre. Chacun se fera son propre trip psychédélique où pas une seule seconde n'est ennuyeuse; bien que certains crachent sur le break bruitiste de la quinzième minute. Personnellement je trouve qu'il a tout à fait sa place car sans lui le final n'aurait pas la même force... On frôle le génie absolu.



Pink Floyd - 1970 art sound
Pink Floyd



 Mais si le morceau phare a tendance à éclipser le reste de l'album, il serait maladroit d'oublier totalement la face B et son lot de vraies petites merveilles. 
Après un Atom Heart Mother si puissant, les Pink Floyd calment le jeu avec If, une ballade mélancolique permettant de reprendre ses esprits suite à cette avalanche d'émotions. On retrouve des paroles chantées sur un air intimiste. Le superbe Summer 68 prend place, Rick Wright y fait des merveilles avec son mellotron. Les premières mesures de Fat Old Sun apparaissent, Gilmour signe un morceau tristement beau d'une voix douce et d'un solo de fin qui, bien qu'il ne soit pas le meilleur du guitariste, trouve ici parfaitement sa place.

 Le disque s’achève sur Alan's Psychedelic Breakfast qui porte définitivement bien son appellation puisque rien du petit-déjeuner d'Alan Stiles ne nous sera épargné. Du grattage d'allumette à l'eau qui coule en passant par le bruit des céréales en pleine mastication et sans oublier les pensées à voix haute du protagoniste. Le tout associé à trois pièces musicales superbement structurées - le final au piano y est magnifique d'intensité. Ce qui pourrait être une idée plus que douteuse se transforme en instant psychédélique culte, totalement dans un pur esprit britannique.

 Disque novateur pour son époque, Atom Heart Mother permettra aux Pink Floyd de s'orienter définitivement vers le rock progressif, les compositions s'allongeront et deviendront plus atmosphériques. Il s'agit là d'un album incontournable proposant une alchimie quasi parfaite.




Pink Floyd - Atom Heart Mother

3 commentaires:

  1. Terminator de la VRAIE musique22 juillet 2012 à 19:58

    De la musique!!!

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  2. Merveilleux album

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  3. je suis jeune (17 ans) j'ai découvert le CD chez mon oncle et depuis je l'écoute en boucle. Magnifique.

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