dimanche 24 juin 2012

Chronique : Cinema Strange ~ Cinema Strange (2000)



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Trisol

Playlist : 1- Aboriginal Anemia / 2- Moundshroud / 3- Nightfalls / 4- Sadist Sagittarius / 5- En Hiver / 6- Laughing Bloody Murder / 7- Mediterranean Widow / 8- Hebenon Vial / 9- Lindsay's Trachea / 10- Greenward Grey

Approchez jeunes gens et sortez mitaines, maquillages et autres crêtes à l'iroquoise, Cinema Strange arrive en ville avec sous le bras un album éponyme sorti en 2000 sur le label Trisol.

 La scène Batcave n'a que très peu bénéficié d'une large représentation médiatique et reste par conséquent confidentielle, néanmoins, depuis le début des années quatre-vingt, elle a toujours été d'une redoutable activité tant dans sa patrie natale - l'Angleterre - qu'en France et dans le reste du monde. Les membres de Cinema Strange sont à l'instar de cette scène, fougueux, imprévisibles, talentueux et créatifs.
Voyant le jour en Californie en 1994, le quatuor d'origine commence sa carrière musicale par des sonorités qui tendent vers un punk assez classique et finalement sans brio. Quelques mois plus tard ils se séparent non sans avoir au préalable laisser dans l'escarcelle une démo. Sur ce premier enregistrement on découvre ce qui fera le sel du groupe, des chansons déjà théâtrales et mélodieuses.

 Plusieurs années s'écoulent jusqu'à ce que Cinema Strange se reforme. Cette fois les leçons du passé seront retenues et surtout appliquées. Ainsi tous les membres décident de suivre une seule direction artistique. De ces nouvelles sessions six titres racontant une histoire vraie verront le jour. Ces chansons se retrouvent sur l'album qui nous intéresse ici.

Place tout d'abord à Aboriginal Anemia qui fait une entrée en piste remarquée. Commençant par un bruit de disque rayé répétant en boucle "cinéma, cinéma ", ce morceau donne très vite le ton de l'ensemble et de la saveur sombre qui y règne. Une ambiance particulière à base d'une folie douce, envoûtante, magnifiée par la voix de Lucas Lanthier, embaume une atmosphère qui n'en espérait pas tant. Pour Moundshroud le groupe fait le choix d'un climat encore plus pesant et pour cela mise sur l'effet que procure son orgue macabre. Sous nos oreilles, on assiste à une longue procession mortuaire qui ne s’accélérera que le temps d'un refrain réussi. Nightfalls peut concourir dans la catégorie des tubes en puissance et signe en faveur d'un retour au source Batcave made in nineties. 


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Cinema Strange


 L'album contient de véritables perles à l'image du titre En Hiver, qui sonne d'une splendeur mélancolique et nous plonge dans une douce mais tenace léthargie. Sur une cadence soutenue arrive ensuite l'hypnotique Laughing Bloody Murder. On s'en doutait depuis le début, il était inévitable de trouver dans ce disque une composition semblant sortir d'un film sur un tueur en série.
Hebenon Vial tente d'emprunter le chemin à succès de Nightfalls mais n'en a ni la carrure ni l'accessibilité. Ce que je considère comme la chanson la plus aboutie et qui dispose d'un impact important sur l'auditeur se nomme Lindsay's Trachea. A coup sûr, vous serez entraîné dans une valse d'outre tombe sans que vous n'y prêtiez gare et le plaisir sera au rendez-vous. Ni plus ni moins que dix compositions et voilà que Cinema Strange se termine par un Greensward Grey muni d'un riff efficace à l'image de ce disque, suffisamment en tout cas pour se dire que l'on n'a pas perdu notre temps avec une formation peu connue mais pétrie de talent.

 Cinema Strange est une excellente entrée en matière pour peu que l'on souhaite découvrir un univers Batcave généreux en us et coutumes. Un décorum qui peut rebuter au premier abord mais qui pourrait très certainement en conquérir plus d'un. Ils n'inventent rien sur cet opus mais ils subliment et mélangent le meilleur de cette musique. Pour un disque sorti vingt ans après le début d'un mouvement devenir, presque, la nouvelle référence du genre n'est pas rien, et Cinema Strange le mérite amplement.


Cinema Strange - Aboriginal Anemia

2 commentaires:

  1. je trouve cet album terriblement mauvais !

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  2. Pour ma part je l'aime !

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