jeudi 26 juillet 2012

Chronique : Nirvana ~ Nevermind (1991)


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Geffen

Playlist : 1- Smell Like Teen Spirit  / 2- In Bloom / 3- Come As You Are / 4- Breed  / 5- Lithium / 6- Polly / 7- Territorial Pissing / 8- Drain You / 9- Lounge Act / 10- Stay Away / 11- On A Plain / 12- Somethinh In The Way / 13- Endless Nameless

Le voici, l'album qui a changé ma vie et celle de beaucoup de gens. Plus qu'un disque, c'est un véritable phénomène culturel qui est sorti en 1991 sur le label Geffen. Il ne faudra à l'album que quelques mois pour atteindre des hauteurs stratosphériques et devenir un véritable objet de culte.

De l'underground au firmament...


  C'est en avril 1991, soit cinq mois avant la sortie de Nevermind, que Nirvana a décidé de signer chez Geffen, rejoignant ainsi Sonic Youth - leurs aînés tant respectés -, et abandonnant de ce fait Sub Pop. Cobain évoque dans une lettre adressée à Eugene Kelly des Vaselines la signature chez la grande maison de disque et plaisante : Nous sommes désormais voisins de label avec Nelson ! (un groupe guimauve des années 50).
  Il faut dire que pour l'heure Cobain peut s'amuser de ce nouveau contrat, le groupe n'ayant eu à subir aucune pression de la part de son nouveau label. Quasiment tous les titres de Nevermind ont été écrits avant la signature, le groupe ayant même enregistré une première mouture juste après la sortie de Bleach, finalement mise aux oubliettes.
Geffen laisse aussi à Nirvana le choix du producteur de l'album. Après avoir réfléchi le groupe choisit Butch Vig, notamment pour son travail sur l'album des Killdozer
  Accompagnés de leur nouveau brillant batteur Dave Grohl (le cinquième batteur du groupe, recruté presque un an plus tôt), Novoselic et Cobain entrent en studio en juin 1991, à Madison, dans le Wisconsin, pour trois semaines d'enregistrement. De l'avis général tout se passe pour le mieux, Butch Vig respecte les avis et envies du groupe et se contente de rendre toute l'ampleur et la puissance du trio. A l'inverse, Nirvana écoute les conseils avisés du producteur. Entre deux sessions ils se permettent même de faire des blagues téléphoniques.
Une fois mis en boite, l'album est masterisé par Andy Wallace (qui produira, trois ans plus tard l'album Grace de Jeff Buckley) puis ensuite le tout est envoyé chez Geffen en juillet 1991. Malgré le fait qu'il soit impressionné par les bandes, le label ne prévoit qu'une promotion classique : seulement 50 0000 exemplaires seront mis sous presse.



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Ticket de concert

Nirvana part alors pour deux semaines de tournée Européenne, en compagnie des Sonic Youth et de Dinosaur Jr. Il existe d'ailleurs un excellent documentaire retraçant cette tournée " 1991 The Year Punk Broke " que je conseille vivement. 
Sur scène le groupe joue les chansons qui figureront sur leur nouvel album. L’ambiance est plus que jamais parfaite : Toutes les loges seront massacrées comme il se doit. Engagés pour faire les premières parties, ils piquent vite la vedette aux têtes d'affiches, Nirvana assure des concerts allant de l'excellent au catastrophique. Sur scène, les concerts finissent immanquablement en chaos, le trio grunge bousillant encore plus d'instruments qu'à l'accoutumée. 
  Il existe quantité d’anecdotes de cette tournée : Kurt vide un extincteur sur Black Francis le leader des Pixies, il mettra aussi le feu accidentellement à un bus. A Rotterdam le groupe arrive une demie heure en avance sur l'horaire prévu, personne à la régie, tant pis, ils donnent un concert acoustique avant de revenir plus tard pour donner cette fois ci un concert furieusement électrique. Pour couronner le tout, les bagarres avec la sécurité sont fréquentes. 
  Pour eux, il s’agissait sans doute d'une manière peu habile de garder leur virginité punk; alors que les premiers groupes de journalistes commençaient à se faire envahissants, Kurt Cobain dira : C'était vraiment étrange. On nous traitait comme des rois. A un point, c’était devenu si dérangeant qu'il ne nous restait qu'une solution : tout casser. J’étais outrageusement arrogant. Sur scène, je montrais ma bite, je dansais comme un pédé, je portais des robes. J’étais bourré en permanence."   


