mardi 15 mai 2012

Chronique : Nirvana ~ Bleach (1989)


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Sub Pop

Playlist (Première édition vinyle) : 1- Blew / 2- Floyd The Barber / 3- About A Girl / 4- School / 5- Love Buzz / 6- Paper Cuts / 7- Negative Creep / 8- Scoff / 9- Swap Meet / 10- Mr Moustache / 11- Sifting /

Premier cri de révolte et de douleur, le premier album De Nirvana est pourtant  passé quasi inaperçu à sa sortie. Décryptage d'une première œuvre mélangeant subtilement rage teintée de soude caustique et de pop sombre.

Faire la chronique d'un album comme Bleach, c'est avant tout autre chose se remettre dans le contexte de l'époque. A la tête des charts de la fin des années 80, l'affreux rock FM et ses permanentes et pantalons moule-burnes dominait fièrement les classements avec leurs permanentes mais une scène locale du nord Ouest des États-Unis allait changer la donne : au revoir les cheveux frisés et les santiags, bonjour aux cheveux gras et les chemises de bûcheron.

 Mise à part pour Microsoft et Boeing du coté des grandes entreprises, de Jimi Hendrix pour l'aspect musical et de son taux de suicide très élevé, personne à cette époque ne se souciait réellement du coin. David Lynch y tournera pendant un temps son Twin Peaks et c'était tout. Un petit coin ordinaire, où le rêve américain s'était arrêté aux frontières de l'état. Pourtant, de cette région est sortie une poignée de groupes dont la musique allait décrire plus que toutes les autres l'angoisse adolescente, le sentiment d'abandon et l'envie persistante de s’asseoir sur un coin d'herbe et d'attendre que le temps passe, parce que de toute façon, il n'y a rien à faire de mieux.
Une musique donc, brutale, franche, sans concession, une alliance parfaitement dosée entre le punk et le métal, jouée par des mecs chevelus, ressemblant plus à des clodos qu'au gendre idéal.

En ville s'installe le label Sub Pop. De ce label sortiront trois disques fondateurs du mouvement Grunge : Touch Me I'm Sick de Mudhoney, Sub Pop 200 la compilation réunissant les principales formations du coin mais pas seulement et le premier 45 tours de Nirvana : Love Buzz/Big Cheese, inaugurant par ailleurs le fameux Sub Pop Single du label.


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Nirvana

Bleach, leur premier album sort au mois de juin 1989. A sa sortie il est rapidement mis de coté par l'album de Mudhoney, nettement plus accessible musicalement pour l'époque, alors que Bleach est sombre, hésitant sans cesse entre un heavy metal  classique et une pop recouverte de bruit.
Nirvana est à ce moment-là composé de Kurt Cobain au chant et à la guitare, Krist Novoselic à la basse et de Chad Channing à la batterie. N'oublions pas de mentionner Dale Crover des Melvins lors de quelques sessions à la batterie et Jason Everman crédité en second guitariste mais n'ayant pas joué sur l'album et qui a surtout servi à financer les 606 dollars qu'a coûté la production de l'album dans le studio de Jack Endino, l’ingénieur du son de la grande majorité des disques estampillés Sub Pop.

Le disque a beau avoir couté 606 dollars - ce qui pour ceux qui en doutent, n'est pas grand chose - la production n'y est jamais hasardeuse. Bleach assène des coups et des cris d'une grande précision,  School, qui se finit par un Cobain hurlant à répétition no recess est une pure attaque antisociale. "Negative Creep" est une charge acerbe, crachant son venin, il nous rabâche les mots I'am negative creep and i'm stoned (je suis un affreux nullard et je suis défoncé) avec une voix proche d'un paranoïaque sous crise.
Ce qui fait sortir Bleach du lot c'est qu'en dehors de se détruire la voix, Cobain ose nous montrer ses faiblesses et son génie. Les deux minutes et quelques de About A Girl, superbe chanson pop, est une esquisse de ce que Kurt Cobain allait produire de mieux par la suite. Le morceau Love Buzz, reprise du groupe Shoking Blue, nous transporte dans un monde parallèle psychédélique intense et parvient sans aucun effort à nous faire oublier l'originale.

C'est un album, beau, sombre, sale, toutes guitares hurlantes et à la voix déchirée sortant d'un estomac malade, Nirvana passant pour des rockeurs primitifs, nihilistes, des punks aux cheveux longs. Les talents de parolier de Cobain n'étant pas encore à sa maturité, il est difficile de trouver un sens à des chansons comme Blew ou Floyd The Barber, Cobain s'inspirant juste d'histoires du coin ou divaguant sur des personnages télé. Mais qu'est ce que ça fait ? Qui plus tard aura véritablement compris le message d'un Smell Like Teen Spirit ?  Chez Nirvana on ne s’embarrasse pas de paroles trop évidentes et Bleach constitue  une merveilleuse façon de s'initier à leur monde.


Version Vinyle de Bleach : 

- Les 1000 premiers Bleach en pressage américain sont de couleur blanche, comportant comme matrice " SP 34 "
- Tupelo sortira pour le marché anglais 300 vinyles de couleur blanche, 2000 de couleur vert foncé et noir.
- Waterfront sortira pour le marché australien plusieurs vinyles de couleurs différentes : noir, bleu, violet, rouge, jaune.
- Le deuxième pressage américain est limité à 2000 copies contenant un poster.


A Savoir.

- Le premier 45 Tours Love Buzz de Nirvana se vend environ 1500 dollars de nos jours.
- L’album devait s'appeler Too Many Humans, puis Cobain lors d'une mini tournée à San Francisco, voyant une affiche pour la prévention du sida disant Bleach your works (nettoyez votre matos a l'eau de javel) décida d'appeler son album ainsi.
- Le batteur Chad Channing sera viré peu de temps après, laissant la place à Dave Grohl.






6 commentaires:

  1. Terminator de la VRAIE musique22 juillet 2012 à 12:29

    1 peu d'intégrité musicale, ne fait pas de mal!!!
    Il y'en a marre de cette "musique" moderne, où la définition de ce mot prend 1 nouveau sens, au final... Peut être, que l'on devrait créer un nouveau nom commun, avec une définition appropriée, au lieu de souiller à la longue le mot "musique". Là du vrai rock, parmi tant d'autres groupes qui en valent la peine. Nirvana est bien représentatif du vrai rock, ou du grunge pour les puristes, même si les Foo, s'en éloignent parfois, il y'a toujours une touche basique présente... Un peu de méditation s'impose, pour ces grands de la musique, qu'on ne connaitra plus, dans un monde où bientôt robocop nous fera bientôt de "la musique"....
    Vive Nirvana, vive le rock, vive la musique!

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  2. début de la legende...

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  3. Avec le recul c'est mon favoris

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  4. Pour ma part je le découvre et j'adhere.

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  5. Reécouté le Live qui se trouve dans la version pour les 20 ans, tout simplement ca m'a redonné envie de réentendre ce groupe.

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