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Photo promo pour l'album


 Début septembre, le groupe retourne aux États-unis et s’apprête sans le savoir à devenir le groupe du moment. Geffen, dans le même temps, envoit le 45 tours Smell Like Teen Spirit aux radios universitaires. Rapidement les étudiants Américain s'entichent du morceau, pour le label il s'agit d'un test, eux misent surtout sur le titre Come As You Are 
Le 24 du même mois, Nevermind sort dans les bacs des disquaires, la plupart indépendants, Geffen reste sur son idée de départ : 50 000 exemplaires sont distribués. 
Fin septembre les ruptures de stock se multiplient. Le label fait presser à la hâte des disques tout au long du mois d'octobre. A peine trois mois plus tard, poussé par la bombe atomique qu'est Smell Like Teen Spirit l'album s'est déjà écoulé à 2 millions d'exemplaires. 
Au début de l'année 1992, ce n'est pas moins de 300 000 copies qui se vendent par semaine, bien aidées par MTV qui diffuse le clip une fois par heure. Très vite, Nirvana est premier des charts, dépassant même Mickael Jackson. 
Chez Geffen on jure ne pas comprendre l'engouement, tout le monde est surpris. Le label sabre tout de même le champagne, car le groupe vient de leur faire gagner 50 millions de dollars pour un investissement de départ de 550 000 dollars, mais Cobain commence à rire jaune et à perdre pieds.

  Désormais, les éditorialistes de magasines sérieux (Times, Newsweek) cherchent à comprendre le phénomène Nirvana. Pour eux , pas de doute à avoir : Kurt Cobain est le porte parole de sa génération. Lui s'en défend et avoue simplement ressembler aux autres jeunes. 
Les critiques rock tentent de percer les paroles des chansons, mais tous, inlassablement, s’embourbent dans le marécage sémantique du chanteur. Le titre de Smell Like Teen Spirit ne fait référence qu'à un déodorant bon marché : Un soir, Kathleen Hanna, musicienne du groupe Bikini Kill, a écrit sur le mur de la chambre de Cobain : Kurt smells like teen spirit. Pensant que son amie faisait référence à une quelconque révolution adolescente, il prit cela pour un compliment. 
  De corvée d'écriture pour l'album, Cobain, s'était souvenu de cette formule amusante et s'était contenté - comme à son habitude - d'écrire en vingt minutes des paroles. Le chanteur l'a assuré, il n'y a rien à prendre au sérieux dans ses paroles, pourtant il semble évident qu'il y exprime le désarroi d'un grand nombre de jeunes pour qui l'utopie n'est plus de mise mais qui n'en avaient pourtant pas abandonné l'idée.
Aux critiques qui continuent en vain d'y chercher un sens profond, Kurt leur répondra d'un cinglant : " Dans le fond, mes chansons parlent toutes de la même chose : je suis tiraillé entre le bien et le mal, entre mon côté masculin et féminin. Ça s’arrête la ".



Nirvana - Nevermind Picture Disc art sound wax digger image vinyle vinyl
 Nirvana - Nevermind Picture Disc


  Malgré leurs efforts, les éditorialistes n'arrivent toujours pas à expliquer le phénomène Nirvana. Kurt Cobain, analyse simplement les choses : " Honnêtement, on dit la même chose que les groupes de notre génération, la seule différence, c'est que les gens retiennent nos chansons. "
Interrogé à son tour, Butch Vig répond qu'il s'agit d'un " Heureux hasard " et qu'il s'attendait à ce que le groupe vende 300 000 exemplaires, pas plus. Il jure aussi qu'il n'y a aucun " son Nirvana " et qu'il ne comprend pas le nouvel intérêt qu'on lui porte. Certains vont même jusqu’à dire qu'il est le Phil Spector (un des plus grand producteurs de l'histoire du rock) des années 90.
A l'inverse, Thurston Moore des Sonic Youth commente : " Pour nous, il était évident que Nevermind marcherait. Ca s'entendait, c’était un classique. Maintenant, tout ce succès, ce n'est pas vraiment un hasard. Disons plutôt que l'album est sorti au bon moment et au bon endroit. Le clip de Smell Like Teen Spirit y est pour beaucoup. Nous les premiers, tout le monde est rentré dedans. Mais surtout il n’existe pas d'arme plus fatale que la voix de Kurt Cobain ". 

  Quoi qu'il en soit, le rock a changé, désormais Nirvana est le nouveau maître étalon à égaler. Des centaines de journalistes et d'employés de maisons de disques se dirigent vers la nouvelle Mecque du rock : Seattle. Les jours du grunge et de Nirvana sont dorénavant comptés.


Tentative d'explications...


  Il est de notoriété publique qu'après coup Kurt Cobain détestait cet album : trop lisse, trop d'effets ridicules, selon lui. La faute fût vite rejetée sur le mixeur Andy Wallace qui, toujours, selon Cobain, n'a pas su rendre tout le caractère rugueux du groupe.
Autant être clair, Cobain n'haissait pas tant que cela cet album. Il a juste haï le cataclysme qu'il a engendré. Le seul album du groupe fait dans une urgence et dans l'instinct est Bleach. Nevermind, lui, est parfaitement réfléchi dans sa composition, pour espérer la plus large audience possible et malheureusement pour Cobain, la réalité a dépassé ses espérances. Et pour finir sur la discographie du groupe, In Utero est lui même tout aussi travaillé pour démonter point par point tout le travail effectué sur Nevermind et permettre ainsi aux beaufs qui avaient pris la supplique " Here were are now, entertain us" (Nous sommes ici maintenant, distrayez nous) trop à cœur de lâcher le groupe. Chose qui a réussi à merveille.
  Cobain fait le choix sur cet album d'entrelacer son sacro-saint punk hardcore avec d'autres influences plus indies telles que R.E.M et les Pixies. Il reconnaîtra d'ailleurs que son fameux Smell Like Teen Spirit fut inspiré par ce groupe. Il dira : " Ça sonne vraiment comme du Pixies, les gens vont nous épingler à cause de ça ". Les mélodies à la Beatles et la rage des Black Flag sont également des références facilement identifiables sur ce disque.


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Nirvana pendant l'enregistrement de Nevermind au studio Sound City


 Pourquoi ce succès si soudain et inattendu du trio qui vient tout droit du trou du cul de l’Amérique? L'une des raisons est simplement que sous la puissance du son qui se dégage du groupe se terre un songwriting brillant, celui de Cobain. Toutes les chansons de Nevermind sont structurées de façon pop, chez Nirvana comme chez les Ramones le bruit ne l'emporte jamais sur la mélodie, les deux avancent toujours ensemble. Cette façon de faire est due à l’éclectisme du rock chez Cobain, petit il vouait autant de culte à Black Sabbath qu'aux Beatles (en particulier à Lennon), c'est ce qui ressort et triomphe dans Nevermind. Le disque froisse de la tôle sans jamais se vautrer, les potards frôlent le rouge mais la ligne directrice reste claire.

  Évidemment, cela ne suffit pas à expliquer ce raz-de-marée. A l'époque, de nombreux groupes à l'instar des Pixies et des Sonic Youth sont acclamés par la critique sans pour autant connaitre un tel succès. 
Il suffit de prendre pour exemple Mudhoney, pourquoi ce groupe précurseur du grunge, dont l'album Every Good Boy Deserves Fudge, pourtant bon, se retrouve à des années lumières de l’astéroïde Nevermind ? Parce qu'avec leur nouvel album, Nirvana livre une profession de foi qui synthétise l'époque et son dégoût. On retrouve dans Nevermind la même envie de nihilisme, le même ras-le-bol qui correspond aux jeunes adultes de l'époque, la bien nommée : génération x. 
Les jeunes d'alors se retrouvaient sous la bannière " No Hope " (pas d'espoir) à l'instar de la jeunesse punk en 1977 et leur " No Future ". A la différence que les Sex Pistols et leur Nevermind The Bollocks, s'attaquaient au système les couilles à l'air, Nirvana et son Nevermind l'attaque avec la boule au ventre et avec l'ironie d'un bébé nageant vers l'argent, mais l'envie d'en découdre reste la même.


Plus qu'un album, un phénonème...

 

  Avec un seul riff, Nirvana a réussi à remettre sur les rails un rock devenu trop sérieux, trop adulte et pathétique, l’ouragan est lancé et rien ne peut arrêter ce slogan de toute une génération : Smell Like Teen Spirit. Comme on l'a déjà dit, personne n'a jamais vraiment compris le message (si message il y a), quelques phrases démontrent une apathie toute cobainienne : " I'm worst at what i do best " (je suis le pire dans tout ce que je fais de meilleur), mais surtout " I found it hard... It's hard to fin... Oh well whatever... Nevermind " (Je l'ai trouvé dur, c'était dur a trouver, oh bon, peu importe, rien à foutre).
  Cobain avec ces simples phrases cristallise toute une génération mal dans sa peau, pas foutue de trouver sa place dans la société et qui, après tout, n'en a rien à foutre d'en faire ou non partie.
Un riff donc, à quatre temps, un type de chant : Calme sur les couplets pour lâcher toute la rage sortant de son estomac malade dans les refrains. Le tout soutenu par une ligne de basse nonchalante et un batteur hystérique à la frappe lourde. Si on rajoute à tout cela un clip qui esthétiquement en met plein la tronche et qui en plus est matraqué une fois par heure sur MTV, on parvient facilement à expliquer pourquoi ce morceau est devenu si culte, propulsant Nirvana en haut des charts.

  Ce qui marque instantanément à l'écoute de ce disque, et cela encore aujourd’hui, vingt ans après sa sortie, c'est le grain de voix exceptionnel dont bénéficie le chanteur. Kurt Cobain alterne dans sa voix un mélange de rugosité et de calme, de justesse et d'instabilité, de timidité et d'assurance, de rage et de tristesse. In Bloom profite allégrement de ce chant. La structure la plus utilisée au fil du disque : Verse / Chorus / Verse, sert à créer une ambiance bicéphale entre émotion et révolte.
Nevermind, musicalement, c'est aussi des guitares : râpeuses et toujours à la limite de la saturation tout en étant toujours mélodiques. Et enfin, Nevermind, c'est une section rythmique sans faille, basée sur la basse grondante de Novoselic, Stay Away, et la frappe insensée de Dave Grohl, Drain You.

  Avec cet album Nirvana permet à tout un chacun d'écouter et d'apprécier la musique alternative, sans pour autant vendre totalement son âme punk. J'en veux pour preuve, deux titres présents sur le disque : Territorial Pissing qui donne littéralement une leçon de punk-rock et Endless Nameless, la fameuse piste cachée : chaos auditif au menu, servant souvent en concert comme morceau de fin pour éviter tout rappel, le groupe ayant littéralement explosé ses instruments dès la moitié de ce morceau.



Nirvana - Endless Nameless



  Si l'album Bleach avait déjà permis de découvrir les talents de songwriting du blondinet grunge avec un titre comme About A Girl, et trois ans avant le mythique MTV UnpluggedNevermind enfonce le clou. Deux chansons acoustiques figurent sur le disque : Polly et Something In The Way, si le premier nous parle crument du viol et de la torture d'une jeune fille par son agresseur durant plusieurs jours, sur une musique dépouillée, le second est figuratif du  surréalisme à la Cobain : un type vit sous un pont et survit en mangeant du poisson. Ce titre somptueux avec son violoncelle, compte parmi les plus belles compositions de l'artiste.
  La suite de l'album est une succession de psychoses paranoïaques Lithium, des tubes mélancoliques accessibles Come As You Are, et d'exemples du " je m'en foutisme du groupe Breed.
In Bloom lui, s'en prend directement aux gros beaufs détenant une arme sur fond de réminiscences heavy.
Cobain, sur ce disque, a su mettre en parole une existence sans but, le tout sur des solos merdeux mais jamais merdiques qui reprennent la ligne de chant.
  Et c'était ça aussi la force de cet album : tout le monde pouvait reproduire les chansons, Kurt Cobain avouant volontiers qu'il était un piètre guitariste. Souvent imité mais jamais égalé... Car le charisme naturel du christ grunge, lui, ne s'apprend pas.

  Selon la légende c'est cet album qui a tué Kurt Cobain. Lui, le bouseux d'Aberdeen, le gars simple, le fan de musique indé, le timide, le contradictoire, lui, qui voulait simplement jouer dans des salles à taille humaine et pouvoir se bourrer la gueule avec ses fans, n'a pas eu les épaules pour supporter ce raz-de-marrée, cette foudre médiatique qui s'est abattue sur le groupe.
Pourtant, il a essayé d'inverser la tendance : Refus de la tournée avec les Guns N' Roses, refus de la promotion d'Incesticide, le groupe a fait In Utero et même sa fuite en avant dans l’héroïne...mais rien y changera. D'ailleurs le dernier album de Nirvana devait s'intituler I Hate Myself I Want To Die, on ne pourra que regretter le caractere prémonitoire du titre.
  Nevermind est une œuvre, un chef d’œuvre même, qui a bouleversé toute une génération de jeunes. Un disque à la conception géniale. Un album sorti au bon endroit et au bon moment, et devenu totalement culte.
Il serait injuste de nier tout ce que cet album a apporté au rock, il serait imbécile de ne pas reconnaître que Kurt Cobain a su faire découvrir aux gens tout un tas de groupes doués à longueur d'interviews.
Oh bien sur, beaucoup vous diront sur un ton hautain qu'ils préfèrent Bleach ou In Utero, parce que ce Nevermind est jugé trop propre, trop mainstream. Peut-être ne veulent-ils pas avoir les même goûts que l'adolescente pré-pubère qui découvre ce disque en 2012 ? Oh well, whatever, nevermind...




Nirvana - Drain You (Nulle Part Ailleurs)



Nevermind a vingt ans...

 

Pour les vingt ans de Nevermind, les petits gars du marketing de Geffen pouvaient difficilement se passer de nous concocter un coffret spécial. Chose faite avec ce Nevermind 20th anniversary. Sorti en 2011 en plusieurs versions, nous allons nous intéresser à celle contenant le plus de choses : la version super deluxe, disponible uniquement en CD et limitée à 40 000 exemplaires.

  Bien sur, pour cette date d’anniversaire, Geffen nous ressort une énième version remastérisée de l'album, de quoi flatter les enceintes de votre nouvelle chaîne hi-fi. Les faces B des singles de Nevermind sont également de la partie. Un peu plus intéressant, bien que disponible facilement sur le net depuis longtemps, on trouve dans le coffret ce qu'on appelle les versions " boombox" (enregistreur à cassettes). Ces enregistrements sont l'occasion de découvrir les chansons en mode répétition, la voix est lointaine, le tout n'est pas encore finalisé. Les amateurs de son "basement" seront aux anges, les autres moins mais ne boudons pas notre plaisir de les avoir. Tout comme les Smart Studio Sessions : des chansons enregistrées par le groupe et Vig en 1990. Ce sont en fait des pré-versions des futurs tubes. Là encore, on connaissait tout ça.


Nirvana Nevermind 20th anniversary art sound wax digger coffret picture image anniversaire
Le coffret super deluxe.


  Le vrai grand intérêt de ce "cadeau d’anniversaire pour les fans" (100 euros le cadeau tout de même, preuve s'il en fallait que le grunge est mort et enterré), réside dans les Devonshire Mixes, c'est-à-dire la version complète de Nevermind dont le mixage et la production avaient été intégralement pris en charge par Butch Vig. Totalement inédit, cet objet de tous les désirs n'est ni plus ni moins l'album comme Cobain aurait voulu qu'il soit. Les Devonshire Mixes, c'est du Nirvana brut, sans aucune production additionnelle, une sorte de director's cut de l'album. Voilà de quoi rabattre le claquet des râleurs.

  Le deuxième bonus indispensable est le concert filmé au Paramount Theatre de Seattle, à l'occasion d'Halloween en 1991, soit quelques semaines après la sortie de l'album. Ce live excellent est pour la première fois visible en intégralité. 
En plus de tout cela, on trouvera, un poster (de merde) et un livret de 90 pages. 
Le seul défaut que l'on puisse reprocher à cet objet - en dehors de son prix prohibitif - est le fait qu'on ne puisse pas avoir autant de choses avec la superbe version deluxe vinyle qui, elle, ne dispose ni du dvd ni des Devonshire Mixes et c'est bien dommage !


Nevermind 20th anniversary vinyle art sound wax digger image picture grunge
Version vinyle.

7 commentaires:

  1. Très complet, pour ce groupe mythique, que j'ai découvert ado, j'ai encore beaucoup appris. La majorité des pensant tout savoir, mais en fait non, il faut creuser, à la hauteur de cet article, qui ne peut être écrit, bien évidemment que par 1 fan!!!!!

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  2. A voir ce qu'ils vont sortir pour les vingts ans d'in utero...

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  3. J'ai bien aimé la réedition moi !

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  4. Moi qui ne suit pas fan mais qui apprecie ce groupe j'ai trouvé cet article très interessant

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  5. https://www.facebook.com/totalnirvana.net/posts/1233060270058673

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  6. https://www.facebook.com/totalnirvana.net/posts/1233060270058673

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